Les relations commerciales entre les États-Unis et le Golfe sont prêtes pour un nouveau chapitre

Le président élu américain Joe Biden a déclaré qu'il souhaitait travailler avec des alliés partageant les mêmes idées pour définir les règles du commerce mondial plutôt que de poursuivre une approche unilatérale. (AFP)
Le président élu américain Joe Biden a déclaré qu'il souhaitait travailler avec des alliés partageant les mêmes idées pour définir les règles du commerce mondial plutôt que de poursuivre une approche unilatérale. (AFP)
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Publié le Vendredi 20 novembre 2020

Les relations commerciales entre les États-Unis et le Golfe sont prêtes pour un nouveau chapitre

  • La coopération énergétique ouvre la voie à des liens plus solides alors que Washington adopte une stratégie multilatérale
  • Tant le Golfe que les États-Unis, un fournisseur de plus en plus important de pétrole de schiste dans le monde, ont un intérêt direct et mutuel à assurer la stabilité du marché pétrolier

LONDRES :  La nouvelle administration Biden à Washington est sur le point d'annoncer un nouveau chapitre des relations commerciales entre les États-Unis et le Golfe – ainsi qu'avec la plus grande économie de la région.

Ces derniers jours, de nombreux analystes ont spéculé sur les différences entre la manière dont les États-Unis dirigés par Biden et Trump interagiront avec les États du Golfe exportateurs de pétrole et l'Arabie saoudite, l'économie régionale dominante.

Pourtant, si différentes administrations ont eu des priorités politiques différentes dans la région, la relation globale est restée forte au fil des décennies. Des générations de jeunes Saoudiens ont voyagé dans des universités à travers les États-Unis, tandis que des générations d'Américains sont venues travailler dans le Royaume – beaucoup d'entre eux étant employés dans les secteurs clés du pétrole et de la pétrochimie.

« Sur le plan politique, les deux parties sont d'accord sur la plupart des problèmes régionaux et internationaux et cela devrait se poursuivre », écrit Abdel Aziz Aluwaisheg, secrétaire général adjoint du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour les affaires politiques et les négociations.

« La coopération énergétique est désormais plus productive et plus équitable, car les deux parties sont du même côté de la table que les principaux producteurs de pétrole et de gaz. »

En effet, tant le Golfe que les États-Unis, un fournisseur de plus en plus important de pétrole de schiste dans le monde, ont un intérêt direct et mutuel à assurer la stabilité du marché pétrolier. Cela deviendra particulièrement important dans l'année à venir, car la demande commencera à se redresser avec une reprise attendue de l'activité économique qui suivra probablement l'arrivée de nouveaux vaccins.

Au-delà du pétrole, les États-Unis ont renforcé leur position commerciale dans le monde arabe ces dernières années avec des données analysées par la Chambre de commerce nationale américano-arabe des États-Unis (NUSACC) montrant que les exportations de marchandises américaines vers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (Mena) ont augmenté en 2019 à 62,64 milliards de dollars, en hausse d'environ 4 % par rapport à l'année précédente.

C'était la première fois depuis 2014 que les ventes de produits américains à la région Mena rebondissaient.

Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite demeurent les principales destinations des produits américains dans le monde arabe, selon les données commerciales américaines. Les deux représentaient plus de la moitié du total des marchandises américaines exportées vers la région Mena l'année dernière.

Les exportations de produits américains vers la région Mena ont augmenté en 2019 pour atteindre 62,64 milliards de dollars, en hausse d'environ 4 % par rapport à l'année précédente.

« Après plusieurs années de baisse des ventes dans la région Mena, les exportations de marchandises américaines ont rebondi en 2019 », a déclaré David Hamod, président du NUSACC, dans un communiqué plus tôt cette année. « C'est une excellente nouvelle pour les fabricants, agriculteurs, éleveurs et autres innovateurs américains, dont les carnets de commandes ont souffert sur les principaux marchés du monde. Le monde arabe reste une destination forte pour les exportateurs américains. »

La nouvelle administration Biden fait suite à une présidence Trump fortement définie par une guerre commerciale avec la Chine qui a causé des dommages collatéraux dans le monde entier y compris dans le monde arabe.

L'espoir de nombreux États de la région qui risquent de perdre en raison des tensions persistantes entre ces deux grandes puissances est qu'il y aura une sorte de rapprochement qui répare les relations entre Pékin et Washington.

Mais rien n'indique à ce jour qu'il y aura un changement radical dans la politique de lutte agressive contre l'écart commercial avec la Chine.

« Je pense que le président Biden va être dur avec la Chine – mais peut-être d’une manière différente », a déclaré plus tôt cette semaine Stephen Lamar, PDG de l'American Apparel & Footwear Association.

Le président élu Joe Biden a déclaré qu'il travaillerait avec les alliés des États-Unis pour fixer les règles du commerce mondial.

Cela peut représenter l'une des différences de style les plus importantes entre les deux administrations.

Alors que la politique commerciale du président Trump était unilatérale dans son approche de la Chine et dans une moindre mesure de l'Union européenne (UE), Biden souhaite poursuivre une approche multilatérale en alignant des alliés partageant les mêmes idées pour contrer l'influence croissante de la Chine sur la scène mondiale.

Cette stratégie pourrait avoir des implications importantes sur la manière dont le commerce américain avec la région sera défini dans les années à venir.

L’une des premières grandes annonces de Trump peu de temps après son entrée en fonction a été de se retirer du Partenariat transpacifique (PTP) qui avait initialement été lancé par l’administration Obama.

Moins de quatre ans plus tard, 15 pays d’Asie-Pacifique, dont la Chine, viennent de signer le Partenariat économique global régional (RCEP) – en fait le plus grand accord commercial du monde.

Couvrant près d'un tiers de la population de la planète, l'accord de grande envergure exigera une réponse majeure de la part des États-Unis.

« Nous représentons 25 % de la capacité commerciale mondiale, de l’économie mondiale. Nous devons être alignés sur les autres démocraties – encore 25 % ou plus – de pouvoir fixer les règles de la route », a déclaré Biden.

L'alternative serait que « la Chine et d'autres pays dictent les résultats parce qu'ils sont la seul option », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.