La petite-fille de l’artiste irakienne Souad al-Attar raconte son nouveau livre, consacré à sa grand-mère

Les peintures mystiques de Souad al-Attar ont pour thèmes l’amour, la perte et le désir. (Photo fournie)
Les peintures mystiques de Souad al-Attar ont pour thèmes l’amour, la perte et le désir. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 03 février 2023

La petite-fille de l’artiste irakienne Souad al-Attar raconte son nouveau livre, consacré à sa grand-mère

  • L’éloignement de son pays natal a eu une incidence majeure sur son art, tout comme les décennies de conflit auxquelles il a fait face
  • L’année 1976 a constitué pour elle un véritable tournant. Comme beaucoup d’autres Irakiens, sa famille a quitté le pays, emménageant au Royaume-Uni

DUBAÏ: L’artiste Souad al-Attar, née à Bagdad, est une pionnière pour les femmes de son pays natal. Dans les années 1960, alors qu’elle était toujours adolescente, elle devient la première artiste féminine à organiser une exposition personnelle en Irak.
Ses peintures mystiques, qui évoquent les thèmes de l’amour, de la perte et du désir, ont été acquises depuis par le British Museum et par l’Arab Museum of Modern Art. Elles sont exposées à la Leighton House, au Barbican Centre et, dans la capitale française, à l’Unesco.
Aujourd’hui, Nesma Shubber, la petite-fille de l’artiste, une historienne de l’art qui habite au Royaume-Uni, publie une monographie de cent images qui retrace la vie et la carrière de sa grand-mère. Elle se fonde sur des entretiens qu’elle a eus avec cette dernière, qui, octogénaire aujourd’hui, n’a rien perdu de son énergie artistique.

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La petite-fille de l’artiste publie une monographie de cent images qui retrace la vie et la carrière de l’artiste irakienne Souad al-Attar. (Photo fournie)


«Entrer dans son appartement et la voir peindre ces chefs-d’œuvre est un très grand privilège», confie la petite-fille de l’artiste à Arab News.
Souad al-Attar semblait destinée à être artiste. Lorsqu’elle était enfant, sa mère, qui a brièvement étudié la peinture à Beyrouth, a offert à sa fille sa propre boîte de peinture. Son frère l’accompagnait également à l’occasion de promenades au bord de la rivière. Là, elle dessinait et peignait des couchers de soleil.
Sa défunte sœur Layla était également une figure importante de la scène artistique irakienne. Cette créatrice talentueuse a été la directrice du Musée national d’art irakien.
Avec l’approbation de ses parents, Souad a réussi à transformer une pièce de leur domicile en studio improvisé. «De son propre aveu, elle ne serait pas vraiment allée aussi loin dans le monde de l’art si ses parents ne l’avaient pas constamment encouragée et soutenue», confie sa petite-fille.

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Souad en 1954, à l’âge de 14 ans. Cette photo a initialement été publiée dans le magazine Ahal al-Nafat. (Photo fournie)

En 1957, l’artiste expose son travail lors de la cérémonie qui célèbre la fin de ses études secondaires. Cet événement l’aide à prendre confiance en elle, à une époque où le pays était en plein essor culturel. «L’Irak, à cette époque, était l’un des pays pionniers du Moyen-Orient en matière de création et de production artistiques», explique Nesma Shubber. «Je pense que, lors de cette première exposition, elle a vraiment eu l’impression de faire partie d’un mouvement. Elle se préparait à vivre une expérience formidable.»
L’année 1976 a constitué pour elle un véritable tournant. Comme beaucoup d’autres Irakiens, sa famille a quitté le pays, emménageant au Royaume-Uni. Depuis, elle vit et travaille à Londres. L’éloignement de son pays natal a eu une incidence majeure sur son art, tout comme les décennies de conflit auxquelles il a fait face.
L’invasion américaine de l’Irak en 2003 était la principale source d’inspiration de ses dessins au crayon particulièrement expressifs et de ses aquarelles qui représentent des femmes en train de hurler alors que les bombes tombent. «Elle a en quelque sorte répété ce dessin. Je pense que c’était ancré dans son esprit», souligne sa petite-fille.

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Hommage à Medinat al-Salam, 2010. (Photo fournie)

En général, cependant, les peintures de Souad al-Attar transportent le spectateur dans un univers paisible et onirique traversé d’amoureux unis, de créatures mythologiques, de visions idylliques de l’Irak et de jardins paradisiaques.
Son travail est souvent symbolique et recourt à des motifs de l’histoire mésopotamienne. Son utilisation de tels éléments, qui renvoient à une époque de gloire antique, est particulièrement accrue pendant les années 1990, une décennie particulièrement turbulente, puisqu’elle coïncide avec le déclenchement de la guerre du Golfe. C’est un rappel nostalgique de ce qui fut autrefois.
Les œuvres de Souad al-Attar sont empreintes d’une grande mélancolie. Au dos d’une toile créée en 2000 et intitulée Tendre étreinte, elle écrit ces quelques vers d’un poème arabe:
«Combien de larmes avons-nous versées la nuit où nous nous sommes séparés,
Justifiant notre chagrin en disant: “Ce n’est que la pluie”?»

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Visions du jardin d’Éden 1, peinture à l’huile, 2011. (Photo fournie)


Bien que Souad al-Attar soit bien connue dans le monde arabe, elle n’a jamais recherché la reconnaissance internationale. «Elle n’a jamais recouru à des relations publiques ou aux services d’un manager», raconte sa petite-fille. «Elle m’a dit qu’elle ne le regrettait pas. Ce qu’elle recherche ne correspond pas à ce besoin.»
Dans le cadre de ses recherches et pour retrouver des entretiens avec sa grand-mère dans le cadre de sa monographie de 216 pages, Nesma Shubber a parcouru d’anciens catalogues et a passé en revue les invitations aux différentes expositions. Le livre comprend une sélection de clichés vintage de Souad al-Attar. On la voit arborant une chevelure volumineuse, ses yeux clairs mis en valeur avec un crayon Khôl. «De toute évidence, c’est une personne très élégante», souligne Nesma. «Elle ne fait pas preuve d’élégance seulement dans ses toiles. Elle l’est aussi à travers le design, le style et la couleur, tant sur le plan personnel que dans sa maison.»
Pour Nesma, avoir travaillé sur ce livre est un moyen de réaffirmer ce qu’elle a toujours perçu chez sa grand-mère. «Ce qui m’impressionne le plus, c’est de prendre conscience de la richesse de son œuvre. Elle a créé tant de toiles», confie-t-elle. «C’est sa nature même. Elle est née pour le faire.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".