En Israël, la mobilisation contre la réforme de la justice ne faiblit pas

La mobilisation contre la réforme judiciaire ne faiblit pas en Israël, avec une nouvelle journée "contre la dictature" prévoyant des dizaines de manifestations à travers le pays jeudi. (AFP).
La mobilisation contre la réforme judiciaire ne faiblit pas en Israël, avec une nouvelle journée "contre la dictature" prévoyant des dizaines de manifestations à travers le pays jeudi. (AFP).
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Publié le Jeudi 09 mars 2023

En Israël, la mobilisation contre la réforme de la justice ne faiblit pas

  • Plus de 65 000 personnes manifestent dans l'ensemble du pays à la mi-journée selon une estimation de la chaîne 13 (privée) de la télévision israélienne
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en partance pour une visite officielle à Rome, a dû rallier l'aéroport à bord d'un hélicoptère

TEL-AVIV: Aéroport international bloqué, visite officielle perturbée, centre de Tel-Aviv envahi par les manifestants : la mobilisation contre la réforme judiciaire en Israël ne faiblit pas, avec jeudi une nouvelle "journée nationale de résistance contre la dictature".

Plus de 65 000 personnes manifestent dans l'ensemble du pays à la mi-journée selon une estimation de la chaîne 13 (privée) de la télévision israélienne. Ce chiffre témoigne d'une forte mobilisation à l'échelle de la population israélienne (plus de 9 millions d'habitants).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en partance pour une visite officielle à Rome, a dû rallier l'aéroport à bord d'un hélicoptère.

Les manifestations ont également contraint le ministre de la Défense américain, Lloyd Austin, à écourter sa visite en Israël.

Arrivé à la mi-journée dans le cadre d'une tournée régionale, M. Austin doit tenir une conférence de presse conjointe avec son homologue Yoav Gallant à 13h30 GMT tout près de l'aéroport Ben-Gourion dont l'accès est bloqué depuis plusieurs heures par des centaines de voitures arborant des drapeaux israéliens.

Les passagers voulant accéder aux aérogares ou en sortir sont contraints de marcher avec leurs valises, selon un photographe sur place.

Dans un concert de klaxons, les manifestants scandent "Démocratie !" et "Liberté !" face à un important dispositif policier.

A Tel-Aviv, des milliers de personnes arborant également le drapeau israélien manifestent dans le centre de la ville, encadrés par des policiers à pied et à cheval. Les manifestants ont notamment bloqué la principale autoroute urbaine.

« Aussi pour vous » 

"Nous sommes ici aussi pour vous", chantent les manifestants, certains faisant un cœur avec leurs mains en direction des policiers, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Des centaines de rassemblements sont prévus dans tout le pays à l'appel des organisateurs du mouvement de protestation contre la réforme judiciaire qui ont appelé à manifester et bloquer les routes.

"Le droit d'expression n'est pas la porte ouverte à l'anarchie et ne doit pas perturber la vie des citoyens", a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. "Il est interdit de bloquer les axes de circulation principaux", a-t-il prévenu.

Parmi les plus à droite de l'histoire d'Israël, la coalition mise en place en décembre par M. Netanyahu tente de faire passer une législation qui lui donnerait de fait le pouvoir de nommer les juges et limiterait considérablement les prérogatives de la Cour suprême, notamment dans sa capacité à invalider des lois.

Depuis l'annonce du texte début janvier, des manifestations massives ont eu lieu dans le pays.

Selon ses détracteurs, le texte menace le caractère démocratique de l'Etat d'Israël. Le gouvernement affirme lui que la réforme est nécessaire pour rétablir un rapport de force équilibré entre les élus et une justice "indépendante", mais pas "omnipotente", selon les mots de M. Netanyahu, qui accuse la Cour suprême d'être politisée.

Vains appels au calme

Sur le front du conflit israélo-palestinien, trois Palestiniens armés parmi lesquels deux combattants du Jihad islamique ont été tués jeudi matin lors d'un échange de tirs avec des forces israéliennes dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Selon les forces de sécurité israéliennes, les trois Palestiniens, dont deux recherchés pour des attaques armés contre des Israéliens, ont été tués lors d'une "opération antiterroriste" à laquelle a pris part une unité spéciale.

Le Jihad islamique et le Hamas, autre mouvement islamiste palestinien, ont promis une vengeance.

Ce nouvel épisode survient dans un climat de montée des violences depuis l'entrée en fonctions du gouvernement Netanyahu, et alors que les appels au calme à répétition de l'ONU retentissent dans le désert.

Le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à 75 adultes et enfants palestiniens, combattants et civils, ainsi qu'à treize adultes et enfants israéliens et une Ukrainienne depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur des sources officielles des deux parties.

Mardi, l'auteur d'une attaque ayant coûté la vie à deux jeunes colons israéliens le 26 février, a été tué avec cinq autres Palestiniens, lors d'un nouveau raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, autre ville palestinienne de Cisjordanie.

Touché par des tirs lors de cette opération, un adolescent de 14 ans est mort, a annoncé jeudi le ministère palestinien de la Santé.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.