Asie-Pacifique: rencontre Xi-Harris, nouvel appel au dialogue entre Pékin et Washington

Des agents de la police anti-émeute montent la garde devant le Queen Sirikit National Convention Center, site du Forum APEC, à Bangkok, en Thaïlande, le 17 novembre 2022. (REUTERS)
Des agents de la police anti-émeute montent la garde devant le Queen Sirikit National Convention Center, site du Forum APEC, à Bangkok, en Thaïlande, le 17 novembre 2022. (REUTERS)
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Publié le Samedi 19 novembre 2022

Asie-Pacifique: rencontre Xi-Harris, nouvel appel au dialogue entre Pékin et Washington

  • Mme Harris a répété le message de M. Biden, à savoir que "nous devions maintenir des lignes de communication ouvertes pour gérer de manière responsable la compétition entre nos pays"
  • De son côté, Xi Jinping s'attend à ce que les deux plus grandes économies mondiales "rédui(sent) les malentendus et erreurs de jugement" pour promouvoir "le retour de relations saines et stables", a-t-il déclaré, cité dans un média d'Etat

BANGKOK : Priorité au dialogue: la vice-présidente américaine Kamala Harris et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés samedi pour prolonger les échanges entre les Etats-Unis et la Chine, rivaux au ton conciliant depuis le sommet entre M. Xi et son homologue américain Joe Biden.

Les deux dirigeants ont eu un bref entretien lors du sommet de l'Asie-Pacifique (Apec) à Bangkok, où la Russie, l'autre adversaire de Washington, a semblé isolée, en l'absence d'une personnalité forte pour défendre son invasion de l'Ukraine que la "plupart" des membres de l'Apec ont condamnée, dans leur déclaration commune.

Leur première rencontre suit la dynamique initiée par MM. Biden et Xi qui se sont engagés à apaiser les tensions entre les deux superpuissances concurrentes, lundi lors de leur réunion de trois heures à Bali, en marge du G20.

Mme Harris a répété le message de M. Biden, à savoir que "nous devions maintenir des lignes de communication ouvertes pour gérer de manière responsable la compétition entre nos pays", a indiqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d'anonymat.

De son côté, Xi Jinping s'attend à ce que les deux plus grandes économies mondiales "rédui(sent) les malentendus et erreurs de jugement" pour promouvoir "le retour de relations saines et stables", a-t-il déclaré, cité dans un média d'Etat.

A Bali puis Bangkok, M. Xi, au faîte de sa puissance après avoir obtenu un troisième mandat historique, a vu de nombreux dirigeants étrangers, un signe perçu comme une volonté de se présenter comme un leader responsable, prêt à affronter les défis mondiaux.

Sa rencontre avec Joe Biden, la première en face à face depuis l'arrivée au pouvoir du président démocrate, "a une grande importance", a-t-il répété, pour la suite des échanges entre Pékin et Washington qui, de Taïwan à la guerre en Ukraine, avancent en terrain glissant.

Dissuader Pyongyang

Signe de la détente, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit se rendre en Chine début 2023, ce qui serait la première visite d'un haut responsable américain depuis 2018.

M. Blinken a déclaré aux journalistes à Bangkok que les contacts avec Pékin visaient à s'assurer que la compétition entre les deux pays "ne virait pas au conflit", et à trouver des terrains de coopération sur des enjeux mondiaux, comme le changement climatique.

Xi Jinping, qui n'a plus visité les Etats-Unis depuis 2017, pourrait lui faire le voyage inverse en 2023 pour le prochain sommet de l'Apec à San Francisco en novembre.

Les Etats-Unis réclament l'aide de la Chine pour dissuader la Corée du Nord de procéder à un essai nucléaire, de plus en plus redouté par Washington et Séoul à la suite d'une récente série record de lancements de missiles balistiques par Pyongyang.

La Chine doit user de son influence sur le régime de Kim Jong Un, dont elle est le principal allié diplomatique et économique, pour l'encourager à "ne pas aller dans cette direction de provocations, qui ne fait que déstabiliser la région et le monde", a indiqué vendredi un rsponsable américain.

La guerre en Ukraine reste un autre sujet de dissension entre Washington et Pékin, qui revendique une position neutre vis-à-vis de l'invasion russe, en dépit des appels à condamner publiquement Moscou.

Harris attendue aux Philippines

Le communiqué final de l'Apec, qui s'est clôturé après un jour et demi de discussions, a rappelé cette divergence.

"La plupart des membres ont fermement condamné la guerre en Ukraine et ont souligné qu'elle causait d'immenses souffrances humaines et exacerbait les fragilités existantes dans l'économie mondiale", indique la déclaration commune, qui reprend mot pour mot la même formulation que celle du G20.

Joe Biden n'a pas effectué le déplacement à Bangkok, retenu par le mariage de sa petite-fille à Washington.

Après la Thaïlande, Kamala Harris est attendue mardi dans la province philippine de Palawan, au bord de la mer de Chine méridionale dont une grande partie est revendiquée par Pékin.

Elle deviendra la plus haute responsable américaine à s'y rendre.

Le sommet de l'Apec a conclu une séquence diplomatique chargée dans la région, après les sommets de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) à Phnom Penh et du G20 à Bali.

L'agenda du prochain rendez-vous annuel de l'Apec sera consacré au climat, a insisté Mme Harris, qui a demandé aux pays membres de fixer de nouveaux objectifs de réduction de leur empreinte carbone d'ici là.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.