Licornes, paillettes ou Terminator: des prothèses customisées pour «casser les codes»

Des prothèses dans une clinique orthopédique à Kiev (Photo, AFP).
Des prothèses dans une clinique orthopédique à Kiev (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 02 février 2023

Licornes, paillettes ou Terminator: des prothèses customisées pour «casser les codes»

  • «Mes appareils sont devenus un accessoire de mode», dit fièrement cette gestionnaire en assurances de 31 ans
  • Le personnalisation de sa prothèse a été imaginée par Simon Colin, 37 ans, orthoprothésiste de formation, qui a créé son atelier U-Exist en 2014

AU METRE: Avec ses "prothèses à paillettes", Estelle Lehouck ose désormais s'afficher. Amputée des deux jambes jusqu'aux genoux, elle joue comme d'un "accessoire de mode" de ses appareils, customisés par Simon Colin, un orthoprothésiste de Roubaix qui s'est lancé dans le design pour "casser les codes".

"Au départ, je voulais une prothèse qui imitait une jambe, comme pour remplacer ce que j'avais perdu", déclare celle qui a subi une double amputation tibiale en 2018. "Ces paillettes, pour lesquelles j'ai longtemps hésité, me permettent d'avoir moins honte et d'oser les montrer."

"Je suis une femme coquette, j'ose davantage mettre des robes. Mes appareils sont devenus un accessoire de mode", dit fièrement cette gestionnaire en assurances de 31 ans.

C'est son orthoprothésiste qui lui a soumis cette idée pour accompagner son travail de reconstruction. Celui-ci "durera toute une vie", affirme Estelle. "Mais mon regard a changé. Mon entourage a remarqué la différence."

Lors d'un rendez-vous de réglage, elle discute d'un prochain modèle, pour alterner, avec Marion Fourmaux, 33 ans, dans son cabinet de Méteren (Nord). Il devrait être gris clair et toujours pailleté.

"Quand on se souvient de l'état d'Estelle à son arrivée chez nous et maintenant, le chemin parcouru est énorme", se réjouit la prothésiste.

Pour elle, "ce petit plus" offert par des appareillages personnalisés est un "vrai soutien" pour les personnes amputées.

«C'est ma signature»
Samih Benabdelhadi, aide-soignant de 25 ans, porte lui un appareillage orthopédique gris métallisé, avec un "petit côté Terminator" ou "Robocop", comme s'en amusent les enfants.

"Ca casse ce mythe de l'handicapé qui doit se cacher", affirme-t-il, en flânant dans le même parc de Harnes (Pas-de-Calais) où il a perdu sa jambe droite à vélo onze ans plus tôt.

"Je me sens bien avec ma propre image. C'est ma signature et je l'assume", lance ce vice-champion de France de boardercross handisport (course d'obstacles en snowboard) en enfourchant son VTT.

"Grâce aux motifs, on n'hésite pas à me poser des questions. C'est en expliquant notre quotidien, en faisant ce travail +d'éducation+ (il n'aime pas ce terme) que les moeurs vont évoluer", affirme-t-il.

Le personnalisation de sa prothèse a été imaginée par Simon Colin, 37 ans, orthoprothésiste de formation, qui a créé son atelier U-Exist en 2014 à Roubaix pour "casser les codes" du handicap.

"J'ai vite compris qu'il fallait faire quelque-chose pour remplacer ces prothèses faites par mimétisme du corps humain ou du membre perdu", développe le designer, barbe, chignon et tatouages.

«Plus de plaisir»​​​​​​​
Son catalogue propose 300 motifs pour tous types d'appareils orthopédiques: un avant-bras avec des motifs de papillon, un corset rose à licornes, un tibia graffé... Mais il peut aussi créer des motifs à la demande ou imprimer une photo personnelle.

"Avec ce type d'appareils, on a la force de revendiquer qui on est. Le handicap peut devenir une surface d'expression, un exutoire", estime-t-il.

Il travaille avec quelque 150 prothésistes à travers la France, qui appliquent eux-mêmes ses créations, en papier transfert ou lycra, sur l'appareillage lors de sa fabrication.

"La prothèse est remboursée par la sécurité sociale. On fait en sorte que la personnalisation", qui coûte 5 à 40 euros pour les motifs du catalogue, "soit prise en charge par l'orthoprothésiste", détaille-t-il.

Amputé de la jambe gauche depuis 34 ans, Denis Fournier, 51 ans, a lui choisi des bas personnalisés colorés et à motifs, une autre proposition de Simon Colin, à enfiler par-dessus sa prothèse pour alterner en fonction de son "style vestimentaire".

"Pendant longtemps, on se contentait des bas de contention de mamie, roses et vieillots", mais "le handicap n'est pas has been", affirme ce cadre télécom près de Lille, qui trouve désormais ses prothèses "plus fun".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".