L’attentat de la mosquée de Peshawar place le Pakistan devant un choix difficile en matière de sécurité

Des enquêteurs fouillent les décombres d’une mosquée à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar après qu’un attentat suicide a tué plus de 100 personnes le 1er février 2023. (AFP)
Des enquêteurs fouillent les décombres d’une mosquée à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar après qu’un attentat suicide a tué plus de 100 personnes le 1er février 2023. (AFP)
Moazzam Jah Ansari (C), chef des forces de police de la province de Khyber Pakhtunkhwa, intervient lors d’une conférence de presse au quartier général de la police à Peshawar, le 2 février 2023. (AFP)
Moazzam Jah Ansari (C), chef des forces de police de la province de Khyber Pakhtunkhwa, intervient lors d’une conférence de presse au quartier général de la police à Peshawar, le 2 février 2023. (AFP)
Des secouristes enlèvent des débris à côté d’une mosquée endommagée après l’attentat suicide du 30 janvier à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, le 1er février 2023. (AFP)
Des secouristes enlèvent des débris à côté d’une mosquée endommagée après l’attentat suicide du 30 janvier à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, le 1er février 2023. (AFP)
Des secouristes enlèvent des débris à côté d’une mosquée endommagée après l’attentat suicide du 30 janvier à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, le 1er février 2023. (AFP)
Des secouristes enlèvent des débris à côté d’une mosquée endommagée après l’attentat suicide du 30 janvier à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, le 1er février 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 février 2023

L’attentat de la mosquée de Peshawar place le Pakistan devant un choix difficile en matière de sécurité

  • Le gouvernement est contraint de lancer une offensive générale contre les milices dans un contexte de crise économique et politique
  • L’attentat suicide perpétré en janvier dans une mosquée de la police à Peshawar est l’attaque terroriste la plus meurtrière depuis plusieurs années

ISLAMABAD: La tempête de crises que traverse le Pakistan — crise économique, chute de la monnaie, polarisation politique et militantisme islamiste — a été exacerbée par l’attentat suicide perpétré le mois dernier contre une mosquée située dans un complexe policier hautement fortifié à Peshawar.

Cet attentat, le plus meurtrier au Pakistan depuis plusieurs années, rappelle une période qui remonte à plus de dix ans, où Peshawar, une ville proche des anciennes zones tribales qui bordent l’Afghanistan, était marquée par la violence des militants et une contre-offensive militaire.

Les autorités de Peshawar pensent que l’attentat du 30 janvier a été perpétré en représailles au rôle joué par la police en première ligne de la lutte que mène le Pakistan contre une insurrection résurgente depuis le retour au pouvoir des Talibans de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan.

img 1
L’explosion d’une mosquée qui a fait 101 morts – principalement des policiers – dans le nord-ouest du Pakistan, le 30 janvier 2023, a replongé une ville longtemps marquée par la violence dans une situation tendue. (AFP)

Cet attentat suicide est le dernier d’une série d’attaques contre le personnel de sécurité dans tout le pays depuis que la milice Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) a mis fin à son accord de cessez-le-feu avec le gouvernement pakistanais en novembre.

En visite à Peshawar peu après l’attaque, le Premier ministre pakistanais, Shahbaz Sharif, a déclaré que «toutes les ressources» seraient mobilisées pour débusquer les militants. «Il s’agit d’une attaque contre le Pakistan, ni plus ni moins [...].  Je ne doute pas que le terrorisme soit notre principal défi en matière de sécurité nationale», a-t-il tweeté.

Si le gouvernement de Sharif décide de joindre l’action à la parole, il ne manquera pas de soutien à en juger par l’indignation de l’opinion publique, attisée par le nombre élevé de morts.

img 1
Le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. (AFP)

«Le Pakistan doit sortir de la confusion, mettre fin à l’apaisement des militants par le biais de pourparlers de paix et s’engager à fond contre eux pour instaurer une paix permanente», explique Mosharraf Zaidi, un analyste pakistanais de la sécurité, à Arab News.

Tant que le Pakistan «n’aura pas rompu avec l’extrémisme violent», les militants continueront à croire qu’ils peuvent prendre le pouvoir, souligne-t-il.

«Nous devons écraser l'infrastructure idéologique et la chaîne d’approvisionnement des militants pour briser leur colonne vertébrale», note Zaidi, ajoutant que le gouvernement devait formuler une «stratégie décisive» pour débusquer les terroristes. 

L’attentat de Peshawar s’est produit à un moment où le Pakistan est confronté à une série de défis de taille, avec des tensions politiques intérieures qui s’exacerbent en raison de l’aggravation de l’inflation, à l’approche des élections générales prévues en octobre.

img 1
Des responsables de la sécurité pakistanaise se rassemblent pour assister aux funérailles des policiers qui ont été tués dans un attentat contre une mosquée à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, le 30 janvier 2023. (Photo, AFP)

Selon les analystes, la désunion politique et la confusion idéologique ont permis aux militants de se regrouper et de cibler l’État.

La situation est compliquée par le fait que le TTP a pris ses distances par rapport à l’attentat de Peshawar, affirmant qu’il ne vise pas les mosquées. La police cherche à savoir si l’attentat est l’œuvre d’une filiale du TTP, Jamaat-ul-Ahrar.

Bien que distinct, le mouvement des Talibans du Pakistan, créé en 2007, est allié au mouvement des Talibans d’Afghanistan, qui a repris le pouvoir dans l’Afghanistan voisin en août 2021, lorsque les forces américaines et de l’Otan ont mis fin à leur occupation du pays qui durait depuis vingt ans.

img 1
Cette photo non datée reçue le 17 décembre 2014 montre des combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) dans un lieu non divulgué. (Photo, AFP)

Plusieurs milices, dont le TTP, ont commencé à mener des opérations dans les anciennes zones tribales administrées fédéralement (FATA) du Pakistan peu après l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis et leurs alliés, en réponse au refus des Talibans de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, après les attentats du 11 septembre 2001.

Pendant cette période, les militants ont déclenché une vague d’attentats terroristes dans les FATA, tuant des soldats, assassinant des politiciens et des célébrités connus pour leur franc-parler, et éliminant les opposants perçus comme tels. Pour aggraver la crise, ils ont rendu illégale l’éducation des femmes dans la région, détruisant environ 200 écoles de filles.

C’est en 2012, dans le district de Swat, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, que Malala Yousafzai, 15 ans, a reçu une balle dans la tête tirée par un militant taliban pakistanais. Elle a miraculeusement survécu à l’attaque et a ensuite remporté le prix Nobel de la paix pour son plaidoyer en faveur de l’éducation des filles.

 

EN BREF

  • Allié avec Al-Qaïda, Tehrik-e-Taliban Pakistan a été créé en 2007 et a tué des dizaines de milliers de civils et de membres du personnel de sécurité
  • Écrasé par une répression militaire après 2014, le TTP s’est regroupé depuis que les Talibans ont pris le pouvoir de l’autre côté de la frontière en août 2021
  • Pour ce qui est de l’attentat du 30 janvier à Peshawar, la police pakistanaise a accusé Jamaat-ul-Ahrar, un groupe plus radical occasionnellement affilié au TTP, qui a nié toute implication

Des opérations de lutte contre l’insurrection à grande échelle ont commencé en 2014, tuant la plupart des commandants et combattants des milices et poussant les autres à se réfugier en Afghanistan. Les zones constituant les FATA, établies au moment de la partition avec l’Inde en 1947, ont été fusionnées à la province voisine du Khyber Pakhtunkhwa en 2018.

Cependant, après le retour des Talibans au pouvoir à Kaboul et la fin des opérations antiterroristes américaines dans la région frontalière, les militants pakistanais ont commencé à se regrouper dans les anciens districts tribaux. Depuis lors, une série d’attaques meurtrières a laissé les Pakistanais dans l’incertitude quant à la reprise de l’insurrection dans leur pays.

Ismaïl Khan, journaliste pakistanais et analyste de la sécurité, estime que le gouvernement Sharif doit de toute urgence élaborer «une stratégie globale et à long terme dans le cadre de la conférence pour faire face au problème actuel».

Par ailleurs, «le gouvernement devrait également collaborer directement avec le gouvernement afghan pour mettre fin aux mouvements transfrontaliers des terroristes, en plus de formuler et de mettre en œuvre une solide stratégie de lutte contre le terrorisme», a-t-il déclaré à Arab News.

img 1
Des bénévoles pakistanais portent un étudiant blessé d’un Institut de formation agricole après une attaque de militants talibans à Peshawar, le 1er décembre 2017. (AFP)

Rien qu’en janvier, les militants ont tué 124 membres du personnel de sécurité et en ont blessé 247 dans 26 attentats distincts, la majorité d’entre eux ayant eu lieu dans la région de Khyber Pakhtunkhwa, qui borde l’Afghanistan, selon les données communiquées par le Pak Institute for Peace Studies, un groupe de réflexion basé à Islamabad.

La ventilation des données montre que sur ces 26 attaques, sept ont eu lieu au Baloutchistan, faisant six morts et 17 blessées; une au Sindh, sans aucune victime; deux au Pendjab, faisant deux morts; et 16 au Khyber Pakhtunkhwa, faisant 116 morts et 230 blessés.

Selon le groupe de réflexion, les attaques ont augmenté de 50% au Pakistan, principalement dans les provinces occidentales limitrophes de l’Afghanistan, au cours de la première année du règne des Talibans à Kaboul.

img 1
Mémorial pour les victimes du massacre perpétré par les Talibans en 2015 à l’École publique de l’armée. (AFP)

Ces derniers mois, Islamabad a accusé Kaboul de ne pas avoir assuré la sécurité de ses frontières et d’avoir permis aux militants présents en Afghanistan de planifier des attaques contre le Pakistan.

Les négociations de paix entre le TTP et le Pakistan, sous la médiation du mouvement des Talibans d’Afghanistan, ont échoué en novembre, rompant un cessez-le-feu précaire. Pendant les pourparlers, les militants ont vu leur nombre augmenter grâce à la libération d’une centaine de combattants de rang inférieur des prisons pakistanaises.

Le général de division Ejaz Awan (retraité), éminent analyste de la sécurité et ancien ambassadeur du Pakistan à Brunei, estime qu’une réponse militaire est la seule solution à la menace terroriste.

img 1
Certains commandants militaires pakistanais estiment qu’il ne reste plus qu’une seule option, celle de mener une guerre à part entière contre les militants talibans. (Photo, AFP)

«Ils ne veulent ni reconnaître la Constitution, ni la loi, ni l’autorité de l’État pakistanais. Il ne reste donc qu’une seule option, celle de mener une guerre totale contre eux», indique Awan à Arab News.

Awan, qui a tenu plusieurs séries de pourparlers de paix infructueux avec les militants au début des années 2000, souhaite que le gouvernement pakistanais lance une opération fondée sur le renseignement dans les districts tribaux du pays et dans d’autres régions afin d’éradiquer les militants, leurs facilitateurs et leurs partisans.

«Ces militants sont équipés des derniers gadgets, tels que des lunettes de vision nocturne, laissés par les forces américaines et de l’Otan en Afghanistan après leur retrait. Le Pakistan devrait donc également aborder la question avec les autorités afghanes», ajoute-t-il. 

img 1
Des soldats pakistanais participent à un raid sur un repaire de militants lors d’une opération à Peshawar, le 16 avril 2019. (Photo, AFP)

Selon les enquêteurs qui se sont adressés à l’AFP, le suspect est apparu sur une vidéo de surveillance en arrivant aux portes du complexe sur une moto avant de passer un contrôle de sécurité et de demander aux agents où se trouve la mosquée Police Lines.

Moazzam Jah Ansari, chef des forces de police de la province de Khyber Pakhtunkhwa, a précisé que le kamikaze avait utilisé 10 à 12 kg d’explosifs, apportés sur le site avant l’attentat en pièces détachées.

Les autorités ont eu du mal à trouver une explication au fait que le kamikaze ait réussi à accéder à la mosquée, vêtu d’un uniforme de police.

Ils enquêtent sur la manière dont une violation aussi importante a pu se produire dans l’une des zones les plus sécurisées de la ville, qui abrite les bureaux de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Certains craignent que des personnes se trouvant dans le complexe policier aient facilité l’attaque.

img 1
Des policiers et des habitants allument des bougies en hommage aux victimes de l’attentat suicide contre une mosquée à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar, lors d’une veillée à Karachi le 2 février 2023. (AFP)

Des centaines de policiers participaient aux prières de l’après-midi à l’intérieur du quartier général de la police, qui aurait dû être étroitement contrôlé, lorsque l’explosion s’est produite, provoquant l’effondrement d’un mur et l’écrasement de dizaines d’officiers.

Le 2 février, les responsables de la police ont revu le nombre de morts à la baisse, passant de 101 à 83 officiers et un civil, après avoir déclaré qu’il y avait eu confusion dans l’enregistrement des corps. De nombreux survivants sont toujours hospitalisés et se trouvent dans un état critique.

Exprimant sa solidarité avec le Pakistan, le ministère saoudien des Affaires étrangères a «réaffirmé la position ferme du Royaume qui rejette le fait de cibler les lieux de culte, de terroriser et de tuer des innocents», selon un article publié par l’agence de officiellle presse saoudienne.

Le ministère «a également affirmé que le Royaume se tient aux côtés de la République islamique du Pakistan, pays frère, contre toute forme de violence, d’extrémisme et de terrorisme, quels que soient ses motifs ou ses justifications».

img 1
Des militants de la société civile protestent à Lahore, au Pakistan, le 1er février 2023, à la suite de l’attentat suicide perpétré contre une mosquée à l’intérieur du quartier général de la police à Peshawar. (AFP)

L’attaque a en outre suscité de vives condamnations de la part de la Ligue islamique mondiale et du secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, entre autres organisations internationales.

«Il est particulièrement odieux que cet attentat se soit produit dans un lieu de culte», a commenté Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, par l’intermédiaire d’un porte-parole. «La liberté de religion ou de croyance, y compris la possibilité de pratiquer son culte en paix et en sécurité, est un droit humain universel.»

«Il est impératif que nous améliorions notre collecte de renseignements et que nous équipions correctement nos forces de police pour lutter contre la menace croissante du terrorisme», a souligné Imran Khan, ancien Premier ministre pakistanais et farouche critique du gouvernement actuel.

Le Premier ministre Sharif a lancé un appel à l’unité nationale à la suite de l’attentat de Peshawar. «Nous devons nous unir pour résoudre ce problème», a-t-il déclaré le 3 février lors de sa visite dans la ville.

Néanmoins, compte tenu de l’ensemble des défis auxquels le Pakistan est confronté, l’attention de son gouvernement continuera probablement à se porter sur plusieurs fronts.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.