Trump apparaît décidé à accélérer le retrait d'Afghanistan

Un drone américain sur le tarmac d'une base militaire US en Afghanistan. (AFP).
Un drone américain sur le tarmac d'une base militaire US en Afghanistan. (AFP).
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Publié le Vendredi 13 novembre 2020

Trump apparaît décidé à accélérer le retrait d'Afghanistan

  • Après avoir limogé le ministre de la Défense Mark Esper, Donald Trump vient de placer des fidèles à des postes importants du Pentagone dans le but apparent d'accélérer le retrait américain d'Afghanistan
  • Donald Trump a annoncé qu'il souhaitait ramener à 2.500 le nombre de soldats en Afghanistan début 2021 et a même évoqué un retrait total pour Noël, mais les militaires insistent pour lier tout retrait à une baisse de la violence sur le terrain

WAHINGTON : Après avoir limogé le ministre de la Défense Mark Esper, Donald Trump vient de placer des fidèles à des postes importants du Pentagone dans le but apparent d'accélérer le retrait américain d'Afghanistan, au risque de se heurter aux réticences des militaires.

A 69 jours de la fin de son mandat, le président américain qui refuse d'admettre sa défaite électorale, a remplacé M. Esper par un ancien lieutenant des forces spéciales, Christopher Miller, qui venait de prendre la direction du centre national de contre-terrorisme il y a tout juste trois mois.

M. Trump a en outre nommé plusieurs de ses fidèles, considérés comme particulièrement loyaux, à d'importants postes civils du Pentagone jusqu'au 20 janvier 2021.

Le directeur politique, numéro trois du Pentagone, a démissionné mardi et a été aussitôt remplacé par son adjoint, Anthony Tata, un commentateur de la chaîne Fox News surtout connu pour ses tweets islamophobes, qui avait traité Barack Obama de "dirigeant terroriste" avant de se rétracter.

Mercredi, c'est un ancien colonel de l'armée de Terre, Douglas Macgregor, qui a été nommé conseiller principal du ministre de la Défense. 

L'exécutif n'a pas expliqué l'objectif de ce remaniement mais un autre fidèle de Donald Trump, le sénateur libertarien Rand Paul, s'est félicité de l'arrivée au Pentagone de M. Macgregor, fervent partisan d'un retrait total d'Afghanistan quelles que soient les conditions sur le terrain, pour lequel il a milité sans relâche sur Fox News. 

"Je suis très heureux que Donald Trump ait demandé à mon ami, le colonel Doug Macgregor d'aider à mettre rapidement fin à la guerre d'Afghanistan", a-t-il tweeté. "L'idée de ce choix et des autres, c'est d'avoir les bonnes personnes pour enfin l'aider à arrêter nos guerres sans fin".

"Clash avec les généraux"

Donald Trump a annoncé qu'il souhaitait ramener à 2.500 le nombre de soldats en Afghanistan début 2021 et a même évoqué un retrait total pour Noël, mais les militaires insistent pour lier tout retrait à une baisse de la violence sur le terrain.

Deux semaines avant les élections, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O'Brien, avait recadré le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, qui avait qualifié de "spéculation" l'objectif chiffré de l'administration Trump. 

"Je peux vous garantir que c'est le calendrier du président des Etats-Unis. Ce ne sont pas des spéculations", avait lancé M. O'Brien. 

Même s'ils ne critiquent pas la position de la Maison Blanche en public, les militaires se disent en privé formellement opposés à un chiffre inférieur à 4.500 militaires tant que les talibans ne répudient pas la mouvance jihadiste Al-Qaïda, dont ils restent très proches près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001.

Ils veulent lier le processus de retrait au niveau de violence sur le terrain et ils notent qu'un retrait ordonné, notamment le transport de milliers de soldats avec leur équipement, des armements lourds et des véhicules, ne pourra se faire que d'ici le 20 janvier, sauf à laisser sur place des armements dont les ennemis des Etats-Unis pourraient s'emparer.

Pour Rand Paul, les militaires ne sauraient ralentir le processus. "Rappel à ceux qui disent que retirer les troupes va provoquer un +clash+ avec les généraux: il n'y a qu'un commandant en chef, et c'est Donald Trump", a-t-il tweeté. 

"La vérité c'est que la date de notre départ ne changera rien. Tout va s'effondrer", disait de son côté Douglas Macgregor en début d'année. "Mais la bonne nouvelle c'est que quand nous serons partis, au moins, nous ne subventionnerons plus la corruption, ni le premier pays producteur mondial d'héroïne".

"Je veux que nos troupes s'en aillent. C'est pour ça que nous avons voté pour lui (Trump) et il faut qu'il le fasse", ajoutait-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.