Pour Riad Sattouf, devenir célèbre s'est joué «à pas grand-chose»

Le dessinateur et réalisateur français d'origine syrienne Riad Sattouf, pose lors d'une séance photo à Paris, le 5 octobre 2017. (Photo de JOEL SAGET / AFP)
Le dessinateur et réalisateur français d'origine syrienne Riad Sattouf, pose lors d'une séance photo à Paris, le 5 octobre 2017. (Photo de JOEL SAGET / AFP)
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Publié le Jeudi 24 novembre 2022

Pour Riad Sattouf, devenir célèbre s'est joué «à pas grand-chose»

  • Ce sixième tome paraît jeudi, après un succès énorme pour les cinq premiers épisodes de la série
  • Selon les éditions Allary, elle s'est vendue "à plus de 3 millions d'exemplaires" dans le monde, «traduite en 23 langues»

PARIS: Star franco-syrienne de la bande dessinée, Riad Sattouf achève son cycle autobiographique "L'Arabe du futur" par un dernier tome qui montre que pour un talent donné, entre obscurité et célébrité, cela se joue "à pas grand-chose".

Ce sixième tome paraît jeudi, après un succès énorme pour les cinq premiers épisodes de la série. Selon les éditions Allary, elle s'est vendue "à plus de 3 millions d'exemplaires" dans le monde, "traduite en 23 langues".

Dans cet épisode qui couvre la période 1994 à 2011, de la fin du lycée aux débuts comme auteur, le Franco-Syrien écrit un roman d'éducation contemporain.

On lit encore peu d'autobiographies de ceux qui, comme lui, au milieu de la quarantaine, peuvent se targuer d'une telle influence culturelle.

"Quand j'ai commencé à faire des BD, j'ai connu des jeunes dessinateurs qui avaient ce qu'on appelle des opportunités: un éditeur qui s'intéresse à ce que vous faites, quelqu'un qui a écrit un scénario... Ça arrive tout le temps. Après, on les saisit ou pas", raconte-t-il à l'AFP.

"Ça se joue parfois à pas grand-chose, parce qu'on peut se dire sur le moment qu'on a peur, qu'on ne se sent pas très bien, on laisse tomber, alors que ça peut changer toute une vie", ajoute-t-il. "C'est ce que je voulais raconter".

«Raciste» contre «racistes»

Mais pas seulement. Les lecteurs attendent impatiemment le dénouement d'une histoire familiale douloureuse. Ils ne seront pas déçus.

À la fin du tome 4, le frère de l'auteur avait été enlevé par son père, parti en Syrie en laissant derrière lui sa femme française et deux autres garçons. Dans le tome 5, aucune des démarches entamées par la mère pour retrouver son fils n'aboutissaient.

Vis-à-vis de ce père, Abdel-Razak Sattouf, docteur en histoire fasciné par le panarabisme du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le fils se montre de plus en plus sévère dans le tome 6. L'auteur a été très dur avec lui dans les médias ces dernières années: "islamiste", "d'extrême droite", "raciste".

Ce dernier tome est traversé des remarques (imaginaires, dans la pensée de ce fils) du père enfui. Amères, elles renversent le stigmate: "Ti crois un Arabe va faire di bidis [des BD] dans ce pays de racistes?"

«Maître du temps»

Or, Riad Sattouf l'a toujours pensé.

"On s'imagine grand réalisateur, auteur... C'est arrivé à beaucoup de créateurs, et ça m'est arrivé aussi: j'étais intimement persuadé que j'étais de la trempe des grands auteurs, mais que je n'avais pas encore été remarqué", se souvient-il.

"Dans les faits, j'étais bien loin d'être le plus talentueux des types de mon âge", admet-il. "Là où j'étais très bon, quand j'étais plus jeune, c'était pour dissimuler mes lacunes, notamment en dessin".

La série s'achève au moment où la Syrie sombre dans le chaos de la guerre civile. Son président Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 2000, noie dans le sang la contestation du "printemps arabe".

Riad Sattouf confie ne plus être bien informé de ce que devient le pays où il a passé une bonne partie de son enfance, méconnaissable après plus de dix ans de conflit.

S'il existe bel et bien un "Arabe du futur", comme en rêvait Abdel-Razak Sattouf, il a aujourd'hui quitté la Syrie, le pays s'étant vidé de ses intellectuels et faisant face à un avenir très sombre.

"Dans +L'Arabe du futur+, il y a cette volonté de mettre le temps en perspective, pouvoir revenir en arrière, le figer complètement. C'est ce que j'aime le plus dans la bande dessinée: on est maître du temps", dit l'auteur, qui clôt une saga entamée avec sa naissance en 1978.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".