Mort de Piem, dessinateur satirique du «Petit Rapporteur»

Né le 12 novembre 1923 à Saint-Etienne, et bien qu'issu d'une famille ayant appartenu à la noblesse de robe d'Aix-en-Provence, cet artiste-peintre affichait clairement ses idées de gauche (Photo, AFP).
Né le 12 novembre 1923 à Saint-Etienne, et bien qu'issu d'une famille ayant appartenu à la noblesse de robe d'Aix-en-Provence, cet artiste-peintre affichait clairement ses idées de gauche (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 13 novembre 2020

Mort de Piem, dessinateur satirique du «Petit Rapporteur»

  • Dessinateur de presse, humaniste, Piem, de son vrai nom Pierre Georges Marie de Barrigue de Montvallon, avait collaboré pendant 36 ans au Figaro, puis à la Croix
  • «Espiègle et généreux, il était d'une grande sensibilité», a déclaré dans un communiqué le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau

PARIS: Le dessinateur humoristique Piem, qui croquait avec malice l'actualité dans l'émission des années 70 "Le Petit rapporteur", est décédé jeudi, jour de son 97e anniversaire, a annoncé son fils aîné.

"Dessinateur de presse, humaniste", Piem, de son vrai nom Pierre Georges Marie de Barrigue de Montvallon, avait aussi "collaboré pendant 36 ans au Figaro, puis à La Croix", a rappelé sa famille dans un communiqué.

"Il est malin, il a décidé de partir le jour de son anniversaire, c'était quelqu'un d'étonnant, notre père", a déclaré à l'AFP le dessinateur Barrigue, le premier de ses sept enfants.

"Beaucoup de tristesse", a réagi sur Twitter Jean-Luc Roméro-Michel, le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) dont Piem "fut un militant". "Il est dans mon cœur", a-t-il ajouté.

"Espiègle et généreux, il était d'une grande sensibilité", a déclaré dans un communiqué le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau au sujet d'un "des plus fidèles participants" de la fête du livre stéphanoise.

"Ce qui a marqué ma carrière, c'est le Petit Rapporteur, la télévision, le fait d'entrer chez les gens", racontait le dessinateur.

Né le 12 novembre 1923 à Saint-Etienne, et bien qu'issu d'une famille ayant appartenu à la noblesse de robe d'Aix-en-Provence, cet artiste-peintre affichait clairement ses idées de gauche.

"Je n'ai jamais cessé d'être le vilain petit canard de la famille. Tous mes frères étaient bruns, moi j'étais roux", plaisantait souvent ce fumeur de pipe invétéré, troisième d'une fratrie de cinq enfants.

Diplômé de l'école nationale des Beaux-Arts, il aimait à décliner en riant son nom d'artiste de la façon suivante: "Prodigieux, Irrésistible, Extraordinaire, Modeste".

Dessinateur humoristique tout au long de sa vie, il exerça dans divers journaux, dont Le Point.

Il avait aussi "une vocation contrariée d'homme de spectacle", raconte le journaliste Pierre Bonte, qui l'a côtoyé dans l'aventure du "Petit Rapporteur".

"Pour se défouler, il se produisait le soir dans des music-halls ou des cabarets parisiens comme La Tête de l'Art, où il commentait l'actualité à sa façon", poursuit-il.

C'est à Bobino, en 1974, où il faisait la première partie d'un spectacle de Jacques Martin, qu'il est recruté par l'animateur pour entrer dans l'équipe de la nouvelle émission qu'il doit lancer sur TF1.

Diffusée en direct, chaque dimanche entre janvier 1975 et juin 1976, "Le Petit Rapporteur" marquera l'histoire de la télévision par son audace et son impertinence.

"La petite semaine de Piem", revue de presse en dessins qu'il réalisait sous les yeux des téléspectateurs, deviendra une chronique du programme et vaudra à son auteur une grande popularité.

Piem y côtoiera pendant dix-huit mois Pierre Desproges, Daniel Prévost ou Stéphane Collaro. Doyen de la bande du haut de ses 51 ans, le caricaturiste était à l'époque surnommé "l'ancêtre" à l'antenne par Jacques Martin.

 

Le concept du "Petit Rapporteur" fut repris par la même équipe sur Antenne 2, sous le nom de "La Lorgnette", entre 1977 et 1978.

Piem vivait retiré depuis de longues années en Touraine, dans la petite commune de Notre-Dame-d'Oé. Il était commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".