Trois Palestiniens tués par les forces israéliennes en Cisjordanie

Un enfant réagit lors des funérailles du Palestinien Abdelfattah Kharwasheh après qu'il a été tué par les forces israéliennes lors d'un raid antérieur dans le camp de réfugiés d'Askar à Naplouse en Cisjordanie occupée par Israël, le 8 mars 2023. (Reuters)
Un enfant réagit lors des funérailles du Palestinien Abdelfattah Kharwasheh après qu'il a été tué par les forces israéliennes lors d'un raid antérieur dans le camp de réfugiés d'Askar à Naplouse en Cisjordanie occupée par Israël, le 8 mars 2023. (Reuters)
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Publié le Jeudi 09 mars 2023

Trois Palestiniens tués par les forces israéliennes en Cisjordanie

  • Le ministère palestinien a affirmé que les trois hommes avaient été abattus par les forces israéliennes à Jaba, petite ville au sud de Jénine
  • Le ministre de la Sécurité nationale a salué l'action des forces de police, qui ont «éliminé d'odieux terroristes ayant ouvert le feu contre nos défenseurs»

NAPLOUSE: Trois Palestiniens parmi lesquels deux combattants du Jihad islamique ont été tués jeudi matin lors d'un échange de tirs avec des forces israéliennes dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Cet événement intervient quelques heures avant l'arrivée en Israël du ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, et peu après l'appel d'un émissaire des Nations Unies à mettre fin au "cycle de violences" en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Les trois hommes sont tombés "en martyr", abattus par les forces israéliennes à Jaba, petite ville au sud de Jénine, selon un communiqué du ministère palestinien de la Santé, les identifiant comme étant Sufyan Fakhoury, 26 ans, Ahmed Fashafsha, 22 ans, et Nayef Malaysha, 25 ans.

Selon la police israélienne, des forces spéciales accompagnaient des soldats intervenant à Jaba pour arrêter des personnes suspectées d'avoir commis des attaques contre l'armée dans cette zone de la Cisjordanie.

Deux des trois hommes abattus appartenaient au mouvement palestinien du Jihad islamique, a-t-elle précisé dans un communiqué.

"Au cours de l'opération, des tirs provenant de la voiture des hommes recherchés ont visé les agents infiltrés de la police des frontières", a-t-elle affirmé. Ces derniers ont "répondu en tirant et ont tué les trois hommes dans la voiture."

"Un certain nombre d'armes et engins explosifs ont été trouvés dans leur véhicule", a-t-elle ajouté.

De son côté, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a salué l'action des forces de police, qui ont "éliminé d'odieux terroristes ayant ouvert le feu contre nos défenseurs", d'après un communiqué de ses services.

Le Jihad islamique a dénoncé pour sa part un "assassinat ignoble", selon un communiqué.

«Cycle de violence»

Mardi, l'auteur d'une attaque ayant coûté la vie à deux jeunes colons israéliens le 26 février, a été tué avec cinq autres Palestiniens, lors d'un raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, autre ville palestinienne de la région.

Touché par des tirs lors de cette opération, un adolescent de 14 ans est mort, a annoncé jeudi le ministère palestinien de la Santé.

Depuis l'entrée en fonctions, fin décembre, de l'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël, sous la conduite de Benjamin Netanyahu, les affrontements meurtriers se succèdent, particulièrement en Cisjordanie, où l'armée israélienne multiplie depuis près d'un an ses opérations.

Le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à 75 adultes et enfants palestiniens, combattants et civils depuis le début de l'année.

Treize adultes et enfants israéliens, dont des membres des forces de sécurité et des civils, ainsi qu'une Ukrainienne, ont été tués au cours de la même période, selon un décompte de l'AFP basé sur des sources officielles des deux parties.

"Nous sommes pris dans un cycle de violences qui doit être arrêté immédiatement", a déclaré dans un communiqué Tor Wennesland, émissaire de l'ONU pour la Paix au Proche-Orient, rappelant le récent appel du Conseil de sécurité des Nations unies demandant "aux parties de faire preuve de calme et de retenue, et de s'abstenir de tout acte de provocation et d'incitation à la violence".

Alors qu'approche le début du ramadan en avril --pendant lequel doit tomber cette année la Pâque juive--, nombre d'observateurs craignent qu'un incident sur l'esplanade des Moquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam, bâtie sur les ruines du Temple juif détruit par les Romains en 70, ne dégénère en une flambée de violence incontrôlable.

Les Etats-Unis ont ainsi exprimé à plusieurs reprises leur préoccupation concernant la recrudescence des violences dans le conflit israélo-palestinien.

Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin doit rencontrer jeudi son homologue Yoav Gallant, dans le cadre d'un voyage en plusieurs étapes au Moyen-Orient.

Cette rencontre, qui devait se tenir à Tel Aviv, aura finalement lieu à l'aéroport Ben Gourion, a indiqué le porte-parole du Pentagone.

Un responsable américain a précisé que les autorités israéliennes "s'inquiétaient de manifestations prévues près du QG du ministère de la Défense", dans la ville côtière.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.