Le frère d’une victime de l’explosion du port de Beyrouth libéré après un tollé de protestations

 le militant libanais William Noun (au centre), dont le frère a été tué dans l'explosion massive du port de Beyrouth en août 2020 (Photo, AFP).
le militant libanais William Noun (au centre), dont le frère a été tué dans l'explosion massive du port de Beyrouth en août 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 15 janvier 2023

Le frère d’une victime de l’explosion du port de Beyrouth libéré après un tollé de protestations

  • Les familles protestataires se joignent au concert de condamnations pour la détention «insensée»
  • Le député Bilal Abdallah a déclaré que «l'État s'est transformé en État policier quant à l'explosion du port et la façon dont les familles des victimes sont traitées»

 BEYROUTH: Les familles des victimes de l'explosion du port de Beyrouth ont bloqué les routes de Beyrouth et de Jbeil samedi pour protester contre l'arrestation de leur porte-parole, William Noun, par l'agence de sécurité nationale du Liban.

La pression exercée par les manifestants, les politiciens et les militants a conduit à sa libération après 24 heures de détention.

Noun a été arrêté après une déclaration télévisée jeudi dernier dans laquelle il s'indignait de l'obstruction de l'enquête sur l'explosion du port en 2020 qui a coûté la vie à son frère pompier.

L'explosion massive, déclenchée par l'explosion d'une grande quantité de nitrate d'ammonium stockée dans un entrepôt, a fait au moins 218 morts et causé jusqu'à 15 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,92 euro) de dégâts matériels.

Dans sa déclaration, Noun a critiqué la tentative de nommer un juge suppléant pour le juge enquêteur Tarek Bitar, qui a été retiré de l'affaire il y a un an, tout en menaçant de «faire sauter le Palais de justice».

Son arrestation était basée sur un avis judiciaire émis par le procureur général de Beyrouth, le juge Zaher Hamadeh.

La maison de Noun a également été perquisitionnée par le personnel de la sécurité d'État à la recherche de matériel explosif.

Un observateur politique a déclaré à Arab News que Hamadeh s'est vanté de ses liens avec le Hezbollah et le Mouvement Amal.

Hamadeh était un juge enquêteur dans l'affaire de la disparition de l'imam Moussa al-Sadr et a été présenté comme un remplaçant possible de Bitar dans l'enquête sur l'explosion du port, selon l’observateur.

Ni le président du Conseil supérieur de la magistrature, Souheil Abboud, ni le procureur général, Ghassan Ouweidat, n'ont assisté à la réunion du Conseil qui a eu lieu ce samedi.

Dans une déclaration, les personnes présentes dans la réunion ont défendu la décision de Hamadeh d'arrêter Noun et ont condamné ce qu'elles ont décrit comme «une attaque contre le travail et la dignité du juge».

Les familles des victimes se sont rassemblées devant le siège de la sûreté de l'État, jurant de rester jusqu'à ce que Noun soit libéré.

Le député Melhem Khalaf, ancien président de l'Association du Barreau, s'est joint aux manifestants, affirmant que les propos de Noun «étaient le résultat de son chagrin et qu'il ne le pensait pas vraiment».

La mère de Noun, qui a rendu visite à son fils pendant sa détention, a déclaré: «William se porte bien et il est solide».

Elle a ajouté, les larmes aux yeux: «Est-ce ainsi qu'ils traitent les parents qui ont perdu leurs enfants? J'ai enterré mon premier fils et maintenant mon deuxième fils est détenu. Pourquoi? Sommes-nous les responsables de l'explosion? Sommes-nous les criminels? Si les juges avaient perdu leurs enfants, comment auraient-ils traité l'affaire?» 

Les habitants de Jbeil, lieu de naissance de Noun, sont descendus dans la rue vendredi pour protester contre sa détention.

Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et les forces de sécurité, qui sont intervenues pour ouvrir les routes.

Les familles des victimes de l'explosion du port ont affirmé que Noun a été «attiré dans un piège tendu par le système judiciaire corrompu et défaillant».

Sa détention est une tentative «d'effrayer et de subjuguer les familles des victimes, afin de les décourager et de saper leur détermination à découvrir la vérité».

L'ancien premier ministre Fouad Siniora a décrit la détention de Noun comme «un acte insensé et honteux».

Il a appelé à l'achèvement de l'enquête et à l'arrestation des «véritables criminels responsables des décès causés par l’explosion du port».

Elias Bou Saab, vice-président du Parlement, a décrit la détention de Noun «de cette manière scandaleuse comme une idiotie douteuse faite à des fins malveillantes», tandis que l'ancien ministre du Travail Camille Abou Sleiman a déclaré que l'arrestation était «une blague et une insolence».

Le député Bilal Abdallah a déclaré que «l'État s'est transformé en État policier quant à l'explosion du port et la façon dont les familles des victimes sont traitées».

Samy Gemayel, chef du parti Kataëb, a déclaré: «Le fait qu'ils inversent les rôles et transforment les familles des victimes en criminels signifie que nous avons atteint les derniers chapitres de la loi de la jungle.»

Le juge d'instruction chargé de l'affaire de l'explosion du port de Beyrouth a fait face à des demandes de révocation après avoir délivré une série d'assignations à comparaître contre des hommes politiques et des membres du personnel de sécurité.

Les suspects cités à comparaître, dont des députés affiliés au Mouvement Amal, ont refusé d'être interrogés.

Les partisans du Hezbollah et du Mouvement Amal sont descendus dans la rue pour protester contre les décisions de Bitar. Cela a donné lieu à un affrontement sanglant qui a entravé l'enquête il y a plus d'un an.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.