Israël: paroles d'opposants aux réformes du gouvernement

Des manifestants israéliens lèvent des drapeaux nationaux et des pancartes alors qu'ils se rassemblent à Tel Aviv le 13 février 2023, contre les réformes juridiques controversées vantées par le gouvernement d'extrême droite du pays. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
Des manifestants israéliens lèvent des drapeaux nationaux et des pancartes alors qu'ils se rassemblent à Tel Aviv le 13 février 2023, contre les réformes juridiques controversées vantées par le gouvernement d'extrême droite du pays. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
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Publié le Vendredi 17 février 2023

Israël: paroles d'opposants aux réformes du gouvernement

  • Le projet de réforme du système judiciaire prévoit l'adoption d'une clause «dérogatoire» qui permettrait au Parlement d'annuler à la majorité simple une décision de la Cour suprême, jugée politisée
  • Le projet porte également sur la modification du processus de nomination des juges et veut réduire l'influence des conseillers juridiques au sein des ministères

JERUSALEM: La vaste mobilisation contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui se concentre sur son projet de réforme du système judiciaire, réunit des Israéliens d'horizons très divers.

L'AFP a interrogé plusieurs manifestants sur les raisons qui les poussent à dénoncer dans la rue depuis plusieurs semaines, principalement à Tel-Aviv mais aussi à Jérusalem et dans plusieurs grandes villes israéliennes, ce texte visant à réduire l'influence du pouvoir judiciaire et qu'ils considèrent comme une menace pour le caractère démocratique d'Israël.

Shy Engelberg, 38 ans

Ce spécialiste en traitement de données au sein d'une jeune compagnie d'assurances dit "protester contre la volonté du gouvernement de faire passer des lois qui vont mettre fin à la démocratie israélienne".

Le projet de réforme du système judiciaire, tel que présenté par le ministre de la Justice Yariv Levin, prévoit l'adoption d'une clause "dérogatoire" qui permettrait au Parlement d'annuler à la majorité simple une décision de la Cour suprême, jugée politisée par M. Netanyahu et ses alliés religieux et d'extrême droite.

Le projet porte également sur la modification du processus de nomination des juges et veut réduire l'influence des conseillers juridiques au sein des ministères.

"Personne ne veut investir son argent dans un pays dans lequel les tribunaux et le système judiciaire ne sont pas indépendants et où le gouvernement est instable", souligne M. Engelberg, qui habite à Karkour, dans le nord du pays.

Les employés du secteur des techniques de pointe, qui emploie plus de 10% de la main-d'œuvre nationale, ont déjà organisé plusieurs manifestations contre la réforme et M. Engelberg espère qu'ils continueront de faire pression sur le gouvernement.

"Le secteur des hautes technologies se réveille, pour la première fois il fait entendre sa voix", se félicite-t-il.

Tamar Megiddo, 40 ans

"Je me bats de toutes mes forces ces derniers mois contre cette révolution que le gouvernement essaye de mener", déclare cette maître de conférences en droit.

"Ils n'essayent pas simplement de changer une loi, ils essayent de changer le régime, les règles du jeu, et si cela passe, il sera très difficile de revenir en arrière, c'est pourquoi il faut stopper cela dès maintenant", déclare cette mère de trois enfants qui se dit "inquiète" pour sa famille.

"Nos droits sont vraiment en danger car si les tribunaux sont restreints comme c'est en projet, nous ne pourrons pas nous défendre", affirme-t-elle.

Amnon Magnus, 63 ans

"La situation politique en Israël est devenue insupportable", assène l'homme qui porte un t-shirt sur lequel est écrit "Frères d'armes".

Ancien soldat dans une unité d'élite de l'armée israélienne puis réserviste, Amnon Magnus craint que les réformes poussent certains Israéliens à reconsidérer leurs engagements militaires, dans un pays où la conscription reste obligatoire pour une majorité d'habitants et où l'armée occupe une place centrale.

"Cette situation divise le peuple, elle crée du conflit et de la désunion", regrette-t-il. "Je m'inquiète de ce que les gens ne fassent plus leur service militaire, qu'ils ne s'identifient plus à leur pays", ajoute cet agronome qui vit à Hod Hasharon (centre).

"Si ce gouvernement n'agit pas de façon juste, humaine et selon des lois reconnues dans le monde, les gens n'iront plus servir" dans les rangs de l'armée, craint-il encore.

Noah Haliva, 24 ans

"Ce ne sont même pas des réformes, c'est un coup d'Etat", lance cette jeune étudiante en sciences politiques à Tel-Aviv. "Nous voulons un pays démocratique, dans lequel les pouvoirs sont séparés".

Avec d'autres jeunes, Noah Haliva a lancé des manifestations estudiantines le mois dernier.

"Nous sommes jeunes, ce pays est notre maison, notre avenir. Beaucoup d'étudiants sont préoccupés", dit-elle. "Je suis inquiète quant à l'avenir de mon pays mais je suis contente de voir que la population descend dans la rue pour se faire entendre".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.