Mali: des jeunes interrompent brutalement la conférence de lancement d'un nouveau mouvement

Cette vue aérienne montre le camp de déplacés internes (IDP) de Faladie à Bamako, le 9 novembre 2022. Les personnes fuyant un conflit qui dure depuis dix ans au Mali se réfugient dans le camp de déplacés de Faladie. (AFP).
Cette vue aérienne montre le camp de déplacés internes (IDP) de Faladie à Bamako, le 9 novembre 2022. Les personnes fuyant un conflit qui dure depuis dix ans au Mali se réfugient dans le camp de déplacés de Faladie. (AFP).
Short Url
Publié le Mardi 21 février 2023

Mali: des jeunes interrompent brutalement la conférence de lancement d'un nouveau mouvement

  • Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le groupe de quelques dizaines de jeunes entrer dans la Maison de la presse et couvrir les prises de parole par un vacarme assourdissant de slogans et de cornes
  • Peu après, des chaises volent de part et d'autre dans une grande bousculade et les vitres de la Maison de la presse sont brisées au moment de la sortie du groupe

BAMAKO : Un groupe de jeunes a brutalement interrompu lundi à Bamako la conférence de personnalités publiques qui annonçaient le lancement d'un nouveau mouvement critique à l'encontre des colonels au pouvoir au Mali, ont rapporté les réseaux sociaux et des témoins.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le groupe de quelques dizaines de jeunes entrer dans la Maison de la presse et couvrir les prises de parole par un vacarme assourdissant de slogans et de cornes. Peu après, des chaises volent de part et d'autre dans une grande bousculade et les vitres de la Maison de la presse sont brisées au moment de la sortie du groupe.

Les jeunes brandissent une banderole proclamant "le peuple malien ne suit plus un manipulateur" et visant apparemment l'un des initiateurs de la conférence, Issa Kaou N'Djim. Les instigateurs de cette intrusion n'ont pas été identifiés.

M. N'Djim a indirectement mis en cause les militaires au pouvoir. "Qui (est) derrière ? Je pense que cette question doit être posée aux autorités", a-t-il déclaré à l'AFP. "Rien ne se fait sans la surveillance discrète des autorités", a-t-il ajouté.

Plusieurs personnalités, dont Issa Kaou N'Djim, lançaient une tentative de rassemblement de partis et d'organisations de la société civile aux contours encore flous, baptisée "appel du 20 février pour sauver le Mali".

Cette initiative intervient dans un contexte où les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 en tiennent tous les leviers et où toute contestation organisée est quasiment réduite au silence ou à l'impuissance.

La "volonté d'imposer le silence à tout le monde, cela n'a pas suffi, maintenant c'est des attaques physiques", a dit M. N'Djim à l'AFP.

Parmi les mots d'ordre de cette initiative figurent le respect du calendrier électoral prévu en vue d'un retour des civils au pouvoir et l'abandon du projet de nouvelle Constitution, a-t-il dit.

Cette demande d'abandon va directement à l'encontre des plans de la junte, qui a fait d'une nouvelle Constitution un élément essentiel de son programme et un argument pour continuer à diriger le pays jusqu'à des élections programmées en 2024. Un référendum est prévu en mars sur cette nouvelle Constitution, mais le doute va grandissant quant au respect du calendrier.

Parmi les groupes qui soutiennent l'appel de lundi se trouve la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l'imam Mahmoud Dicko (CMAS). Les fidèles de cet influent religieux avaient essuyé des jets de lacrymogènes des forces de sécurité en janvier, à son retour d'Arabie saoudite.

L'imam avait été la figure tutélaire en 2020 de la mobilisation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu deux ans auparavant et finalement renversé par les militaires.

M. N'Djim, autre animateur de cette mobilisation, d'abord supporteur du colonel Assimi Goïta, le chef de la junte, a pris ses distances avec les militaires.

Il avait été arrêté en octobre 2021 pour "propos subversifs", "troubles à l'ordre public et atteinte au crédit de l'Etat", et condamné en décembre suivant à six mois de prison avec sursis.

M. N'Djim a commencé récemment à sortir de son silence. "La seule chose sur laquelle je suis d'accord pour aider la transition (le processus politique actuel) et éviter que l'on rentre dans une autre crise, c'est d'aider Assimi à faire les élections et qu'il retourne dans les casernes", disait-il dernièrement à une télévision privée.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.