Mondial: France-Maroc, une demi-finale pour l'histoire

À la folie marocaine, la France oppose une solide expérience, un état d'esprit irréprochable (Photo, AFP).
À la folie marocaine, la France oppose une solide expérience, un état d'esprit irréprochable (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 16 décembre 2022

Mondial: France-Maroc, une demi-finale pour l'histoire

  • À la folie marocaine, la France oppose une solide expérience, un état d'esprit irréprochable, un panel de trentenaires fringants avec Antoine Griezmann, Hugo Lloris, Olivier Giroud et Raphaël Varane, et une superstar, Mbappé
  • Ce duel inédit en Coupe du monde peut consacrer la régularité des Bleus ou l'insouciance des Lions de l'Atlas

DOHA: À la croisée des rêves, la France de Kylian Mbappé, tenante du titre, et le Maroc, porté par un continent et une marée rouge de supporters, confrontent leurs destins mercredi (20h00) au Mondial-2022, avec en jeu la finale contre l'Argentine de Lionel Messi. 

"Bien plus qu'un match!", selon le quotidien régional Sud-Ouest, ce duel inédit en Coupe du monde se jouera "entre amis avec l'histoire à leur porte", pour Le Parisien. 

Cette "confrontation chargée de symboles", selon La Provence, peut consacrer la régularité des Bleus, en quête d'un doublé historique et d'une troisième étoile, ou l'insouciance des Lions de l'Atlas, première équipe africaine qualifiée pour le dernier carré de la compétition reine. 

L'optique d'un duel en finale dimanche (16h00) entre Mbappé et Messi, septuple Ballon d'Or encore buteur mardi contre la Croatie (3-0) et surmotivé par la perspective d'un premier trophée planétaire, ressemble à une apothéose, au bout d'un tournoi atypique et décrié, organisé pour la première fois en fin d'année civile et au Moyen-Orient. 

Mais le Maroc "a envie d'écrire l'histoire, de mettre l'Afrique sur le toit du monde", clame le sélectionneur franco-marocain des Lions de l'Atlas, Walid Regragui. "On est peut-être fou, mais c'est bien d'être fou". 

À la folie marocaine, la France oppose une solide expérience, un état d'esprit irréprochable, un panel de trentenaires fringants avec Antoine Griezmann, Hugo Lloris, Olivier Giroud et Raphaël Varane, et une superstar, Mbappé. 

L'attaquant du Paris SG est à deux victoires d'entrer dans la légende du football en devenant double champion du monde avant ses 24 ans, comme le Brésilien Pelé en 1962. 

Mais ce dernier n'avait quasiment pas joué lors de son deuxième Mondial, diminué par une blessure. Mbappé, au contraire, survole la compétition, avec cinq buts en cinq matches (autant que Messi en six rencontres), neuf au total en deux éditions. 

« Enormément de passion » 

Face à lui sur la pelouse du stade al-Bayt, le prodige de Bondy va retrouver son meilleur ami de club, Achraf Hakimi, pilier de la sélection marocaine, natif de Madrid et symbole d'une équipe multinationale, dont 14 des 26 joueurs sont nés hors du pays. 

Mais bien au-delà de cette amitié, l'opposition France-Maroc se pare d'une dimension symbolique pour les centaines de milliers de binationaux vivant dans l'Hexagone, 66 ans après la fin du protectorat français dans le pays du Maghreb. 

L'opposition France-Maroc se pare d'une dimension symbolique pour les centaines de milliers de binationaux vivant dans l'Hexagone (Photo, AFP).
L'opposition France-Maroc se pare d'une dimension symbolique pour les centaines de milliers de binationaux vivant dans l'Hexagone (Photo, AFP).

En présence d'Emmanuel Macron à al-Khor, au nord de Doha, et sous haute vigilance policière à Paris - 10 000 policiers et gendarmes mobilisés en France -, la rencontre "doit rester un match de foot, même s'il y a un historique, même s'il y a énormément de passion", insiste Didier Deschamps, patron des Bleus. 

Capitaine du sacre de 1998, sélectionneur de celui de 2018, l'entraîneur basque brigue une troisième finale mondiale avec sa sérénité habituelle et assure qu'une "dynamique positive s'est installée" dans le groupe, entre les cadres d'expérience et les quinze joueurs qui découvrent leur première Coupe du monde. 

Après avoir enregistré une cascade de blessures, dont celle du Ballon d'Or Karim Benzema, les Tricolores reviennent de loin. Mais le succès contre l'Angleterre (2-1) en quart, premier gros test du tournoi, leur a donné confiance: ils savent désormais qu'ils sont dangereux même quand Mbappé est muselé. 

Rabiot forfait, Upamecano remplaçant 

Le Parisien risque de subir le même traitement mercredi face à "l'équipe qui a le mieux défendu" dans le tournoi, dixit Deschamps. 

Le Maroc n'a encaissé qu'un seul but, celui inscrit par son défenseur Nayef Aguerd contre son camp face au Canada (2-1). Les Lions de l'Atlas ont ensuite signé deux exploits, contre l'Espagne (0-0 a.p., 3-0 t.a.b.) puis le Portugal (1-0). 

Après avoir enregistré une cascade de blessures, dont celle du Ballon d'Or Karim Benzema, les Tricolores reviennent de loin (Photo, AFP).
Après avoir enregistré une cascade de blessures, dont celle du Ballon d'Or Karim Benzema, les Tricolores reviennent de loin (Photo, AFP).

Ils peuvent en outre compter sur l'écrasant et bruyant soutien de leurs supporters, prêts à submerger dans la soirée le stade al-Bayt, même si des vols prévus entre Casablanca et Doha ont été annulés dans la matinée et que des fans déjà arrivés au Qatar n'avaient pas obtenu de tickets pour le match. 

La défense du Maroc a été abîmée par des pépins physiques ces derniers jours, mais ses quatres piliers sont finalement présents au coup d'envoi: Aguerd, Hakimi, le capitaine Romain Saïss et Noussair Mazraoui. 

Du côté de la France, en revanche, il manque deux titulaires habituels: Adrien Rabiot, forfait, et Dayot Upamecano, laissé sur le banc. Les deux joueurs, malades ces dernières heures, sont remplacés sur la pelouse par Ibrahima Konaté en défense et Youssouf Fofana au milieu, des joueurs qui cumulent onze sélections à eux deux. 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.