Colette, la modernité en héritage

Cette photo d'archive publiée en janvier 1950 montre l'écrivaine française Colette (C) entourée (de gauche à droite) d'Alexandre Arnoux, André Billy, Gérard Bauer, Philippe Heriat, Armand Salacrou et Francis Carco (assis à droite), au restaurant Drouant où le jury discute du lauréat du prix Goncourt. (AFP).
Cette photo d'archive publiée en janvier 1950 montre l'écrivaine française Colette (C) entourée (de gauche à droite) d'Alexandre Arnoux, André Billy, Gérard Bauer, Philippe Heriat, Armand Salacrou et Francis Carco (assis à droite), au restaurant Drouant où le jury discute du lauréat du prix Goncourt. (AFP).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

Colette, la modernité en héritage

  • Romancière, journaliste, comédienne... Colette, qui a eu trois maris et de nombreux amants, n'a eu de cesse de clamer sa liberté
  • «Il y a chez Colette une grande habilité», abonde Kathleen Antonioli, qui rappelle que l'autrice, contrairement à Marcel Proust ou Gustave Flaubert, avait «besoin de l'argent de ses livres» pour assurer son indépendance

PARIS : Des textes qui n'ont pas pris une ride: commencée au début du XXe siècle, l’œuvre de la romancière française Colette, empreinte d'héroïnes en quête d'émancipation, résonne "plus que jamais avec notre époque"... 150 ans après sa naissance.

"Plus on la relit, plus on est persuadé de cette atemporalité et surtout de sa modernité", assure auprès de l'AFP Dominique Bréchemier, professeure de Lettres et membre de la Société des amis de Colette.

Ce cercle littéraire - qui compte plus de membres que celui du célèbre écrivain français Marcel Proust, comme il tient à le souligner - regrettait début janvier qu'aucune exposition d'ampleur ne lui soit consacrée à Paris ou dans une grande ville de France à l'heure de fêter l'anniversaire de sa naissance.

Relations mère-fille, maternité, ... et même ménopause : les écrits avant-gardistes de Colette "résonnent plus que jamais avec notre époque", souligne auprès de l'AFP Diana Holmes, professeure de français à l’Université de Leeds (Royaume-Uni).

Signe de cette atemporalité ? Deux textes de l'écrivaine, décédée en 1954 à Paris, seront pour la première fois au programme du baccalauréat cette année : "Sido" (1930), récit autobiographique sur sa mère et "Les Vrilles de la vigne" (1908) où elle revient sur le village de son enfance.

Transgressive

Dans le monde anglo-saxon, où elle est étudiée depuis les années 1970 dans les cours de français et d'études féministes, deux nouvelles traductions de ses romans "Chéri" (1920) - sans doute le plus connu -  et "La Fin de chéri" (1926) ont été récemment publiés.

Pourtant, l’œuvre de Colette - née Sidonie-Gabrielle Colette le 28 janvier 1873 en Bourgogne - est relativement tombée dans l'oubli en France ces dernières années, même si l'écrivaine a été la première femme à avoir reçu des funérailles nationales.

Romancière, journaliste, comédienne... Colette, qui a eu trois maris et de nombreux amants, n'a eu de cesse de clamer sa liberté.

Ses premiers écrits, la collection des Claudine, initiée par "Claudine à l'école" (1900), elle ne les signe pas sous son nom mais sous celui de son premier mari, Henry Gauthier-Villars, dit Willy. Le cycle prend fin avec "La retraite sentimentale" (1907) qu'elle signe Colette Willy.

A l'étranger, ses livres, qui sont largement inspirés de sa vie, sont connus grâce au 7e art qui s'est, à plusieurs reprises, emparé de l’œuvre de la femme de lettres.

Le premier est un classique du cinéma américain : "Gigi" (1958) de Vincente Minnelli, adaptation de sa nouvelle éponyme, qui a reçu neuf Oscars. En 2009 sort "Chéri", autre adaptation avec Michelle Pfeiffer.

Antiféministe ?

C'est le film "Colette" avec Keira Knightley qui permet de toucher davantage de nouvelles audiences. "Pour le public anglo-saxon, c'est la vie de Colette qui intéresse", assure Kathleen Antonioli, professeure associée à la Kansas State University.

"Ce qui fascine, c'est son histoire, sa vie haute en couleur faite de transgressions", complète Diana Holmes. A chaque fois, l'aspect féministe de l’œuvre et de la vie de Colette est mis en avant.

Un terme qu'elle a pourtant rejeté, estimant, dans une phrase passée à la postérité, que les suffragettes méritaient "le fouet et le harem".

Alors, plutôt féministe ou antiféministe ? "Elle n'aura eu de cesse au cours de sa vie de poser des actes pour la liberté des femmes. Laissons lui sa part de complexité", plaide Dominique Bréchemier.

Pour Diana Holmes, ce positionnement antiféministe, relève davantage de la "posture" que d'une prise de position sincère. "Cela faisait partie de son image publique", insiste-t-elle.

"Il y a chez Colette une grande habilité", abonde Kathleen Antonioli, qui rappelle que l'autrice, contrairement à Marcel Proust ou Gustave Flaubert, avait "besoin de l'argent de ses livres" pour assurer son indépendance.

"C'est quelqu'un qui avait conscience que son image était devenue une marque qu'il fallait protéger".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".