La résistance ukrainienne à l'honneur à la Berlinale

Le logo de la Berlinale, le 22 février 2023. (Photo de Tobias SCHWARZ / AFP)
Le logo de la Berlinale, le 22 février 2023. (Photo de Tobias SCHWARZ / AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 23 février 2023

La résistance ukrainienne à l'honneur à la Berlinale

  • Premier grand festival européen de l'année, la Berlinale, qui se termine samedi, affiche sa solidarité avec les producteurs, réalisateurs et acteurs ukrainiens en programmant films et discussions sur le pays attaqué
  • «Sur la ligne de front, il n'y a pas de tapis rouges, seulement du sol gorgé de sang», constatait récemment l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, Oleksiï Makeïev, en présentant le cinéma de son pays

BERLIN : Producteur de films devenu ambulancier volontaire, Yevhen Titarenko est à la Berlinale, avec d'autres cinéastes ukrainiens, pour y montrer la guerre filmée «de l'intérieur» et dénoncer l'agression menée par la Russie depuis un an.

«Sur la ligne de front, il n'y a pas de tapis rouges, seulement du sol gorgé de sang», constatait récemment l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, Oleksiï Makeïev, en présentant le cinéma de son pays.

Premier grand festival européen de l'année, la Berlinale, qui se termine samedi, affiche sa solidarité avec les producteurs, réalisateurs et acteurs ukrainiens en programmant films et discussions sur le pays attaqué.

C'est le président Volodymyr Zelensky qui a ouvert la manifestation, jeudi dernier, en appelant, dans un message vidéo, l'art et le cinéma à s'engager. Celui qui fut comédien avant de devenir dirigeant d'un pays en guerre est au cœur d'un documentaire réalisé par la star américaine Sean Penn et présenté en avant-première à Berlin.

Vendredi 24 février, un an jour pour jour après l'invasion russe, une manifestation de solidarité à l'Ukraine aura lieu sur le tapis rouge de la Berlinale.

- «Pas d'autres choix» -

Parmi les films ukrainiens présentés, «Eastern Front» (Front de l'Est, ndlr), du cinéaste et ambulancier volontaire Yevhen Titarenko, dépeint la vie du personnel médical près de la ligne de front.

Titarenko, 34 ans, était producteur de films en Crimée quand cette province a été annexée par les Russes en 2014.

Alors qu'il se trouvait l'an dernier dans la région de Donetsk pour tourner un documentaire, il «a pris la décision de se porter volontaire», a-t-il dit à l'AFP. Depuis, il a réalisé une douzaine de films «pour montrer aux gens de quoi a l'air la guerre de l'intérieur».

«Les Ukrainiens ne veulent pas faire la guerre. Ils préféreraient faire des choses normales, se consacrer à la culture comme dans tous les autres pays. Mais nous n'avons pas d'autres choix que de nous battre», assure celui dont le film sélectionné pour la Berlinale a été réalisé avec le documentariste russe en exil Vitaly Mansky.

Alisa Kovalenko est elle aussi une cinéaste qui a pris les armes auprès des troupes ukrainiennes après le début de l'offensive russe.

La jeune femme de 35 ans a alors mis entre parenthèse le documentaire qu'elle avait commencé en 2018 sur cinq adolescents du Donbass en quête d'avenir.

- «Lumières à l'intérieur» -

Après quatre mois sur le front, où elle a fait partie de bataillons de combattants volontaires à Kiev et Kharkiv, la réalisatrice a repris son projet et commencé le montage.

«Nous avons compris qu'il fallait tout changer. C'est un film complètement différent» de ce qui était prévu initialement, a-t-elle dit.

Son documentaire «We Will Not Fade Away» raconte les espoirs fragiles de ces jeunes de la région de Louhansk, dans la partie sous contrôle ukrainien du Donbass, filmés entre 2019 et 2022, à la veille de l'invasion russe.

«La Russie peut bombarder nos villes et nous rester sans électricité (...) si vous gardez espoir et continuez de rêver, il vous reste toujours une lumière à l'intérieur de vous même. Et cette lumière, les Russes ne peuvent pas vous l'enlever», assure la réalisatrice, originaire de Zaporijia, l'une des régions régulièrement touchées par les frappes russes.

Entre-temps, deux des adolescents du film ont quitté la région et deux ont disparu, confie Alisa Kovalenko.

Parmi les autres films ukrainiens présentés «Do You Love Me?» (Tu m'aimes ?, ndlr), fiction sur une adolescente à l'époque de la fin de l'Union soviétique et «En Ukraine», un documentaire sur la vie quotidienne dans ce pays depuis la guerre.

Egalement à l'écran, «Iron Butterflies» (Les papillons de fer, ndlr) du réalisateur Roman Liubyi, qui revient sur l'histoire du vol MH17 de Malaysia Airlines, abattu en 2014 par des séparatistes de l'est de l'Ukraine, et la façon dont ce drame fut un prélude du conflit à plus grande échelle d'aujourd'hui.

En marge de la Berlinale, un fonds de soutien européen au cinéma ukrainien, doté d'un million d'euros pour 2023, a été lancé par les ministres française, allemande et luxembourgeoise de la Culture.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".