Présidentielle au Brésil: bientôt la fin du suspense

Des personnes marchent le long d'un pont piétonnier dans la favela Complexo do Mare à Rio de Janeiro, au Brésil, le 30 octobre 2022, lors du second tour de l'élection présidentielle. (AFP).
Des personnes marchent le long d'un pont piétonnier dans la favela Complexo do Mare à Rio de Janeiro, au Brésil, le 30 octobre 2022, lors du second tour de l'élection présidentielle. (AFP).
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Publié le Lundi 31 octobre 2022

Présidentielle au Brésil: bientôt la fin du suspense

  • «Si Dieu le veut on va gagner ce soir», a déclaré Jair Bolsonaro, parmi les premiers des 156 millions d'électeurs à voter dès l'ouverture des bureaux à 08H00 (11H00 GMT) dans le quartier Vila militar de Rio de Janeiro
  • Chemise blanche à manches longues, Lula, 77 ans, a dit sa «confiance dans une victoire de la démocratie» en votant peu après son rival à Sao Bernardo do Campo, la ville du sud-est où il a fait ses débuts en tant que dirigeant syndical

RIO DE JANEIRO: Lula ou Bolsonaro? Le suspense restait entier sur le nom du vainqueur de la présidentielle brésilienne près de deux heures après la fermeture des bureaux, après une campagne ultra-tendue et polarisée entre l'icône de la gauche et le président sortant d'extrême droite.

Les deux candidats étaient au coude-à-coude (Lula à 50,04% devant Bolsonaro à 49,96%), tandis que près de 70% des bureaux de vote avaient transmis leurs résultats.

Les sondages avaient donné samedi une légère avance à l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), mais s'ils étaient lourdement trompés au 1er tour, en sous-estimant le score de Jair Bolsonaro (43%, contre 48% pour Lula).

L'abstention pourrait être la clé du résultat. L'enjeu majeur de l'entre-deux tours a été la chasse aux 32 millions d'abstentionnistes, alors que six millions de voix séparaient Lula de Bolsonaro.

Une autre question qui taraudait les observateurs était de savoir si, en cas de défaite, Bolsonaro accepterait le verdict des urnes, en devenant le premier président se présentant à un second mandat à ne pas être réélu depuis le retour à la démocratie en 1985.

Après avoir lancé des attaques incessantes contre le système "frauduleux" des urnes électroniques, il a affirmé vendredi: "celui qui a le plus de voix gagne. C'est la démocratie" -- sans convaincre.

Beaucoup craignent une réplique brésilienne de l'assaut du Capitole après la défaite de Donald Trump qui pourrait viser par exemple la Cour suprême si souvent vilipendée par Bolsonaro.

Près de la célèbre plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, Gustavo Souza, professeur d'éducation physique qui a voté pour Lula, s'est dit nerveux et "un peu effrayé" dans l'attente du résultat. "Les gens sont devenus si radicaux", souffle-t-il.

Pour Nadia Faraj, diplômée sans emploi de 61 ans qui vote dans la capitale Brasilia, "c'est un moment décisif pour le pays" qui a "besoin de Bolsonaro".

Polémique autour de barrages filtrants retenant les électeurs

Le président du Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil a annoncé dimanche la levée de barrages filtrants de la police routière fédérale (PRF) qui avaient "retardé l'arrivée des électeurs" aux bureaux de vote pour la présidentielle, tandis que la gauche criait au scandale.

"La levée de ces opérations a été décidée, pour éviter les retards d'électeurs" dans les bureaux, a déclaré Alexandre de Moraes, président du TSE, en conférence de presse, à un peu plus d'une heure de la fermeture des bureaux de vote.

Des dirigeants du Parti des Travailleurs (PT, gauche), ont relayé sur les réseaux sociaux de nombreuses vidéos d'autocars transportant des électeurs à l'arrêt, notamment dans les zones rurales du Nord-est, fief électoral de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

"C'est inadmissible ce qui se passe en ce moment dans le Nord-est", a déploré Lula, favori des sondages, sur son compte Telegram.

«Confiance»

Le président Bolsonaro, 67 ans, parmi les premiers à avoir voté dès l'ouverture des bureaux à Rio de Janeiro, est ensuite arrivé dans l'après-midi à Brasilia, où il suivait les résultats.

Plusieurs centaines personnes étaient rassemblées sur l'Esplanade des ministères peu après la fermeture des bureaux de vote, a constaté l'AFP.

Lula, 77 ans, devait attendre les résultats à Sao Paulo où les célébrations ont été prévues en cas de victoire. Chemise blanche à manches longues, il avait dit sa "confiance dans une victoire de la démocratie" en votant à Sao Bernardo do Campo, la ville du sud-est où il a fait ses débuts en tant que dirigeant syndical.

Lula a souhaité "restaurer la paix entre les Brésiliens", à l'issue d'une campagne ultra-polarisée qui a coupé le pays en deux.

«Lutter au quotidien»

En Amazonie, les indigènes de l'ethnie Sateré-Mawé, de la communauté Sahu-Apé, ont dessiné sur leurs joues des flèches rouge et noire avant de se rendre à pied dans le bureau de vote le plus proche de leurs maisons de bois.

Ces dessins signifient qu'ils ont un objectif à atteindre : faire élire leur candidat, Lula, celui qui "sait ce que c'est que de lutter au quotidien" et "combien c'est difficile (...) pour nous".

Lula, ancien métallo au destin hors norme, qui a connu la disgrâce de la prison (2018-2019) puis l'annulation de ses condamnations pour corruption, a dit espérer que Bolsonaro "reconnaîtra le résultat" s'il perd.

Douze gouverneurs d'Etats brésiliens seront également élus dimanche soir, et le résultat dans l'Etat de Sao Paulo, le plus peuplé et le plus riche, est très attendu.

Les bureaux fermeront à 17H00 (20H00 GMT), 12 gouverneurs d'Etats brésiliens seront également élus, et le résultat dans l'Etat de Sao Paulo, le plus peuplé et le plus riche, est très attendu.

Le nom du président de l'immense pays aux 215 millions d'habitants sera connu avant 20H00 (23H00 GMT).


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.