France: grève jeudi contre la réforme des retraites voulue par Macron

Dans cette photo d'archive prise le 16 décembre 2019, des voyageurs marchent sur un quai de la gare Saint-Lazare à Paris, lors d'une grève de l'opérateur de transports publics parisiens RATP et des employés de la SNCF au sujet du plan du gouvernement français de refondre le système de retraite du pays. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 16 décembre 2019, des voyageurs marchent sur un quai de la gare Saint-Lazare à Paris, lors d'une grève de l'opérateur de transports publics parisiens RATP et des employés de la SNCF au sujet du plan du gouvernement français de refondre le système de retraite du pays. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

France: grève jeudi contre la réforme des retraites voulue par Macron

  • Manifestations, écoles fermées et trains au compte-goutte: la France s'apprête à vivre une journée mouvementée.
  • Unis pour la première fois depuis douze ans, les syndicats prévoient des rassemblements dans plus de 200 villes et espèrent une mobilisation "massive" dépassant "le million" de manifestants.

PARIS : Entre trains à l'arrêt et écoles fermées, la France se prépare à une journée de grèves massives jeudi contre une réforme des retraites sur laquelle le président Emmanuel Macron joue sa capacité à impulser des changements, et plus largement son crédit politique dans un pays fracturé.

Le projet et sa mesure phare de report de l'âge de départ à 64 ans contre 62 aujourd'hui se heurte à un front syndical uni et une large désapprobation dans l'opinion selon les sondages.

Sur le plan politique la partie est serrée pour un gouvernement qui ne dispose que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale. La gauche et l'extrême droite y sont farouchement opposées, seule l'opposition de droite classique offrant une possibilité de compromis.

Plus de 10 000 policiers et gendarmes, dont 3 500 à Paris, seront mobilisés pour assurer la sécurité des manifestations, a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le ministre a ajouté que les autorités s'attendaient à la venue à Paris d'"un petit millier" de manifestants "qui pourraient être violents", citant des "ultragauche" ou des "ultrajaunes" -référence aux membres les plus radicaux du mouvement de révolte sociale et antifiscal des "gilets jaunes" qui a secoué la France en 2018/2019.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a appelé de son côté à ne pas transformer la mobilisation "en blocage" du pays.

"Ce sera un jeudi de galère. (...). Ce sera un jeudi de fortes perturbations dans les transports", a estimé le ministre délégué aux Transports Clément Beaune, en appelant les usagers à différer leurs déplacements ou à télétravailler quand ils le peuvent.

L'aviation civile a demandé aux compagnies aériennes d'annuler préventivement un vol sur cinq à l'aéroport de Paris-Orly jeudi, en raison d'une grève de contrôleurs aériens.

Côté rail, la compagnie nationale SNCF prévoit une circulation "très fortement perturbée" avec un train grande vitesse (TGV) sur trois, voire un sur cinq selon les lignes, et à peine un train régional sur dix en moyenne.

Retarder l'âge de départ en retraite peut-il nuire à l'emploi des jeunes?

Le report de l'âge légal de départ en retraite peut-il avoir un impact sur l'emploi des jeunes? Pas si simple répondent des économistes, car il n'y a pas de lien "mécanique" sur le marché du travail entre ces deux catégories.

L'argument a notamment été avancé par des jeunes et des représentants syndicaux avec l'idée qu'avec la réforme, "si les anciens travaillent plus longtemps, plus de jeunes seront privés d'emploi".

L'exécutif mise sur la réforme, avec le report de l'âge de départ à 64 ans, pour augmenter l'emploi des seniors qui est sous la moyenne européenne. Dans le même temps, chaque année 700.000 jeunes entrent sur le marché du travail.

Mais pour l'économiste Rachel Silvera "il faut faire très attention" en liant les deux sujets "car en général c’est un calcul un peu fictif. Mécaniquement, ce n’est pas un emploi senior libéré pour un emploi de jeune créé, on le sait très bien".

Ce lien "revient souvent dans les discussions sur les retraites dans tous les pays. C’est un peu le réflexe mécanique", constate de son côté Andrea Garnero, économiste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais la question a été "évaluée" par les chercheurs, dit-il à l'AFP et "on voit que ce n’est pas le cas".

En 2016, le Conseil d'orientation des retraites (COR) s'était notamment penché sur cette question et avait estimé que la hausse de l'emploi des seniors ne nuisait pas à l'emploi des jeunes.

Les différentes études, que l'instance avait passées en revue, plaidaient plutôt en faveur d'"une complémentarité entre emploi des seniors et insertion des jeunes", avec des évolutions des taux de chômage allant "plutôt dans le même sens, essentiellement en lien avec la conjoncture économique".

Ces dernières années, avec un marché du travail très dynamique, les taux d'emploi des

seniors comme des jeunes ont progressé, atteignant en 2021 56% pour les 55-64 ans (contre 38% en 2008) et 32,2% pour les 15-24 ans, plus haut niveau depuis 1992, mais progressant moins vite que les seniors.

«Pas un gâteau qu'on partage»

M. Garnero pointe une forme de "malentendu sur le fonctionnement du marché du travail" perçu comme "une sorte de boîte fermée où il y a un nombre fixe d’emplois", alors qu’il est "beaucoup plus dynamique" avec des entrées, des sorties...

Il signale "une autre erreur considérable: on pense qu’une personne âgée qui part est remplacée pour faire le même travail. Or les seniors et les jeunes ne font pas le même travail, n’ont pas les mêmes compétences, et souvent les entreprises utilisent les départs à la retraite pour repenser le poste".

Pour expliquer qu'un départ ne se remplace pas si facilement, s'ajoutent des questions d'attractivité des métiers (conditions de travail, salaires) et de formation.

"Le marché du travail se recompose en permanence" et on ne peut pas raisonner "comme si il y avait une quantité de travail donnée qui, lorsqu’on en donne plus aux seniors, pénalise les jeunes", abonde l'économiste et député Renaissance Marc Ferracci. "Ce n’est pas la bonne représentation du marché du travail" qui n’est "pas un gâteau qu’on partage".

Éric Heyer, économiste à l'OFCE, note pour sa part que la réforme des retraites est "un choc d’offre" proposant "d'un coup" de travailler plus longtemps.

"Les entreprises déclarent massivement avoir des difficultés de recrutement", donc on peut se dire qu’"une réponse" pourrait être apportée par cette réforme, dit-il.

"La question c’est, est-ce que les entreprises ont besoin de ce volume horaire supplémentaire ou pas? Imaginons qu’elles n’en aient pas besoin (avec une dégradation de la situation économique, ndlr). Il y aura du coup un effet sur l’emploi de certaines catégories" et donc "au bout du bout, un peu aussi sur les jeunes".

«Risque de saturation»

Le métro parisien sera également très réduit, avec trois lignes fermées, dix autres ouvertes "uniquement aux heures de pointe" et un "risque de saturation" sur les trois dernières, selon la régie des transports parisiens RATP.

Pas facile donc de se déplacer dans la capitale, y compris pour les spectateurs voulant assister au match de NBA délocalisé dans la grande salle de Paris-Bercy entre les mythiques équipes américaines des Detroit Pistons et des Chicago Bulls.

"J'espère que ça ne durera pas, surtout", a ajouté M. Beaune.

A l'adresse des automobilistes qui redoutent une pénurie de carburant en raison d'arrêts de travail dans les raffineries, le ministre  a estimé qu'il "ne faut pas prendre de mesures de précaution" car il n'y a actuellement aucun blocage.

Dans la pratique, certaines stations sont déjà à sec en raison du nombre d'automobilistes faisant le plein au cas où le carburant viendrait à manquer.

Des grèves, qui pourraient être reconductibles, sont également prévues dans le secteur électrique, avec de possibles baisses de production.

Beaucoup devront garder leurs enfants, car 70% des enseignants du primaire seront en grève et de nombreuses écoles entièrement fermées - "au moins un tiers" à Paris - d'après leur principal syndicat.

 

Retraites: Energie, attention, secteur en tension

"Le climat social s'est tendu": les agents de l'électricité et du gaz entendent mener "bataille" contre le projet de réforme des retraites, une lutte qui s'annonce âpre alors que des conflits durs, parfois lourdement sanctionnés, ont émaillé ces derniers mois la vie des entreprises du secteur.

Dernier épisode en date: la menace brandie par la CGT énergie de couper le courant des élus qui soutiendraient cette réforme.

"On va aller les voir dans leurs permanences, on va aller discuter avec eux, et puis si d'aventure ils ne comprennent pas le monde du travail, on les ciblera dans les coupures qu'on saura organiser", a déclaré lundi le secrétaire général de la CGT énergie Sébastien Ménesplier, suscitant l'indignation d'élus de droite.

Dans le secteur, dominé par les géants EDF et Engie, cela fait de nombreux mois que le climat se tend.

Cette tension a atteint son paroxysme avec le placement en garde à vue début octobre de quatre agents du gestionnaire des lignes à haute tension RTE, dans les locaux des services anti-terroristes de la DGSI.

Ces agents sont soupçonnés d'interventions frauduleuses sur le réseau électrique en juin et juillet derniers. Licenciés, ils sont convoqués le 28 février devant le tribunal correctionnel de Paris.

"Criminalisation du droit de grève", accuse la CGT, dont le secrétaire général Philippe Martinez a interpellé la Première ministre Elisabeth Borne.

RTE, qui se défend d'avoir voulu faire un exemple, dénonce de son côté une "réelle intention de nuire" à l'entreprise, outrepassant le droit de grève.

D'autres conflits ont fini devant la justice: la CGT Energie Paris a déposé deux plaintes contre X, en juillet et décembre, arguant avoir découvert des caméras utilisées pour "espionner" les salariés, respectivement de GRDF et d'Enedis. Des accusations réfutées par Enedis, alors que GRDF évoque une caméra "entre deux sites".

Si l'inflation a contribué à échauffer les esprits, la dégradation du climat vient de loin, à en croire Stéphane Sirot, historien spécialiste des syndicats, professeur à Cergy-Pontoise, qui la fait remonter à "la libéralisation du marché" de l'énergie dès les années 2000 et au recul consécutif d'une certaine culture du compromis.

Une gestion qui s'aligne sur le privé

A l'origine, "le système EDF, c'est ces relations tripartites, Etat, direction de l'entreprise et organisation syndicale majoritaire. Puis tout ça a implosé, avec la libéralisation, avec par ailleurs la perte d'influence de la CGT, les choix libéraux faits dans le secteur énergétique, la politique européenne, etc." souligne M. Sirot.

Face à un mode de gestion du personnel qui s'est peu à peu aligné sur le privé, moins adapté à la culture du compromis d'hier, les syndicats se sont tournés vers des modalités d'action "plus transgressives", estime l'historien.

Historiquement, les syndicats de ces entreprises "ont participé à construire la politique énergétique de la France", relève l'universitaire, rappelant que "le secrétaire général de la CGT créa EDF et GDF en 1946": "il y a longtemps eu une espèce de cogestion ou codécision entre le syndicat majoritaire et la direction et même l'appareil d'Etat, qui pendant longtemps porta une politique industrielle d'indépendance énergétique qui se mariait bien avec les valeurs de la CGT".

Concernant l'affaire de RTE, une source syndicale extérieure à la CGT évoque "une tension générale sur le secteur de l'énergie, avec un climat anxiogène" lié à un hiver difficile, marqué par des centrales nucléaires à l'arrêt et des tensions sur l'approvisionnement énergétique.

Mais pour Sébastien Ménesplier, ce sont les plans de réorganisation d'EDF et Engie qui ont mis le feu aux poudres, bien avant la crise de l'approvisionnement hivernal: "le climat social s'est tendu depuis 2021, avec la bataille contre le projet Hercule et le plan Clamadieu", dit-il, évoquant les plans de réorganisation chez EDF et Engie, synonymes pour les syndicats de démantèlement du service public.

Pour lui, ces "luttes gagnantes", notamment le retrait du projet Hercule, donnent "un peu plus d'élan" pour la bataille contre la réforme des retraites. Le représentant syndical se déclare ainsi prêt à assumer "pleinement" les retards qu'entraîneraient les grèves pour le redémarrage très attendu de plusieurs réacteurs nucléaires.

Tout en reconnaissant qu'il était impossible de prévoir quelle serait la hauteur de la mobilisation dans le secteur privé, le patron du puissant syndicat CGT, Philippe Martinez, a estimé qu'il y aurait "dans certains grands groupes, des taux de grévistes qui vont avoisiner les 60, 70%", et souhaité un mouvement reconductible "partout où c'est possible".

La réforme des retraites fait partie des promesses de campagne du président Macron, réélu l'an dernier. La Première ministre Elizabeth Borne, une proche du chef de l'Etat, est première ligne pour la défendre après des syndicats et des parlementaires.

Les syndicats mettent notamment en exergue de multiples questions liées aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes, ou à celles exerçant des métiers physiquement pénibles.

Mme Borne défend quant à elle "un projet de justice", assurant que "quatre Français sur dix, les plus fragiles, les plus modestes, ceux qui ont des métiers difficiles, pourront partir avant 64 ans".

Un précédent projet, en 2019, avait été remisé sous la pression de forts mouvements sociaux et de l'émergence de la pandémie de Covid-19.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.