La Russie dénonce des attaques ukrainiennes contre son territoire

Cette photo prise le 25 décembre 2022 montre l'intérieur d'un appartement après le bombardement de la ville ukrainienne de Kherson, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
Cette photo prise le 25 décembre 2022 montre l'intérieur d'un appartement après le bombardement de la ville ukrainienne de Kherson, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 décembre 2022

La Russie dénonce des attaques ukrainiennes contre son territoire

  • Les services de sécurité russes (FSB) ont aussi affirmé avoir «éliminé» des «saboteurs» ukrainiens qui tentaient d'entrer depuis l'Ukraine dans la région russe de Briansk
  • Une vidéo, diffusée par l'agence de presse Ria-Novosti et attribuée au FSB, montre des cadavres ensanglantés, entourés d'armes et vêtus de tenues de camouflage hivernal

MOSCOU: La Russie a accusé lundi l'Ukraine d'attaquer son territoire, notamment en lançant un drone contre une base aérienne en territoire russe, à des centaines de kilomètres du front, deuxième opération du genre ce mois-ci.

Les services de sécurité russes (FSB) ont aussi affirmé avoir "éliminé" des "saboteurs" ukrainiens qui tentaient d'entrer depuis l'Ukraine dans la région russe de Briansk.

Les autorités ukrainiennes n'ont fait aucun commentaire, comme à leur habitude, sur ces deux incidents.

Selon les agences de presse russes, un drone ukrainien a été abattu alors qu'il s'approchait, dans la nuit, de la base d'Engels dans la région de Saratov, soit à quelque 600 km de l'Ukraine.

"À la suite de la chute de l'épave du drone, trois techniciens russes qui se trouvaient sur l'aérodrome ont été mortellement blessés", selon l'agence TASS citant le ministère de la Défense.

Ce bilan de trois soldats tués a été confirmé par le gouverneur régional, Roman Boussarguine, sur son compte Telegram.

Saboteurs ukrainiens «éliminés»

Le 6 décembre, cette même base d'Engels, qui abrite des bombardiers stratégiques russes, avait été visé par des drones ukrainiens, selon Moscou, témoignant de la capacité de certains appareils ukrainiens à tromper les défenses antiaériennes russes.

Le FSB a aussi affirmé lundi qu'un groupe de "saboteurs" ukrainiens avait tenté de pénétrer dimanche en territoire russe, dans la région de Briansk, frontalière de l'Ukraine, en possession d'armes et explosifs.

"A l'issue d'affrontements armés le 25 décembre, quatre saboteurs ont été éliminés", a indiqué le FSB, qui a également la charge de la protection des frontières.

Une vidéo, diffusée par l'agence de presse Ria-Novosti et attribuée au FSB, montre des cadavres ensanglantés, entourés d'armes et vêtus de tenues de camouflage hivernal.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de source indépendante.

Ces derniers mois, la Russie a accusé Kiev de nombreuses attaques contre des sites militaires et des infrastructures importantes.

L'attaque au camion piégé qui avait partiellement détruit le pont de Crimée, reliant cette péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014 au territoire russe, avait constitué début octobre un camouflet pour le Kremlin, qui enchaînait aussi les revers sur le champ de bataille.

Kiev n'a jamais confirmé son implication dans l'explosion sur ce viaduc, mais celle-ci a conduit Vladimir Poutine à multiplier les frappes contre l'infrastructure énergétique ukrainienne.

Aujourd'hui, des millions de civils doivent vivre, en plein hiver, avec seulement quelques heures d'électricité par jour. Une large part de la population est aussi confrontée à des coupures de chauffage urbain et d'eau courante.

Quelque neuf millions d'Ukrainiens sont restés lundi soir sans électricité, a ainsi affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Exclure Moscou de l'ONU

C'est dans ce contexte que l'Ukraine a appelé lundi à l'exclusion de la Russie de l'ONU.

"L'Ukraine appelle les Etats membres de l'ONU (...) à priver la Fédération de Russie de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et à l'exclure de l'ONU dans son ensemble", a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Dimanche, le président russe Vladimir Poutine avait une fois encore cherché à justifier son offensive militaire contre l'Ukraine qui dure depuis plus de 10 mois au prix de lourdes pertes.

Selon lui, l'Occident se servait de l'Ukraine comme d'une tête de pont pour menacer la Russie.

"Tout est basé sur la politique de nos adversaires géopolitiques, qui vise à diviser la Russie, la Russie historique", a dénoncé Vladimir Poutine, assurant vouloir "unir le peuple russe" qui comprend selon lui les Ukrainiens.

Selon lui, l'armée russe "agit dans la bonne direction", malgré un automne catastrophique pour Moscou, qui a vu des contre-offensives ukrainiennes reprendre au nord, à l'est et au sud des territoires occupés par les forces russes.

Les Ukrainiens ont surpris la Russie en résistant avec acharnement depuis 10 mois à l'armée russe. Les forces ukrainiennes ont aussi pu enchaîner les succès militaires depuis septembre grâce à une aide militaire et financière croissante de l'Occident.

«Sombre et difficile»

Pour Moscou, c'est la preuve qu'Européens et Américains sont engagés dans une guerre par procuration contre la Russie.

La semaine dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, quittant pour la première fois son pays depuis le début du conflit, s'est rendu à Washington, où son homologue américain Joe Biden lui a promis un système de défense antiaérienne Patriot et une nouvelle enveloppe de 45 milliards de dollars.

Faute de trêve pour les fêtes de fin d'année, bombardements et combats se poursuivaient toujours en Ukraine.

Ces derniers jours, la ville de Kherson, reconquise le 11 novembre par l'armée ukrainienne, a été particulièrement visée, avec notamment le bombardement samedi du centre-ville qui a tué 10 personnes.

Selon la présidence ukrainienne, des localités des alentours ont été frappées dimanche, mais sans faire de morts.

Revenant sur le bilan sanglant à Kherson, M. Zelensky a souligné que les Ukrainiens devaient "être conscient(s)" que la Russie s'efforçait de leur imposer une fin d'année "sombre et difficile".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.