L'adieu au Théâtre du Rond-Point de Jean-Michel Ribes, sa «plus belle histoire»

L'acteur, scénariste et directeur de théâtre français Jean-Michel Ribes pose lors d'une séance photo, à Paris, le 27 décembre 2022. (AFP).
L'acteur, scénariste et directeur de théâtre français Jean-Michel Ribes pose lors d'une séance photo, à Paris, le 27 décembre 2022. (AFP).
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Publié le Mercredi 28 décembre 2022

L'adieu au Théâtre du Rond-Point de Jean-Michel Ribes, sa «plus belle histoire»

  • Ce théâtre situé en bas de l'avenue des Champs-Elysées, proposant quelque 700 représentations sur trois scènes chaque année devant près de 170 000 spectateurs, est devenu un lieu culturel foisonnant, avec librairie et restaurant
  • «C'est la plus belle histoire de ma vie! J'ai vécu vingt ans de liberté au Rond-Point», confie Jean-Michel Ribes, «libertaire depuis toujours»

PARIS : "J'aurais bien continué, mais on m'a demandé de passer la main": à 76 ans, Jean-Michel Ribes laissera à la fin de l'année les commandes du Théâtre du Rond-Point à Paris, dont il a fait en deux décennies un haut lieu de l'impertinence.

Nommé en 2001, cet auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste, connu notamment du grand public pour les séries humoristiques "Merci Bernard !" et "Palace", s'était engagé à transformer le Théâtre du Rond-Point en lieu de création dédié aux auteurs contemporains et en particulier au "rire de résistance".

Vingt ans après, ce théâtre situé en bas de l'avenue des Champs-Elysées, proposant quelque 700 représentations sur trois scènes chaque année devant près de 170 000 spectateurs, est devenu un lieu culturel foisonnant, avec librairie et restaurant.

"C'est la plus belle histoire de ma vie! J'ai vécu vingt ans de liberté au Rond-Point", confie à l'AFP Jean-Michel Ribes, "libertaire depuis toujours". "La chance a été que nos envies ont rencontré le désir du public".

"Le rire de résistance est une arme pour lutter contre tous les intégrismes", estime M. Ribes qui a programmé des auteurs souvent caustiques, de Roland Topor à Christophe Alévêque, en passant par Roland Dubillard ou encore Patrick Timsit.

"J’ai été honoré d'être la cible de tous les intégrismes, dont les catholiques traditionalistes", lance-t-il.

«Un rire qui nous désenclave»

En 2015, Jean-Michel Ribes a gagné un procès pour "provocation à la haine" intenté par l'Alliance générale pour le respect de l'identité chrétienne qui lui reprochait d'avoir programmé une pièce du dramaturge hispano-argentin Rodrigo Garcia, présentant la Cène comme le dernier repas de l'humanité.

"Je suis contre la tyrannie des morales définitives. Le rire de la résistance est un rire qui nous désenclave", relève encore M. Ribes qui a reçu le Molière 2002 du meilleur spectacle comique pour "Théâtre sans animaux", série de saynètes "contre l'enfermement morose de la mesure".

Jean-Michel Ribes a fait aussi du Rond-Point un lieu de contestation civique, en organisant de nombreuses tables rondes.

En 2013, il avait invité le monde de la culture à se mobiliser "contre la haine" après des insultes racistes contre la garde des Sceaux Christiane Taubira. La même année, une grande soirée pour défendre le "mariage pour tous" était organisée avec Pierre Bergé.

"En vingt ans au Rond-Point, aucun des ministres de la Culture, ni des maires de Paris, ne m'a fait de reproches. Si ça avait été le cas, j'aurais rendu les clés dans la seconde", relève encore Jean-Michel Ribes.

"Notre plus grande fierté est d’être parvenus à offrir au public ce qu'il ne savait pas encore qu’il aimait", résumait Jean-Michel Ribes il y a quelques jours, lors de son discours d'adieu: "le rire de résistance au poing et la laïcité au cœur".

"J'ai confiance en mes deux successeurs pour maintenir l'ADN du Rond-Point", confie M. Ribes, remplacé par un duo formé par Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel (Monfort Théâtre).

Lui ne compte pas pour autant prendre sa retraite: "Je me remets sur le marché des auteurs!".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".