L'Amérique attend son entrée en campagne, mais Biden n'est pas pressé

Le président américain Joe Biden lors d'un événement dans la salle est de la Maison Blanche le 27 février 2023 à Washington, DC (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden lors d'un événement dans la salle est de la Maison Blanche le 27 février 2023 à Washington, DC (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 28 février 2023

L'Amérique attend son entrée en campagne, mais Biden n'est pas pressé

  • La presse américaine rapporte que le 46e président des Etats-Unis pourrait lancer sa campagne pour une éventuelle réélection au printemps
  • En 2019, Joe Biden s'était déclaré candidat dans une annonce vidéo extrêmement solennelle, présentant Donald Trump comme un danger pour la démocratie

WASHINGTON: Officiellement, le président américain réfléchit encore. Mais les indices d'une candidature de Joe Biden à l'élection de 2024 s'accumulent et la principale inconnue semble désormais être la date de son entrée officielle en campagne.

"Je suis à fond pour, évidemment": voilà ce qu'a dit Jill Biden, interrogée samedi par CNN sur une candidature de son mari. Elle a aussi affirmé qu'un scénario dans lequel le démocrate de 80 ans ne se représentait pas n'était "pas sur ses tablettes".

La professeure d'université avait aussi révélé à l'agence Associated Press qu'il ne restait plus qu'à décider du lieu et de la date d'une annonce officielle.

Sachant le rôle primordial que joue la First Lady dans les décisions de Joe Biden, ces quelques commentaires valent presque confirmation.

Le principal intéressé, connu pour mûrir très longuement toutes ses initiatives, se contente jusqu'ici de répéter qu'il a bien "l'intention" de se présenter à la présidentielle de 2024, sans avoir pris de décision "définitive".

Mais d'autres déclarations semblent confirmer que la question principale désormais est celle du calendrier: "Il y a trop d'autres choses que nous devons terminer à court terme avant que je ne commence à faire campagne", avait-il dit vendredi, dans un entretien accordé à la chaîne ABC.

Et de quatre

La presse américaine rapporte que le 46e président des Etats-Unis pourrait lancer sa campagne pour une éventuelle réélection au printemps -- en 2019, il s'était déclaré le 25 avril et, avant lui, Barack Obama comme Bill Clinton avaient choisi le même mois pour se relancer à l'assaut de la Maison Blanche.

Il s'agirait de la quatrième course à la présidentielle pour Joe Biden: avant d'être élu en 2020, il s'était lancé pour les élections de 1988 et 2008, avec à chaque fois un échec cuisant à la clef. En 2015, très éprouvé par le décès de son fils aîné, le démocrate, alors vice-président, avait renoncé à briguer la succession de Barack Obama.

Cette fois, il a déjà posé quelques jalons d'importance, avec un discours sur l'état de l'Union très énergique le 8 février devant le Congrès et un déplacement spectaculaire en Ukraine la semaine passée.

Dans les deux cas, il a mis en scène son endurance, comme pour montrer qu'il serait bel et bien capable de gouverner jusqu'à l'âge, totalement inédit, de 86 ans, en cas de nouvelle élection.

Cochée également, la case du bilan médical annuel: le médecin personnel du président l'a jugé récemment "apte" à remplir ses fonctions et "en bonne santé".

Reste une étape à franchir, la présentation, le 9 mars, du budget fédéral.

Ensuite, il lui faudra choisir le moment, l'endroit, et la manière de se déclarer.

Il voudra "s'assurer que son annonce intervienne à un moment où l'actualité n'est pas saturée et si possible après un succès politique" d'une nature restant à définir, commente Matthew Foster, expert en sciences politiques à l'American University.

Lever des fonds

"Un lancement de campagne ne prédit ni le succès ni l'échec (de la candidature), mais cela peut être une occasion importante pour lever des fonds", explique-t-il à l'AFP.

Pour lui, l'ancien président Donald Trump a par exemple "mal choisi son moment" pour annoncer sa candidature en novembre dernier, quand "la presse était encore concentrée sur les retombées des élections de mi-mandat et sur le fait que les candidats qu'il soutenait avaient fait moins bien que prévu."

En 2019, Joe Biden s'était déclaré candidat dans une annonce vidéo extrêmement solennelle, présentant Donald Trump comme un danger pour la démocratie qu'il était de son devoir d'arrêter.

Cette fois, le démocrate n'est plus cet ancien sénateur et vice-président sorti de sa retraite politique.

Il dispose du fond de scène le plus évocateur qui soit, la Maison Blanche et de tous les attributs du pouvoir présidentiel.

Et la logique institutionnelle, sur le papier, est avec lui: dans l'histoire américaine récente, la grande majorité des présidents briguent un second mandat -- la Constitution n'en autorise pas davantage -- et ils sont le plus souvent réélus.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.