Après l'accord de paix, un Noël d'espoir pour les orthodoxes d'Ethiopie

Une foule participe ce samedi à la célébration de Genna, le Noël orthodoxe éthiopien (Photo, Reuters).
Une foule participe ce samedi à la célébration de Genna, le Noël orthodoxe éthiopien (Photo, Reuters).
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Publié le Dimanche 08 janvier 2023

Après l'accord de paix, un Noël d'espoir pour les orthodoxes d'Ethiopie

  • Deux mois après un accord de cessez-le-feu, Asme Mamo et une foule d'orthodoxes éthiopiens se sont pressés dans la ville de Lalibela pour célébrer Noël
  • Ces dernières années, la foule était bien plus clairsemée

ADDIS-ABEBA: "J'ai pu venir cette année parce qu'il y a la paix": deux mois après un accord de cessez-le-feu, Asme Mamo et une foule d'orthodoxes éthiopiens se sont pressés dans la ville de Lalibela pour célébrer Noël, animés par l'espoir d'une réconciliation tant attendue.

Après deux ans d'une guerre dévastatrice dans le nord de l'Ethiopie entre le gouvernement fédéral et les rebelles de la région du Tigré, le plus grand site chrétien d'Afrique a renoué avec l'effervescence et la ferveur des grandes fêtes religieuses.

Une marée blanche de dizaines de milliers de fidèles de tous âges, drapés dans leurs "netela" (châle couvrant tête et épaules) immaculés, a envahi la ville qui abrite des églises du XIIe et XIIIe siècles taillées dans le roc et classées au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Ces dernières années, la foule était bien plus clairsemée. Cette ville de la région Amhara n'est située qu'à une quarantaine de kilomètres à vol d'oiseau du Tigré, où un conflit a débuté en novembre 2020 entre gouvernement et rebelles, se propageant un temps aux régions voisines.

Lalibela a été durant plusieurs mois au coeur d'une lutte acharnée, changeant de camp à quatre reprises.

Prise par les rebelles tigréens lors d'une offensive mi-2021, elle a été reconquise par les forces progouvernementales le 1er décembre 2021 avant de retomber aux mains des combattants tigréens une dizaine de jours plus tard. Ces derniers la quitteront finalement fin décembre, après avoir annoncé leur repli au Tigré.

Un accord de paix a finalement été signé le 2 novembre dernier à Pretoria, mettant fin aux combats et permettant une reprise progressive de l'acheminement d'aide humanitaire et une restauration de services de base (électricité, banque, transports...).

"Je voulais venir l'an dernier mais je ne pouvais pas à cause de la guerre", explique Asme Mamo, arrivé du Wolkait, région de l'ouest du Tigré disputée entre les ethnies amhara et tigréenne.

Une foule jamais vue
"Je ne m'attendais pas à ce que tant de personnes soient présentes", s'étonne ce professeur de sciences de 30 ans d'origine amhara.

L'accord de Pretoria a permis une reprise de la circulation dans le nord de l'Ethiopie.

Asme Mamo est venu en bus avec la communauté religieuse de son village du Tigré occidental. D'autres fidèles sont venus à pied des villages environnants, en voiture de toute la région, ou en avion de la capitale Addis Abeba et de l'étranger (Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne...).

L'ambiance de retrouvailles est "particulière", confie-t-il: "Mêmes les salutations sont uniques parce que les gens se sont manqués (...) Tout le monde est enthousiasmé par la paix".

Grand prêtre à Lalibela, Kengeta Belay se dit "submergé" par une "joie sans limite".

"Cela fait plus de 40 ans que j'assiste aux festivités (de Noël, ndlr). Je suis né, j'ai grandi ici et je suis devenu prêtre. La célébration de cette année est la plus grande affluence de pèlerins que j'aie jamais vue", sourit l'ecclésiastique de 55 ans, à quelques minutes du début d'une nuit de cérémonie.

Atmosphère paisible
Massés à l'intérieur et autour de cet unique complexe d'églises excavées, mais aussi sur les collines alentour et jusque dans les arbres, les fidèles ont chanté, prié, mangé, dormi, discuté des heures durant, à la lueur des bougies.

Jusqu'au milieu de la matinée, chants, psalmodies et youyous se sont élevés du pied de l'église Bete Mariam ("maison de Marie"), plus ancienne des onze églises rupestres et coeur de la cérémonie de "Genna" - nom de Noël en langue amharique.

Les yeux fermés, la tête penchée sur son bâton de prière, Bethlehem savoure "une atmosphère paisible et joyeuse, qui rend (la célébration) unique".

"Notre pays était instable ces dernières années, il y avait la guerre. Grâce à Dieu, tout ceci est passé", explique cette jeune banquière d'Addis Abeba, qui ne veut pas donner son nom de famille, ni son âge.

"Aujourd'hui, je suis témoin que la paix vaut plus que tout. Ma prière et mon souhait sont que Dieu nous accorde la liberté, à mon pays, à moi-même, à nous tous".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.