Ukraine: Pékin présente son « plan de paix», le chef de l'Onu dénonce « l'affront» russe

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le directeur chinois du Bureau de la Commission centrale des affaires étrangères Wang Yi au Kremlin, à Moscou le 22 février 2023. (Photo, AFP)
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le directeur chinois du Bureau de la Commission centrale des affaires étrangères Wang Yi au Kremlin, à Moscou le 22 février 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Ukraine: Pékin présente son « plan de paix», le chef de l'Onu dénonce « l'affront» russe

  • A Moscou, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a été reçu mercredi au Kremlin, après s'être entretenu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov
  • Pékin a promis de rendre publique cette semaine sa proposition pour mettre fin au conflit en Ukraine, à temps pour le premier anniversaire du déclenchement de l'offensive russe en Ukraine le 24 février 2022

VARSOVIE: La Chine a présenté mercredi à Moscou sa vision pour le "règlement politique" du conflit en Ukraine, au moment où le secrétaire général de l'Onu dénonçait l'"affront à notre conscience collective" causé il y a un an par l'invasion russe de l'Ukraine, à l'ouverture de l'Assemblée générale.

Kiev et ses alliés espèrent pour leur part recueillir le soutien le plus large possible à une résolution qui doit être examinée le même jour par l'Assemblée générale de l'ONU appelant à une paix "juste et durable", un an après le début de l'invasion russe.

"Le premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie représente un sombre jalon, pour le peuple ukrainien et pour la communauté internationale. Cette invasion est un affront à notre conscience collective", a déclaré Antonio Guterres, répétant ses craintes d'une aggravation du conflit.

Interrogé à Varsovie sur l'annonce de Vladimir Poutine la veille de retrait du traité de désarmement nucléaire New Start, le président américain a brièvement répondu : "grave erreur".

Le chef de l'Etat russe avait marqué mardi les esprits en annonçant la suspension de ce traité signé en 2010, le dernier accord bilatéral du genre liant Russes et Américains.

Joe Biden s'exprimait avant de rencontrer les dirigeants de pays de l'Otan d'Europe centrale et de l'Est (B9, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie), en présence du secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg.

Ce dernier a estimé à cette occasion qu'il fallait "maintenir et intensifier" le soutien à l'Ukraine et lui fournir "ce dont elle a besoin pour l'emporter".

Dans une déclaration commune, les neuf pays ont souligné qu'ils continueraient à renforcer leur "posture de dissuasion et de défense sur tout le flanc oriental, de la Baltique à la mer Noire".

M. Biden a quitté la Pologne après cette réunion.

«Nos terres historiques»
Le même jour, Vladimir Poutine a fait une apparition de quelques minutes au stade Loujniki à Moscou où se  déroulait un grand concert patriotique.

"Aujourd'hui, la hiérarchie (militaire) m'a dit que des combats étaient en cours au sein de nos terres historiques pour notre peuple", a-t-il lancé, sur scène, devant des dizaines de milliers de ses compatriotes.

Il a rendu hommage aux militaires russes déployés en Ukraine qui "se battent avec héroïsme, courage et valeur : nous sommes fiers d'eux".

"Le président a vraiment besoin de notre soutien en ce moment. (...) Il va dans la bonne direction", a déclaré à l'AFP Vladimir Ziablitski, 59 ans, qui a spécialement fait le déplacement de sa région de Kémérovo, à 3.000 kilomètres de la capitale, pour assister à l'événement.

Mardi, Vladimir Poutine avait prononcé un virulent discours, jurant de poursuivre "méthodiquement" l'assaut déclenché en Ukraine et accusant les Occidentaux de vouloir "en finir avec nous une bonne fois pour toutes".

Joe Biden lui avait répondu peu après que l'Occident ne "complotait pas pour attaquer la Russie".

Wang Yi à Moscou
A Moscou, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a été reçu mercredi au Kremlin, après s'être entretenu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Et ce après que les Etats-Unis et l'Otan ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les Chinois se préparaient, ce qu'ils ont démenti, à fournir à la Russie des armes pour poursuivre ses opérations militaires en Ukraine.

"Les partenaires chinois nous ont fait part de leurs réflexions sur les causes profondes de la crise ukrainienne, ainsi que sur leurs approches pour son règlement politique", a commenté le ministère russe des Affaires étrangères, à l'issue des entretiens.

"Il n'a pas été question d'un +plan+ (de paix) séparé", a-t-il toutefois relevé.

Pékin a promis de rendre publique cette semaine sa proposition pour mettre fin au conflit en Ukraine, à temps pour le premier anniversaire du déclenchement de l'offensive russe en Ukraine le 24 février 2022.

"La Chine ne nous a pas consultés", a à cet égard réagi un haut responsable ukrainien qui a requis l'anonymat devant plusieurs médias, dont l'AFP.

Il a prévenu qu'aucun plan de paix ne devrait franchir "les lignes rouges" fixées par Kiev, qui refuse en particulier de faire d'éventuelles concessions territoriales à la Russie qui occupe des régions dans l'est et le sud de l'Ukraine, comme la péninsule de Crimée.

Wang Yi a quant à lui exprimé la volonté de Pékin de "renforcer le partenariat stratégique (...) et la coopération tous azimuts" avec la Russie.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.