Dans le vieux Damas, un «nez» recrée les plus grands parfums

Le parfumeur syrien Mohammad al-Masri travaille dans sa boutique dans un souk historique de la vieille ville de Damas, le 31 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le parfumeur syrien Mohammad al-Masri travaille dans sa boutique dans un souk historique de la vieille ville de Damas, le 31 octobre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 novembre 2022

Dans le vieux Damas, un «nez» recrée les plus grands parfums

  • Pour ce «nez» âgé de cinquante ans, il suffit d'humer, une seule fois, un flacon d'un parfum importé pour le reproduire et le vendre à un prix beaucoup plus accessible
  • Son métier, qu'il tient de ses oncles maternels, se transmet dans la famille depuis une centaine d'années, et il l'apprend maintenant à son fils qui le seconde

DAMAS : Dans une échoppe du vieux Damas, Mohammad al-Masri mélange des essences dans des dizaines de fioles, recréant pour sa clientèle appauvrie par la guerre et la crise économique les parfums de luxe désormais hors de prix.

Pour ce "nez" âgé de cinquante ans, il suffit d'humer, une seule fois, un flacon d'un parfum importé pour le reproduire et le vendre à un prix beaucoup plus accessible.

"Je n'ai pas un grand atelier, mais j'ai plus d'essences qu'une grande usine en France, et j'ai ce nez que j'entraîne depuis que j'ai 15 ans", affirme ce petit homme moustachu, surnommé Abou Nour.

Son métier, qu'il tient de ses oncles maternels, se transmet dans la famille depuis une centaine d'années, et il l'apprend maintenant à son fils qui le seconde.

Située dans un vieux caravansérail, entre le souk des épices dont s'échappent les effluves de cannelle et de cardamome et celui de l'encens, sa minuscule boutique, qui ne peut pas accueillir plus de trois clients à la fois, ne désemplit pas.

Jeunes et vieux défilent

Certains lui montrent sur leurs téléphones des images de parfums importés qu'ils lui demandent d'imiter, d'autres veulent acheter la fragrance que leur conseille le parfumeur.

Cham al-Falah, 24 ans, est venue lui demander de composer pour elle un parfum semblable à la marque américaine à laquelle elle était fidèle.

"Le parfum pour les jeunes filles est quelque chose d'essentiel, c'est comme boire ou manger", affirme cette jeune diplômée en gestion, élégante sous son voile crème.

"Auparavant, je m'achetais des parfums étrangers, mais je ne peux plus me le permettre, et d'ailleurs les produits importés sont de plus en plus inaccessibles en Syrie", explique-t-elle.

Crise économique

Si Damas, la capitale, a été globalement épargnée par la guerre en Syrie déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie en 2011, l'économie de tout le pays a été mise à mal par une décennie de combats et de lourdes sanctions internationales.

Sur le marché parallèle, la monnaie syrienne a depuis perdu près de 99% de sa valeur et le salaire moyen d'un employé ne vaut plus désormais qu'environ 25 dollars américains.

Un flacon de parfum importé vaut aujourd'hui au moins cent dollars.

Mais Mohammad al-Masri se targue de pouvoir recréer presque à l'identique les parfums les plus luxueux, et les vend à moins de 30 000 livres, soit environ six dollars.

Dans sa boutique, les clients prennent leur temps, humant les dizaines de fioles, ou le regardent jongler avec les essences. Son fils lui apporte les flacons d'un entrepôt voisin.

Sur une table rectangulaire, Abou Nour a aligné des dizaines de fioles: les essences de jasmin côtoient celles de la rose de Damas ou du musc. Et il a tapissé le mur derrière lui de photos des parfums des grandes marques mondiales, découpées dans de vieux magazines.

Certains clients fidèles viennent de loin, comme Ahmad Dorra, qui a fait 50 kilomètres depuis la localité montagneuse de Zabadani pour acheter cinq fioles de parfum pour sa famille.

"Je ne m'y connais pas en parfums, mais je fais confiance au nez d'Abou Nour", dit ce paysan, la tête recouverte d'un keffieh rouge à damiers.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".