Louis Vuitton ou «l'extension du domaine du luxe»

Cette photo d'archives prise le 3 juillet 2021 montre le logo du groupe de luxe LVMH, Louis Vuitton Moet Hennesy, à Paris. Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel : la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton, qui veut être "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire". (AFP).
Cette photo d'archives prise le 3 juillet 2021 montre le logo du groupe de luxe LVMH, Louis Vuitton Moet Hennesy, à Paris. Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel : la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton, qui veut être "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire". (AFP).
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Publié le Lundi 05 décembre 2022

Louis Vuitton ou «l'extension du domaine du luxe»

  • Louis Vuitton, «c'est beaucoup plus qu'une marque de mode, c'est une marque de culture à audience mondiale», avait lancé en début d'année le PDG de LVMH Bernard Arnault lors de l'assemblée générale du groupe
  • «L'idée est que la marque peut tout vendre, compte tenu de sa puissance et de son influence»

PARIS : Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel: la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton qui se veut "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire".

Louis Vuitton, "c'est beaucoup plus qu'une marque de mode, c'est une marque de culture à audience mondiale", avait lancé en début d'année le PDG de LVMH Bernard Arnault lors de l'assemblée générale du groupe.

En 2021, Louis Vuitton assurait 27% des ventes du numéro un mondial du luxe, dont le chiffre d'affaires atteignait alors 64,2 milliards d'euros.

"L'idée est que la marque peut tout vendre, compte tenu de sa puissance et de son influence", constatait une note de la banque HSBC après ces propos tenus par Bernard Arnault. Elle citait la présence de Louis Vuitton "dans les bijoux, les baskets, les parfums et même le chocolat".

Cette année, Louis Vuitton a, entre autres, installé un salon de thé éphémère dans sa boutique lilloise avec des gaufres Meert à son effigie, créé un restaurant éphémère à Saint-Tropez avec le chef étoilé Mory Sacko, un autre à Séoul avec Alain Passard, chef étoilé lui aussi, ou encore présenté une collection de meubles et d'objets à Shanghai.

Et le 12 décembre, Louis Vuitton ouvrira pour un an, dans son siège social au coeur de Paris, un espace baptisé LV Dream réunissant une exposition de collaborations de la marque avec des artistes, un café, une chocolaterie et une boutique.

"Le luxe quitte l'ère de la niche artisanale, on entre dans une ère de l'influence culturelle. Plus on va du côté culturel, plus on renforce la dimension symbolique de la marque. On oublie qu'on est dans du commerce et donc on peut vendre plus cher", explique à l'AFP Julie El Ghouzzi, de l'agence de conseil Cultz.

Si la diversification n'est pas nouvelle - il existe des cafés Ralph Lauren ou Gucci, des hôtels Armani... - la "différence vient du fait que Louis Vuitton le fait en pleine maîtrise, ce n'est pas une licence", ajoute-t-elle.

«Le luxe est une hydre»

Dans une interview au site spécialisé du monde du luxe Women's Wear Daily (WWD), le PDG de la marque Michael Burke évoque même la possibilité, après le projet LV Dream, de transformer le siège social en un hôtel Louis Vuitton.

Situé face à la Samaritaine et à l'hôtel Cheval Blanc, également propriétés de LVMH, le lieu "a toutes les caractéristiques d'un lieu d'hébergement idéal", a-t-il dit en espérant une ouverture "dans les cinq ans", selon WWD. "C'est ce que veulent nos clients, une relation 7 jours sur 7, 24 heures sur 24", selon M. Burke.

Pour Serge Carreira, maître de conférence à Sciences Po Paris au sein du Master Mode et Luxe, "chaque nouvelle brique vient consolider le reste: l'hôtel permet d'enrichir la narration de la marque Louis Vuitton sur l'art du voyage".

Avec un hôtel, "Louis Vuitton a l'ambition de jouer un rôle dans les villes au XXIe siècle", ajoute Eric Briones, auteur de "Luxe et digital" (ed. Dunod).

Michael Burke ne cache pas que son "rêve est de faire renaître le centre-ville commercial original de Paris". "C'est la version de Bernard (Arnault) depuis le début, nous sommes à mi-chemin. Il faudra encore 10, 15 ans pour arriver à ce que nous voulons", a-t-il dit à WWD.

Pour Eric Briones, "le luxe n'a jamais été aussi puissant": "les marchés financiers sont habitués à une croissance à deux chiffres" et donc une marque de luxe est "dans une recherche permanente de nouveaux business, d'extension de son territoire. C'est l'extension du domaine du luxe".

"Ce ne sont plus des maisons de luxe, ce sont des plateformes de luxe. Le luxe sait se déplacer là où est l'argent, où est la croissance", selon lui. "Le luxe est une hydre, vous lui coupez une tête, il y a deux têtes qui poussent".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".