De «Grey's Anatomy» à «This Is Us», la Covid s'installe dans les fictions télé

Impossible pour la série médicale à la longévité record « d'ignorer la plus grande histoire médicale du siècle », avait résumé cet été la productrice exécutive de «Grey's Anatomy», Krista Vernoff (Photo, AFP)
Impossible pour la série médicale à la longévité record « d'ignorer la plus grande histoire médicale du siècle », avait résumé cet été la productrice exécutive de «Grey's Anatomy», Krista Vernoff (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 12 novembre 2020

De «Grey's Anatomy» à «This Is Us», la Covid s'installe dans les fictions télé

  • Pour les showrunners de « Chicago Med » aussi, évoquer le contexte sanitaire relevait de l'évidence
  • Du côté de l'Hexagone, Dany Boon prépare, pour Netflix encore, une comédie centrée sur le confinement dans un immeuble parisien

PARIS : Personnages sur le front, masqués, confinés... De « Grey's Anatomy » à « This Is Us » en passant par le film « Connectés », la Covid-19 et ses conséquences sur la vie quotidienne s'installent dans les fictions, en particulier les séries américaines, très réactives.

En tenue de cosmonaute mais toujours glamour, les chirurgiens de « Grey's Anatomy » reprendront du service jeudi avec le lancement aux Etats-Unis de la 17e saison, retardée à cause de la crise sanitaire, mais plongée au cœur du sujet à la faveur d'un saut narratif. 

Impossible pour la série médicale à la longévité record « d'ignorer la plus grande histoire médicale du siècle », avait résumé cet été sa productrice exécutive, Krista Vernoff, invoquant une responsabilité à l'égard des soignants, dans un podcast du Hollywood reporter.

Pour les showrunners de « Chicago Med » aussi, évoquer le contexte sanitaire relevait de l'évidence. « Ne pas le faire n'aurait pas été réaliste », ont expliqué Diane Frolov et Andrew Schneider. 

Le premier épisode de la saison 6, lancée mercredi, traitera abondamment de la « lassitude » suscitée par la Covid, maintenu par la suite en toile de fond, notamment via les « nouveaux protocoles mis en place pour protéger les patients et les soignants du virus ».

Sans surprise, d'autres programmes médicaux (« The Good Doctor », « The Resident »...) se sont ou vont se frotter à la pandémie, mais ses impacts économiques et sociétaux infusent au-delà du genre. 

Un peu d'humour

Dans la série dramatique « This Is Us » (sur Canal+ en France), qui vient d'entamer sa 5e saison, la famille Pearson porte des masques, s'embrasse à distance ou subit le report d'un essai clinique pour une autre terrible maladie...

Et dans « The Conners », suite de la sitcom « Roseanne », c'est le « prisme économique » qui est privilégié pour suivre une famille ouvrière « qui galère toujours financièrement et vit la plupart du temps sans filet de sécurité », souligne son coproducteur exécutif et co-auteur Dave Caplan.

Ainsi, toute la famille revient vivre sous le même toit, pour lequel le père reçoit un avis d'expulsion, sa belle-soeur tentant quant à elle de sauver son restaurant en s'improvisant livreuse à vélo.

« Cela nous a semblé naturel d'intégrer la Covid » dans la vie de personnages qui « avaient démarré des entreprises, essayaient désespérément d'avancer dans leur carrière » avant que le virus n'interrompe tout cela, explique Dave Caplan. L'équipe a aussi choisi, fait rare, d'intégrer le point de vue d'Américains réticents à se plier à la science et aux restrictions sanitaires. « C'est quelque chose qui existe réellement dans notre pays », fait valoir Dave Caplan. « Donc c'est restitué dans notre série ». 

La pandémie, relève le coproducteur et coscénariste des « Conners » Bruce Helford, a aussi créé des « situations inédites » et l'occasion de glisser des traits d'humour à partir de ces éléments nouveaux.

Visio

En France, l'exercice s'avère pour l'heure moins rodé qu'à Hollywood, même si la série romantique « Plan cœur » (Netflix) a consacré un épisode spécial au confinement cet été. 

Le feuilleton quotidien de France 2, « Un si grand soleil » a lui survolé cette période, pour aborder ses retombées: infirmière mal payée, son héroïne, Claire, se met à cambrioler des riches avec l'employée d'un supermarché qui comme elle a « bossé comme une dingue », relate le scénariste Olivier Szulzynger.

S'il entend limiter les allusions au coronavirus pour garantir aux téléspectateurs « une respiration dans une actualité » morose, d'autres abordent frontalement la crise.

Tournée pendant le confinement, « Social Distance » (Netflix), coproduite par Jenji Kohan (« Orange is the new black »), explore en huit épisodes et autant d'histoires le maintien des liens sociaux via les écrans et applications, tandis que le film « Costal Elites » (HBO) met en scène cinq personnages se racontant face à leur webcam.

Du côté de l'Hexagone, Dany Boon prépare, pour Netflix encore, une comédie centrée sur le confinement dans un immeuble parisien.

Et Amazon dévoilera jeudi « Connectés », mélange de thriller et de comédie sur un apéro virtuel qui dégénère, avec Michaël Youn et Audrey Fleurot. Un film « plus que jamais d'actualité » en plein reconfinement, fait valoir son réalisateur Romuald Boulanger, « convaincu qu'il faut raconter des histoires qui nous touchent directement ».


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".