Mondial: de Moscou à Doha, un long chemin jusqu'à une nouvelle finale

L'attaquant français n ° 12 Randal Kolo Muani (C) célèbre avec ses coéquipiers après avoir marqué le deuxième but de son équipe lors de la demi-finale de football de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Maroc au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha en décembre 14, 2022. (Photo de Giuseppe CACACE / AFP)
L'attaquant français n ° 12 Randal Kolo Muani (C) célèbre avec ses coéquipiers après avoir marqué le deuxième but de son équipe lors de la demi-finale de football de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Maroc au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha en décembre 14, 2022. (Photo de Giuseppe CACACE / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 17 décembre 2022

Mondial: de Moscou à Doha, un long chemin jusqu'à une nouvelle finale

  • Pour la première fois de son mandat, Deschamps ne signe pas de prolongation de contrat au-delà du Mondial-2022: il sait que son avenir dépendra du tournoi au Qatar
  • Malgré des déséquilibres défensifs, l'esprit de Moscou semble refaire surface, et deux titulaires émergent: Théo Hernandez et Aurélien Tchouaméni

AL KHOR: De la finale victorieuse du Mondial-2018 à Moscou jusqu'à celle de Doha, dimanche contre l'Argentine, l'équipe de France a connu des secousses et des coups d'éclat, le rappel inattendu de Karim Benzema et l'émergence d'une nouvelle génération autour de tuteurs étoilés comme Hugo Lloris et Olivier Giroud.

Lendemains mitigés 

Après la folle nuit du 15 juillet 2018 au stade Loujniki de Moscou, les Bleus vivent un automne mitigé et sans grand enjeu autour d'une nouvelle épreuve, la Ligue des nations, avec peu de renouvellement dans le groupe à part l'arrivée de Tanguy Ndombélé, Ferland Mendy ou Alassane Pléa.

Les Français font globalement honneur à leur étoile de champions du monde mais ils connaissent cependant "deux trous noirs, deux trous d'air", aux Pays-Bas et en Turquie (défaites 2-0), en novembre 2018 et juin 2019, pour citer Didier Deschamps.

Problème: ces matches coûtaient cher. Le premier prive les Bleus d'un ticket pour le "Final Four" de la Ligue des nations et le second leur fait provisoirement perdre la tête des qualifications à l'Euro.

Revenants et nouvelles têtes 

À l'automne 2019, la morosité s'empare des Bleus, à l'attaque défaillante. Deschamps surprend son monde au soir de sa 100e cape comme sélectionneur, contre l'Albanie (2-0): il opte pour une tactique inédite avec trois défenseurs centraux, censée mettre ses joueurs offensifs dans les meilleures dispositions. Le test est concluant, Antoine Griezmann redevient "rayonnant", selon "DD".

La pandémie de Covid-19 met alors le football international à l'arrêt pendant près de dix mois.

À la reprise, surprise: Deschamps rappelle Adrien Rabiot, banni depuis son refus d'être réserviste au Mondial-2018. Le milieu de la Juventus, remplaçant naturel de Blaise Matuidi, s'insère vite dans l'équipe-type, quasiment la même que celle du Mondial russe.

Les Bleus se plantent en amical contre la Finlande (défaite 2-0) mais réalisent une campagne réussie en Ligue des nations (cinq victoires, un nul), avec un match référence à huis clos au Portugal (1-0) gagné grâce à N'Golo Kanté.

À quelques mois de l'Euro, reporté d'un an, la France se pose comme une favorite, d'autant que de nouvelles têtes apparaissent: Eduardo Camavinga, Dayot Upamecano, Mike Maignan et Marcus Thuram.

La surprise Benzema, la désillusion suisse 

Le 18 mai 2021, coup de tonnerre: Deschamps rappelle Karim Benzema, banni pendant cinq ans et demi. "Mes choix sont guidés par le bien de l'équipe de France", clame le sélectionneur.

Pour son deuxième match de reprise, Benzema sort sur blessure contre la Bulgarie (3-0). Son concurrent historique Olivier Giroud le remplace, claque un doublé et met le feu en coulisses avec une déclaration assez anodine sur le manque de "bons ballons" reçus: Kylian Mbappé s'estime visé et prend la mouche.

Placée dans le "groupe de la mort" à l'Euro, la France domine l'Allemagne, se fait neutraliser par la Hongrie et le Portugal. Elle termine première, mais émoussée. Et, en huitièmes, dix minutes cauchemardesques en fin de match permettent à la Suisse de remonter deux buts de retard. Mbappé rate un tir au but et les Bleus prennent la porte (3-3 a.p., 5-4 t.a.b.).

Rebond 

Pour la première fois de son mandat, Deschamps ne signe pas de prolongation de contrat au-delà du Mondial-2022: il sait que son avenir dépendra du tournoi au Qatar.

Le boss des Bleus avance la thèse de l'accident à l'Euro et l'automne le conforte sur sa position. Avec son nouveau schéma tactique, la France se montre renversante face à la Belgique (3-2) et l'Espagne (2-1) pour remporter, en Italie, la Ligue des nations avec un Benzema de gala.

Malgré des déséquilibres défensifs, l'esprit de Moscou semble refaire surface, et deux titulaires émergent: Théo Hernandez et Aurélien Tchouaméni.

Blessures, virus et résilience 

Les Tricolores restent sur une série de sept victoires de suite lorsqu'ils abordent le rassemblement de juin 2022. Mais soudain, tout s'enraye: les blessures s'enchaînent et les Bleus finissent la saison sur deux nuls et deux défaites.

En septembre, les pépins physiques sont toujours nombreux et une équipe rajeunie se délite 2-0 au Danemark, conduisant Deschamps à abandonner définitivement son système à trois défenseurs centraux.

La préparation à la Coupe du monde est escortée par les doutes, un climat pesant à la Fédération et surtout les forfaits en cascade de Paul Pogba, N'Golo Kanté, Karim Benzema, Christopher Nkunku, Presnel Kimpembe, Mike Maignan. Lucas Hernandez allonge cette liste dès l'entrée en lice contre l'Australie (4-1).

Séduisante face au Danemark (2-1), la France se rate contre la Tunisie (1-0) lors d'un match sans enjeu avec les remplaçants. Elle se relance avec un huitième de finale maîtrisée contre la Pologne (3-1), dompte l'Angleterre (2-1) lors d'un sommet très disputé, avant de confirmer contre l'inattendu Maroc (2-0) en demie. Voilà les Bleus en finale pour la quatrième fois.

Mais un nouveau rebondissement vient tester la résilience des hommes de Didier Deschamps: souffrant, Dayot Upamecano, Adrien Rabiot et Kinsgley Coman n'ont pas joué contre les Lions de l'Atlas.

Et, au moment de préparer la finale contre l'Argentine, Raphaël Varane et Ibrahima Konaté sont à leur tour touchés par un mystérieux "syndrome viral". Une course contre-la-montre pour les remettre sur pied s'engage.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.