Royaume-Uni: les grèves reprennent de plus belle en janvier

Après avoir perturbé les fêtes, les grèves au Royaume-Uni, qui durent depuis six mois face à une sévère crise du coût de la vie, reprennent de plus belle en janvier. (AFP)
Après avoir perturbé les fêtes, les grèves au Royaume-Uni, qui durent depuis six mois face à une sévère crise du coût de la vie, reprennent de plus belle en janvier. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 04 janvier 2023

Royaume-Uni: les grèves reprennent de plus belle en janvier

  • RMT demande de meilleurs salaires face à l'inflation qui frôle 11% dans le pays, mais aussi des garanties sur les conditions de travail
  • Le syndicat accuse le gouvernement conservateur, qui veut réformer le secteur, de bloquer les négociations

LONDRES: Après avoir perturbé les fêtes, les grèves au Royaume-Uni, qui durent depuis six mois face à une sévère crise du coût de la vie, reprennent de plus belle en janvier: les cheminots ont prévu cinq jours de débrayages avec de "graves perturbations" des trains à la clé.

Quelque 40.000 cheminots, travaillant pour Network Rail, le gestionnaire public du réseau ferré, mais aussi 14 compagnies de train privées, observent quatre jours de grève à l'appel du syndicat RMT. Le syndicat de conducteurs de trains, Aslef, appelle à un jour supplémentaire de débrayage.

RMT, qui a lancé en juin la plus grosse grève en 30 ans dans le secteur, demande de meilleurs salaires face à l'inflation qui frôle 11% dans le pays, mais aussi des garanties sur les conditions de travail. Le syndicat accuse le gouvernement conservateur, qui veut réformer le secteur, de bloquer les négociations.

Network Rail a prévenu que de "graves perturbations" étaient attendues cette semaine sur plusieurs portions du réseau ferré, appelant les Britanniques à "ne voyager que si c'est absolument nécessaire".

Les grèves pour les salaires se sont multipliées dans de nombreux secteurs ces derniers mois au Royaume-Uni, touchant notamment la santé en décembre avec un débrayage des infirmières puis des ambulanciers, mais aussi les postiers ou encore les opérateurs des télécoms.

De nombreux mouvements se poursuivent en janvier, avec les ambulanciers à nouveau en grève les 11 et 23 et les infirmières qui débrayeront à nouveau le 18 pour deux jours, alors que le système de santé britannique, sous-financé depuis des années, est sous pression.

Plusieurs organisations de médecins ont alerté lundi sur la crise frappant les services d'urgence, où selon eux de nombreux patients meurent faute de soins adéquats ou à temps, appelant le gouvernement à répondre à la grogne sociale montante.

Les transports ont été perturbés au moment des fêtes par des grèves des cheminots mais aussi des agents de circulation sur les autoroutes britanniques, des agents de nettoyage dans les trains et de certains conducteurs de bus à Londres. La majorité de ces mouvements se poursuit en janvier.

Un mouvement de grève de la police aux frontières, qui s'est étendu sur huit jours fin décembre, a entraîné un déploiement de militaires dans plusieurs aéroports britanniques pour remplacer les agents grévistes.

Inflexible 

La vague de contestation qui frappe le pays est d'une ampleur inédite depuis des décennies. Le gouvernement reste inflexible face aux revendications des grévistes et envisage même de durcir la réglementation sur le droit de grève.

Le Premier ministre Rishi Sunak avait estimé fin décembre que la lutte contre l'inflation impliquait "d'être responsable lorsqu'il s'agit de fixer les salaires du secteur public" pour ne pas alimenter encore d'avantage les hausses de prix.

Selon un sondage YouGov publié fin décembre, deux tiers des Britanniques soutiennent les grèves des infirmières, 63% celle des ambulanciers. La grève dans le rail est moins populaire, soutenue par 43% des personnes interrogées.

"Les syndicats (du rail) ont décidé qu'ils voulaient faire grève cette semaine, ce qui est profondément inutile, nuit au secteur ferroviaire et aux intérêts des personnes qui y travaillent", a déclaré mardi sur Sky News le ministre des Transports Mark Harper.

Le ministre assure "travailler dur" à la résolution du conflit entre les entreprises ferroviaires et les syndicats, et indique qu'une offre est sur la table.

Mi-décembre, les adhérents des syndicats TSSA et Unite avaient voté en faveur d'une offre salariale améliorée de Network Rail prévoyant une hausse rétroactive minimale de 5% en 2022 et de 4% en 2023. Ils disaient n'avoir reçu aucune offre comparable des compagnies ferroviaires privées.

Pour le secrétaire général du RMT, Mick Lynch, l'exécutif "sape les efforts pour obtenir un accord", en imposant des conditions trop strictes aux négociateurs des compagnies ferroviaires. Les membres du RMT avaient rejeté en décembre une offre de Network Rail.

"Nous ne pouvons pas accepter la proposition actuelle. Nous avons besoin de nouveaux éléments dans l'équation pour parvenir à trouver des solutions", a déclaré M. Lynch, assurant qu'un accord "est possible dans les prochains jours" mais que le syndicat est prêt à poursuivre le mouvement aussi longtemps que nécessaire.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.