Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour Donald Trump

Le président précédent des États-Unis, Donald Trump, rencontre le rappeur Kanye West dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 11 octobre 2018. (AFP).
Le président précédent des États-Unis, Donald Trump, rencontre le rappeur Kanye West dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 11 octobre 2018. (AFP).
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour Donald Trump

  • «C'est un début de campagne catastrophique», juge Lara Brown, professeure de sciences politiques, estimant que l'ancien président va de «scandales en scandales»
  • Lâché par des poids lourds conservateurs, Donald Trump s'est à nouveau retrouvé au centre des critiques après avoir dîné avec le rappeur Kanye West, accusé d'antisémitisme, et un suprémaciste blanc fin novembre

WASHINGTON : Fraîchement lancé dans une nouvelle course à la Maison Blanche, Donald Trump ne profite pas de la dynamique qu'il espérait. Bien au contraire.

"C'est un début de campagne catastrophique", juge Lara Brown, professeure de sciences politiques à l'université George Washington, estimant que l'ancien président va de "scandales en scandales".

Lui qui espérait surfer sur une "vague" conservatrice aux élections de mi-mandat s'est immédiatement pris les pieds dans le tapis après la défaite de la plupart de ses protégés.

Lâché par des poids lourds conservateurs, l'ancien président s'est à nouveau retrouvé au centre des critiques après avoir dîné avec le rappeur Kanye West, accusé d'antisémitisme, et un suprémaciste blanc fin novembre.

"Ridicule", "répugnant", "scandaleux": les élus républicains, longtemps soucieux de ne pas s'attirer les foudres du chef de leur parti n'ont désormais pas de mot assez fort pour montrer leur réprobation.

Ils se sont encore étranglés quand, le week-end dernier, l'ancien président a appelé à abandonner la Constitution dans une de ses diatribes habituelles, dénonçant à nouveau des "fraudes électorales".

L'échec mardi en Géorgie d'un de ses candidats pour un siège au Sénat, l'ancien joueur de football américain Herschel Walker, a enfoncé le clou.

"Trump a aussi vu nombre de ses grands donateurs dire publiquement qu'ils ne soutiendraient pas sa candidature en 2024", ajoute la professeure Brown à l'AFP.

Le milliardaire, connu pour ses talents d'orateur et ses meetings devant des marées de casquettes rouges, n'a d'ailleurs pas tenu le moindre événement de campagne en dehors de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, depuis sa déclaration de candidature.

Des tracas politiques dont le septuagénaire se serait bien passé. Il fait déjà l'objet d'une myriade d'enquêtes sur la gestion de ses archives, comme sur ses affaires financières à New York.

Assaut du Capitole

Ses ennuis ne font probablement que commencer.

Depuis plus d'un an, le tempétueux républicain est sous le coup d'une enquête sur des pressions électorales exercées en Géorgie, qui pourrait lui valoir une inculpation.

Et une commission parlementaire, enquêtant sur la responsabilité du dirigeant dans l'attaque menée par ses partisans contre le Congrès américain le 6 janvier 2021, doit rendre un volumineux rapport dans les prochaines semaines.

Ce panel a d'ores et déjà fait savoir qu'il recommanderait des inculpations, sans préciser qui pourrait être visé par ces poursuites.

La décision d'inculper ou non l'ancien président reviendra in fine au ministre de la Justice Merrick Garland, qui a nommé mi-novembre un procureur spécial pour enquêter de façon indépendante sur Donald Trump.

Sans attendre, la justice a déjà condamné son entreprise familiale pour fraude fiscale, un coup dur pour l'ex-homme d'affaires, bien qu'il n'ait lui-même pas été jugé.

Noyau dur

Mais attention à ne pas enterrer Donald Trump trop vite.

Abandonné par une partie de la nébuleuse conservatrice après l'attaque contre le Congrès américain, l'ancien dirigeant avait su en quelques mois regagner une emprise quasi-totale.

Le tribun, dont la chute a été mille fois annoncée, a survécu jusqu'ici à tous les scandales. Comme si, à force d'accumulation, ils n'avaient plus d'effet sur lui.

Arrivé au pouvoir en novembre 2016 dans un scénario politique inédit qu'aucun ou presque n'avait prédit, Donald Trump pourrait aussi être tenté de jouer de cette position de candidat-rebelle, si les défections dans ses rangs venaient à se poursuivre.

Il fait toujours partie des grands favoris de la primaire républicaine, et ne manque pas une occasion de le rappeler, partageant tout sondage allant dans ce sens.

L'ex-magnat de l'immobilier peut aussi toujours compter sur une base de fidèles, un noyau dur qui lui jure une loyauté sans faille et continue à affluer à ses meetings de campagne.

Ces derniers pourraient toutefois aussi perdre patience, prédit Lara Brown.

"Si certains dans sa base se rallieront à lui lorsqu'il se dira victime d'une chasse aux sorcières, nombre d'autres pourraient s'en lasser".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.