Syrie: le mécanisme d'aide transfrontalière prolongé de six mois

Une vue aérienne montre des camions transportant des colis d'aide du Programme alimentaire mondial traversant la ville d'Idleb, tenue par les rebelles, dans le nord-ouest de la Syrie, le 8 janvier 2023. (Photo, AFP)
Une vue aérienne montre des camions transportant des colis d'aide du Programme alimentaire mondial traversant la ville d'Idleb, tenue par les rebelles, dans le nord-ouest de la Syrie, le 8 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 09 janvier 2023

Syrie: le mécanisme d'aide transfrontalière prolongé de six mois

  • La résolution adoptée à l'unanimité étend jusqu'au 10 juillet 2023 le mécanisme qui permet d'acheminer de l'aide depuis la Turquie
  • Le mécanisme, qui expirait mardi, avait été renouvelé en juillet dernier également pour seulement six mois, une durée imposée par Moscou, allié de M. Assad

NATIONS UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour six mois le mécanisme d'aide transfrontalier vital pour des millions de personnes en Syrie, un soulagement pour les humanitaires qui espéraient toutefois, comme certains Etats, une prolongation plus durable.

La résolution adoptée à l'unanimité étend jusqu'au 10 juillet 2023 le mécanisme qui permet d'acheminer de l'aide depuis la Turquie, uniquement par le point de passage de Bab al-Hawa, aux régions sous contrôle de groupes jihadistes et rebelles dans la province d'Idleb et ses environs, sans passer par le régime syrien de Bachar Al-Assad.

C'est "une bouée de sauvetage indispensable pour 4,1 millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie", a commenté lundi le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Surtout "à un moment où les besoins humanitaires ont atteint leur niveau le plus haut depuis le début du conflit en 2011, avec une population en Syrie aux prises avec un hiver rude et une épidémie de choléra", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le mécanisme, qui expirait mardi, avait été renouvelé en juillet dernier également pour seulement six mois, une durée imposée par Moscou, allié de M. Assad.

La Russie veut que l'aide transite exclusivement par les régions sous contrôle du régime et non par le point de passage de Bab al-Hawa, qui assure plus de 80% des besoins de la population des zones jihadistes.

Mais les ONG estiment qu'on ne peut faire confiance au régime pour que l'aide soit distribuée équitablement dans les zones qui échappent à son contrôle.

«Outil politique»

Le vote favorable de la Russie lundi "ne change pas notre position de principe sur le mécanisme", a commenté l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia, réclamant le "respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie". Il a également noté qu'il n'y aurait pas de renouvellement de six mois en juillet sans "changement fondamental" de l'approche du Conseil en matière d'aide humanitaire à la Syrie.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont au contraire souligné leur soutien à une prolongation du mécanisme pour un an.

"Les acteurs humanitaires auraient eu besoin d'un mandat d'au moins 12 mois et de l'ouverture d'un second point de passage pour assurer un acheminement plus satisfaisant de l'aide humanitaire au bénéfice des populations", a déclaré l'ambassadeur français Nicolas de Rivière.

"Soyons honnêtes avec nous-mêmes: cette résolution est le strict minimum", a souligné l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield, réclamant un "renforcement" du mécanisme pour atteindre plus de gens.

"Ce vote crucial sur la Syrie est devenu un outil de négociation politique", avait déploré de son côté avant le vote le chef de mission de Médecins sans frontières pour la Syrie, Francisco Otero y Villar.

Selon l'ONU, le mécanisme a permis la livraison d'aide vitale à environ 2,7 millions de personnes par mois en 2022.

Aujourd'hui, 90% de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté et 12,4 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire, selon l'ONU.

«Catastrophe médicale»

En 2014, l'aide pouvait parvenir à la Syrie par quatre passages frontaliers, mais après des années de pression de Pékin et Moscou, seul le poste de Bab-al-Hawa est resté opérationnel.

"Bien que nous soyons contents que l'aide soit garantie pour l'hiver", la prolongation à nouveau pour six mois "signifie que la certitude d'aujourd'hui va une nouvelle fois être de courte durée", a commenté dans un communiqué David Miliband, chef du Comité international de secours.

Plusieurs agences de l'ONU avaient souligné il y a quelques jours que la durée de six mois décidée en juillet avait réduit les capacités d'action en alourdissant les coûts et les défis logistiques et opérationnels.

La guerre déclenchée en 2011 en Syrie a morcelé le pays. Le régime a repris la majorité du territoire, les forces kurdes contrôlent de vastes régions du nord et nord-est et environ la moitié de la province d'Idleb et des secteurs limitrophes sont dominés par les jihadistes.

Dimanche, des professionnels de la santé ont organisé un sit-in dans la région d'Idleb pour exiger le renouvellement du mécanisme.

Une fermeture de la frontière serait "une catastrophe médicale" qui mettrait 41 centres de santé hors service et les médicaments de base pour les maladies chroniques ne seraient plus disponibles, avait déclaré à l'AFP lors du sit-in Houssam Korra Mohamed, un responsable des services de santé d'Idleb.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.