Trois étudiants tués sur un campus américain et cinq autres blessés par un tireur qui s'est suicidé

Des policiers armés se précipitent dans le Phillips Hall sur le campus de l'Université d'État du Michigan alors que les autorités répondent à des rapports de fusillades, le 13 février 2023. (Detroit News via AP)
Des policiers armés se précipitent dans le Phillips Hall sur le campus de l'Université d'État du Michigan alors que les autorités répondent à des rapports de fusillades, le 13 février 2023. (Detroit News via AP)
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Publié le Mardi 14 février 2023

Trois étudiants tués sur un campus américain et cinq autres blessés par un tireur qui s'est suicidé

  • Le tireur avait ouvert le feu vers 20H30 lundi dans un bâtiment de l'université, avant de se diriger vers un autre bâtiment où des coups de feu ont également été entendus, selon la police du campus
  • Vers minuit, la police a annoncé qu'il s'était suicidé non loin des lieux des meurtres

WASHINGTON : Trois étudiants ont été tués et cinq autres blessés lundi soir par un tireur qui s'est suicidé sur un campus universitaire près de Detroit dans le nord des Etats-Unis, un nouveau massacre dénoncé mardi par les autorités de cet Etat du Michigan et une organisation contre la violence par arme à feu.

Dans un pays quotidiennement meurtri par les fusillades et où les armes à feu prolifèrent, la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre a assuré sur Twitter que le président Joe Biden s'était entretenu "la nuit dernière avec la gouverneure (démocrate du Michigan) Gretchen Whitmer" et que "des effectifs supplémentaires de forces de l'ordre fédérales avaient été dépêchés" sur place.

Lors d'une conférence de presse chargée en émotions, depuis Lansing, capitale du Michigan, Etat des Grands Lacs frontalier du Canada, les autorités policières, universitaires et politiques ont d'abord confirmé que "le suspect de 43 ans n'avait aucune affiliation avec l'université. Il n'était ni un étudiant, ni un employé de la faculté, à l'heure actuelle ou par le passé".

L'un des chefs de la police de l'Université d'Etat du Michigan (MSU) Chris Rozman a dévoilé un bilan de "trois personnes décédées et cinq victimes (blessées) à l'hôpital". Il a précisé que "les trois personnes décédées étaient des étudiants de MSU et que les cinq blessés étaient tous aussi des étudiants" de cette université, l'une des plus prestigieuses du pays avec quelque 50 000 étudiants.

Lors de ce point de presse où des responsables ont fondu en larmes, la gouverneure Whitmer, très émue, a dénoncé un "nouveau lieu d'une communauté et du vivre-ensemble brisé par les balles et l'effusion de sang".

«Problème américain»

"Nous savons que c'est uniquement un problème américain (...) Nous ne pouvons pas continuer à vivre ainsi", a fustigé l'élue à la tête du Michigan.

Sur son compte Twitter, Shannon Watts, fondatrice de l'association "Moms Demand Action" fondée après le massacre d'écoliers à Sandy Hook (Connecticut) le 14 décembre 2012 (26 morts dont 20 enfants de six à sept ans), a publié une vidéo TikTok d'un étudiant affirmant être doublement survivant des massacres dans cette école il y a plus de dix ans et celui de lundi à la MSU.

"J'ai 21 ans et c'est la seconde tuerie de masse que je vis. Nous ne pouvons plus nous contenter d'exprimer notre amour et nos prières. Nous ne pouvons plus laisser passer ça", dit le jeune homme face caméra mais sans donner son nom.

Le tireur avait ouvert le feu vers 20H30 lundi dans un bâtiment de l'université, avant de se diriger vers un autre bâtiment où des coups de feu ont également été entendus, selon la police du campus.

Des centaines de membres des forces de l'ordre s'étaient alors lancés dans une chasse à l'homme en diffusant très rapidement des photos du suspect: un homme noir de petite taille portant une veste en jean, des chaussures rouges, une casquette de baseball et le visage à moitié dissimulé.

Vers minuit, la police a annoncé qu'il s'était suicidé non loin des lieux des meurtres.

Le policier Rozman s'est félicité de la réactivité des résidents du campus: "Grâce à la publication rapide de la photo tirée des caméras de surveillance et l'aide de toute la communauté -- c'est un tuyau de quelqu'un qui a appelé -- (qui) a conduit les forces de l'ordre vers le suspect à Lansing", a-t-il remercié, dévoilant le nom de "Anthony McRae" mais disant n'avoir "aucune idée du mobile" de son crime.

Les forces de l'ordre avaient sommé lundi les étudiants et les employés du campus de se confiner. L'université a suspendu toute activité pour deux jours.

50 000 morts par an

Les Etats-Unis paient un très lourd tribut à la dissémination des armes à feu sur leur territoire et à la facilité avec laquelle les Américains y ont accès. Le pays compte davantage d'armes individuelles que d'habitants, soit environ 400 millions: un adulte sur trois possède au moins une arme et près d'un adulte sur deux vit dans un foyer où se trouve une arme.

La conséquence de cette prolifération est le taux très élevé de décès par arme à feu aux Etats-Unis, près de 50.000, dont la moitié environ sont des suicides.

Le président Biden réclame en vain au Congrès de rétablir aux Etats-Unis une interdiction des fusils d'assaut, telle qu'elle avait existé entre 1994 et 2004, mais il bute sur l'opposition du parti républicain, lequel se pose en défenseur du droit constitutionnel à détenir des armes et contrôle depuis janvier la chambre des représentants.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.