L’extradition du chef espion de Kadhafi vers les États-Unis interrompue à la dernière minute

Des manifestants brandissent le portrait de Senussi derrière les barreaux (fournie)
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Publié le Samedi 24 décembre 2022

L’extradition du chef espion de Kadhafi vers les États-Unis interrompue à la dernière minute

  • L'extradition d’Abdullah al-Senussi suspendue, dans l'attente de ses réponses aux questions concernant l’attentat de Lockerbie en 1988 et par crainte de troubles
  • « The Butcher » serait à l’origine du complot d’assassinat du prince héritier saoudien en 2003, de l’attentat à la bombe contre un avion au Niger en 1989 et du massacre d’Abu Salim en 1996

LONDRES : Le plan d’extradition d’Abdullah al-Senussi, le beau-frère et l’allié le plus fiable de Mouammar Kadhafi vers les États-Unis a été abandonné cette semaine par les autorités libyennes.

Des sources ont déclaré à The Guardian que les responsables de Tripoli craignaient une réaction publique si Al-Senussi, âgé de 72 ans, était envoyé en Amérique le week-end prochain, peu de temps après que Mohamed Abouagela Masud, l’homme soupçonné d’être impliqué dans l’attentat de Lockerbie ait été capturé à son domicile par des hommes armés le 17 novembre et remis aux États-Unis à Misrata, dans le cadre d’une opération que la Libye qualifie de « légale et menée en coopération avec les autorités libyennes » mais qui, selon la famille Masud était un « enlèvement illégal »

Al-Senussi, l’ancien chef espion de Kadhafi, connu sous le nom de « The Butcher » a été condamné à mort après avoir été reconnu coupable de divers crimes lors d’un procès de masse en 2015. Il est détenu à Tripoli, où il serait en mauvaise santé.

Il était supposé etre transporté au États-Unis afin de répondre aux questions concernant l’attaque de Lockerbie qui a tué 270 personnes à bord du vol Pan Am 103 et dans la petite ville écossaise que survolait l’avion, suite à l’explosion d’une bombe à bord en 1988.

Cependant, la nature de l’arrestation et de l’extradition de Masud a provoqué la colère de certaines régions en Libye, ce qui a poussé le Gouvernement d’Unité Nationale à revenir sur sa décision.

Une source a déclaré à The Guardian : « L’idée était d’envoyer d’abord Masud aux États-Unis puis de leur donner (Al-Senussi). Il y a eu des discussions pendant des mois à ce sujet. Pourtant, les responsables se sont inquiétés. »

Les efforts pour extrader les deux hommes avaient été lancés pour la première fois sous l’administration précédente. Un accord avait finalement été conclu avec Abdul Hamid Dbeibeh, le Premier ministre par intérim du GNU, en août de cette année. Ceci représentait une victoire en politique étrangère pour le président américain Joe Biden, après le départ désastreux des États-Unis d’Afghanistan 12 mois auparavant et la popularité déclinante du président avant les élections américaines de mi-mandat.

Le mandat de Dbeibeh pour gouverner a expiré il y a un an. Ceci l’a incité à maintenir de bonnes relations avec les États-Unis mais a également freiné son désir d’agacer le public libyen ainsi que d’autres personnalités puissantes du pays.

Alia Brahimi, experte de la Libye au Conseil de l’Atlantique, a déclaré à The Guardian : « Al-Senussi est soupçonné d’un grand nombre de crimes. Donc, la possibilité qu’il réponde aux questions au sujet de l’un d’eux, notamment un meurtre de masse, est extraordinaire. »

« Tout transfert générerait une énorme polémique, quelles que soient les circonstances, comme l’a fait celui de Masud. Or, l’histoire portera sur la justice américaine ; elle sera entendue dans le monde entier. »

« Les gouvernements de transition successifs (en Libye) ont eu du mal à tenir les membres de l’ancien régime responsables de manière transparente et ordonnée, et cela, en raison du chaos qui a prévalu depuis la révolution mais aussi, à cause du pouvoir persistant des groupes d’intérêt du régime. »

Al-Senussi est fortement méprisé en Libye, classé second sur la liste de criminels de guerre recherchés par les opposants lors des soulèvements contre le régime de Kadhafi durant le printemps arabe. Il est considéré comme responsable du massacre d’environ 1 200 personnes à la prison d’Abou Salim en 1996. Pourtant, lui et sa famille ont un soutien important de la part de certaines tribus libyennes clés.

Dans son rôle de chef des services secrets, il aurait été à l’origine d’un complot visant à assassiner le roi Abdallah, lorsqu’il été prince héritier d’Arabie Saoudite en 2003.

En 1999, un tribunal français l’a reconnu coupable par contumace de complicité dans l’attentat à la bombe d’un avion au-dessus du Niger en 1989, tuant 170 personnes. Il aurait été le gestionnaire du seul homme reconnu coupable d’implication dans l’attentant de Lockerbie, Abdelbaset al-Megrahi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.