«Pas en sécurité»: les dissident russes harcelés en Serbie

Un homme enlève les débris d'un immeuble résidentiel lors de la rénovation d'un immeuble d'appartements, partiellement détruit par des bombardements, dans la périphérie de Kharkiv le 25 janvier 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Un homme enlève les débris d'un immeuble résidentiel lors de la rénovation d'un immeuble d'appartements, partiellement détruit par des bombardements, dans la périphérie de Kharkiv le 25 janvier 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

«Pas en sécurité»: les dissident russes harcelés en Serbie

  • Dans le pays des Balkans, ceux qui essayent de protester le font à leurs risques et périls
  • Certains Russes qui critiquent ouvertement le conflit sont victimes de campagnes d'intimidation en ligne, de menaces, voire de violences physiques

BELGRADE: A deux mille kilomètres de Moscou, dans la capitale de la Serbie, l'influence du Kremlin sur les exilés russes opposés à l'invasion de l'Ukraine se fait douloureusement sentir.

Cela fait des mois que des dizaines de milliers de Russes se réfugient à Belgrade pour échapper à la guerre lancée en Ukraine par la Russie, où les sanctions économiques, les ordres de mobilisation et la répression ont bouleversé la vie des gens.

Mais dans le pays des Balkans, ceux qui essayent de protester le font à leurs risques et périls. Certains Russes qui critiquent ouvertement le conflit sont victimes de campagnes d'intimidation en ligne, de menaces, voire de violences physiques.

Vladimir Volokhonskii, 44 ans, ancien élu municipal à Saint-Pétersbourg, explique à l'AFP avoir fui la Russie après son arrestation pour avoir tenté d'organiser une manifestation contre la guerre.

A Belgrade, il a continué à militer. Il a initié des manifestations, des collectes d'argent pour des associations caritatives et est entré en contact avec d'autres exilés.

Et puis, il a reçu un avertissement sous la forme de la lettre Z, devenue le symbole russe de la guerre en Ukraine, peinte sur la porte d'un appartement qu'il a fréquenté.

"Je ne sais pas ce qu'il va se passer maintenant", reconnaît-il.

«Casablanca»

Belgrade a connu quelques changements durant les 11 mois écoulés depuis le début de la guerre.

Des milliers de Russes se sont installés en Serbie, quand bien même une bonne partie des Serbes sont favorables à l'invasion. Des ultra-nationalistes serbes ont organisé des manifestations pro-Kremlin.

Des fresques à l'effigie du président russe Vladimir Poutine, du groupe de mercenaires Wagner et des messages de propagande pro-guerre recouvrent les murs. Des t-shirts siglés Z se vendent dans les échoppes à touristes.

D'autres événements sont moins voyants mais tout aussi inquiétants.

Les autorités serbes comme américaines se sont plaintes que Wagner ait tenté de recruter des Serbes pour combattre en Ukraine, ce qui a conduit Belgrade, fait rare, à condamner Moscou la semaine dernière.

L'ambiance à Belgrade a été comparée par le président serbe Aleksander Vucic à celle dépeinte dans le film "Casablanca", sur les intrigues nouées au Maroc par des expatriés durant la Seconde guerre mondiale.

"A Noël et au Nouvel an, Belgrade était comme Casablanca. Il n'y a pas d'espion qui n'ait occupé nos hôtels", a-t-il lancé. "Belgrade n'a rien connu de tel depuis la Seconde guerre mondiale".

Pour Vladimir Volokhonskii et d'autres, l'atmosphère peut être glaciale.

«Maléfiques»

Pendant des mois, son nom, des photographies et des détails sur sa vie privée ont été postés de multiples fois sur un canal Telegram.

Ce canal intitulé "Aigles maléfiques" est connu pour dénoncer publiquement les Russes vivant en Serbie opposés à la guerre. Ils y sont souvent qualifiés de "traîtres" et de "dégénérés" et menacés de violences.

"Pourquoi est-ce que (...) se promène toujours en Serbie sans qu'on lui casse la gueule?", pouvait-on lire récemment sur le canal.

Le bureau du procureur a confirmé à l'AFP être au courant de l'existence du groupe, ajoutant avoir ouvert des enquêtes sur "plusieurs" de ses messages.

Derrière les "Aigles maléfiques", on trouve Alexandre Lyssov, un Russe lié à Wagner ainsi qu'aux nationalistes serbes.

Dans le nouveau quartier général de Wagner de Saint-Pétersbourg, Alexandre Lyssov dispose d'un bureau d'où son organisation travaille selon lui dans les "domaines de l'information, de l'humanitaire et de la culture".

Il dément demander à d'autres de cibler les dissidents russes en Serbie. Néanmoins, il ne pense pas du bien des Russes qui ont fui leur pays.

"Nous essayons de faire passer le message au public que ces gens en Serbie n'ont aucun droit à représenter le peuple serbe", dit-il à l'AFP.

"Ils ne sont pas contre l'opération spéciale russe mais contre la Russie elle-même".

«Maintenant, on sait»

Dans une vidéo en ligne publiée récemment, on voit Alexandre Lyssov dans les locaux de Wagner en train de parler avec Damnjan Knezevic, un Serbe qui dirige un groupe ultranationaliste pro-Kremlin appelé la "Patrouille du peuple".

"Il m'a contacté par le biais d'amis communs et m'a demandé d'organisé un tour. J'organiserais un tel tour pour n'importe quel ressortissant serbe", a expliqué à ce propos Alexandre Lyssov.

Cette rencontre est survenue alors qu'ont circulé des photos d'une fresque dédiée à Wagner peinte dans le centre de Belgrade, montrant des gens en train de piétiner un drapeau bleu et blanc utilisé par les opposants à la guerre.

Après avoir vu les images, Peter Nikitine, dirigeant d'un groupe de Russes dissidents en Serbie, a reconnu le drapeau. Il estime que c'est celui qui a été volé à son groupe lorsque plusieurs de ses membres ont été passés à tabac par des inconnus.

"Maintenant, on sait qui a fait ça", dit-il à l'AFP.

Les dissidents n'ont pas l'intention de se taire malgré l'intensification des menaces.

"Plusieurs personnes, y compris des Serbes, m'ont envoyé de vagues avertissements", déclare Vladimir Volokhonskii. "Je ne peux pas dire que je me sente en sécurité".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.