L'UE interdit les exportations de moteurs de drones vers la Russie

La liste noire des personnes et entités interdites de visas et dont les avoirs dans l'UE sont saisis comprend désormais 1.386 individus et 171 entités (Photo, AFP).
La liste noire des personnes et entités interdites de visas et dont les avoirs dans l'UE sont saisis comprend désormais 1.386 individus et 171 entités (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

L'UE interdit les exportations de moteurs de drones vers la Russie

  • Cette mesure est l'une des dispositions du 9e paquet de sanctions approuvé jeudi soir lors d'un sommet européen à Bruxelles
  • Les sanctions ciblées concernent douze membres du gouvernement, 42 élus de la Douma, le président et les neuf juges de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie

BRUXELLES: L'Union européenne a interdit vendredi l'exportation de moteurs de drones vers la Russie et vers "tous les pays tiers" pouvant lui fournir ces éléments afin de priver le Kremlin de ces armes utilisées contre l'Ukraine.

Cette mesure est l'une des dispositions du 9e paquet de sanctions approuvé jeudi soir lors d'un sommet européen à Bruxelles entré en vigueur vendredi avec sa publication au Journal Officiel de l'UE.

Bruxelles empêche par ailleurs les ressortissants de l'UE d'occuper "des postes au sein des organes directeurs de toutes les personnes morales, entités ou entités détenues ou contrôlées par l'Etat russe et situées en Russie".

"Nous continuons de cibler l'économie et ceux qui jouent un rôle déterminant dans cette guerre brutale", a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.

Les sanctions ciblées concernent douze membres du gouvernement, 42 élus de la Douma, le président et les neuf juges de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie, 77 militaires dont 30 membres de l'unité de l'Etat major russe chargé de la planification des tirs de missiles, trois membres de la famille du président tchétchène Ramzan Kadyrov, allié de Vladimir Poutine, ainsi que l'épouse et un parent de l'oligarque Iouri Kovaltchouk.

Plusieurs personnalités des médias, dont Boris Kortchevnikov et le réalisateur Nikita Mikhalkov, sont également sanctionnées pour leur implication dans la justification de la guerre contre l'Ukraine.

Cinq partis politiques russes – le Parti Communiste, Russie Unie, le parti Nouvelles personnes, le Parti Libéral démocratique et le parti Une Russie Juste – et 23 entreprises liées à l'armée russe sont également sanctionnés .

La liste noire des personnes et entités interdites de visas et dont les avoirs dans l'UE sont saisis comprend désormais 1.386 individus et 171 entités.

L'UE a par ailleurs engagé la procédure de suspension des licences de diffusion de quatre médias – NTV/NTV Mir, Rossiya 1, REN TV et Pervyi Kanal, pour bloquer la campagne internationale systématique de désinformation et de manipulation de l'information menée par la Fédération de Russie dans le but de déstabiliser ses pays voisins. La mesure s'impose à la société Intelsat qui fournit des services de télécommunication par satellites.

Les nouvelles sanctions imposent des restrictions à l'exportation de biens et technologies à double usage, notamment celles utilisées par le secteur russe de la Défense et de la sécurité comme "les produits chimiques clés, les agents neurotoxiques, les équipements de vision nocturne et de radionavigation, les composants électroniques et informatiques".

L'UE interdit par ailleurs les exportations de moteurs de drones "vers la Russie et tout pays tiers qui pourrait fournir des drones à la Russie", ce qui inclut l'Iran, a-t-on précisé.

Un gel des avoirs est imposé à la Banque de Crédit de Moscou, à la banque Dalnevostochny et à la Banque régionale de développement de Russie. Elle ne pourront plus effectuer de transactions dans l'UE.

Aucun nouvel investissements européen ne sera en outre possible dans le secteur minier russe, à l'exception des activités d'extraction et d'exploitation de certaines matières premières critiques: titane, aluminium, cuivre, nickel, minerai de fer, radium, chrome, cobalt et les terres rares nécessaires à l'industrie européenne.

"Ces exceptions permettent de protéger les intérêts économiques de nos industries", a expliqué un haut fonctionnaire.

L'UE se donne également la possibilité de dégeler les avoirs dont disposaient certains ressortissants russes actifs dans le commerce international des produits agricoles et alimentaires, y compris le blé et les engrais, avant d'être sanctionnés.

Cette possibilité a été un sujet de controverse entre les Etats membres. La Pologne et la Lituanie ont jugé que cette dérogation accordée à des oligarques sanctionnés affaiblissait les sanctions. Les deux pays ont donné leur accord après avoir obtenu la garantie que les dérogations seraient exceptionnelles et encadrées.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.