Dans l'est de l'Ukraine, les tireurs d'élite sont à l'affût

Un militaire ukrainien du Service national des gardes-frontières travaille dans un poste à Bakhmout (Photo, AFP).
Un militaire ukrainien du Service national des gardes-frontières travaille dans un poste à Bakhmout (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 février 2023

Dans l'est de l'Ukraine, les tireurs d'élite sont à l'affût

  • Voron a besoin de bien plus que de son AXMC, un fusil qui permet d'atteindre des cibles situées jusqu'à un kilomètre et demi de distance
  • Il voulait être tireur d'élite depuis son enfance

BAKHMOUT: "Je n'ai pas peur des Russes", s'exclame "Voron", un tireur d'élite des gardes-frontières ukrainiens dans la région orientale du Donbass.

"Mais ne dis pas à ma mère que je suis ici", ajoute en riant ce soldat de 29 ans, dans l'armée depuis 12 ans.

Il voulait être tireur d'élite depuis son enfance. Dans les films d'action, les tireurs d'élite sont généralement décrits comme des loups solitaires, impitoyables et silencieux, à l'affût pour abattre leurs proies avec une efficacité chirurgicale.

Mais "Voron" - de son nom de guerre qui veut dire "Corbeau" en ukrainien - décrit une réalité bien différente.

Toute une équipe
"D'habitude, le matériel que j'ai ne tient pas toujours dans une seule voiture", explique-t-il, le visage dissimulé par un masque de ski et une cagoule thermique afin de se protéger du froid mordant et de garder son identité secrète.

Pour mener à bien ses tâches, Voron a besoin de bien plus que de son AXMC, un fusil qui permet d'atteindre des cibles situées jusqu'à un kilomètre et demi de distance.

Avec lui, "ce sont des pelles, juste pour bâtir votre position, des munitions bien sûr. Et votre groupe de couverture avec votre guetteur", "généralement cinq ou six personnes, quatre au minimum".

Malgré des combats acharnés et des bombardements sans relâche dans les endroits comme Bakhmout, une ville dont l'armée russe cherche à s'emparer depuis l'été, les mois d'hiver ont ralenti le rythme de la bataille pour le contrôle du Donbass.

Mais le conflit devrait s'intensifier à l'approche du premier anniversaire du début de l'invasion russe, le 24 février.

Et les tireurs d'élite jouent leur rôle.

Ils peuvent remplir des missions de reconnaissance sur des cibles jusqu'à trois kilomètres ou tirer sur de petits groupes de combattants ennemis à partir de caches.

Mais leur première tâche consiste à méticuleusement surveiller tout changement survenu dans les environs.

"Un buisson qui n'était pas là la veille (...) pourrait abriter un tireur d'élite ennemi si c'est une zone rurale", explique-t-il.

"Dans les zones plus urbaines, vous recherchez des modifications dans les fenêtres et les toits et quelque chose qui n'est pas comme cela devrait être (...) tout est une menace".

«Un dur travail»
Voron esquive une question sur l'efficacité des tireurs d'élite dans la guerre jusqu'à aujourd'hui.

Il maintient toutefois que ceux-ci restent essentiels, même s'il reconnaît qu'ils ne sont pas la panacée.

"Certaines personnes nous détestent. Mais s'il y a des problèmes, les gens veulent toujours que nous soyons là", dit-il.

Et ils occupent une place particulière au sein de l'unité paramilitaire qui, en temps de paix, patrouille aux frontières de l'Ukraine.

"Vous êtes les yeux de votre commandant et vous êtes celui qui éliminera la menace la plus dangereuse - à moins qu'il ne s'agisse d'un char, bien sûr", souligne-t-il.

Regarder dans un viseur télescopique de longues heures durant peut être stressant, explique Voron, mais rien n'est aussi difficile que de résister au gel pendant des heures.

Les tireurs d'élite peuvent rester jusqu'à deux jours terrés dans une position.

Même lorsque les températures sont récemment descendues vers les -12 degrés Celcius, recouvrant le sol de neige et gelant tout, les hommes ont dû tenir le coup.

"Il fait sacrément froid", note-t-il en riant, "c'est un travail dur".

Mais la préparation et l'attente, aussi pénibles soient-elles, sont la force de ces hommes.

"Il y a une blague dans l'armée selon laquelle si vous dites à l'infanterie et à un tireur d'élite qu'ils ont huit heures pour abattre un arbre, l'infanterie passe huit heures à le couper", raconte Voron. "Le tireur d'élite passe sept heures à aiguiser sa hache, puis le coupe d'un seul coup".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.