Un monde sur mesure: le globe «made in France» fait sa renaissance

Alain Sauter, fondateur d'un atelier qui fabrique de A à Z des globes terrestres à partir de techniques héritées du XVIe siècle, pour le plus grand bonheur de clients qui peuvent se dessiner un monde à leur guise. (AFP).
Alain Sauter, fondateur d'un atelier qui fabrique de A à Z des globes terrestres à partir de techniques héritées du XVIe siècle, pour le plus grand bonheur de clients qui peuvent se dessiner un monde à leur guise. (AFP).
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Publié le Samedi 11 mars 2023

Un monde sur mesure: le globe «made in France» fait sa renaissance

  • Teintes pastel roses, jaunes ou bleutées... Les sphères d'Alain Sauter composent une douce symphonie de couleurs dans l'atelier de ce géographe de formation, fou de voyages et de cartographie
  • Cet ancien enseignant chercheur a pris sur lui de relancer la fabrication de globes «made in France» après la disparition de cet artisanat dans les années 1960

BESANCO : En ligne droite de la Renaissance: à Besançon, un atelier fabrique de A à Z des globes terrestres à partir de techniques héritées du XVIe siècle, pour le plus grand bonheur de clients qui peuvent se dessiner un monde à leur guise.

Teintes pastel roses, jaunes ou bleutées... Les sphères d'Alain Sauter composent une douce symphonie de couleurs dans l'atelier de ce géographe de formation, fou de voyages et de cartographie, qui a pris sur lui de relancer la fabrication de globes "made in France" après la disparition de cet artisanat dans les années 1960.

"Il n'y avait plus personne pour nous enseigner les gestes de la fabrication du début à la fin", raconte cet ancien enseignant chercheur en géographie à la Sorbonne, qui s'est lancé dans son projet fou en 2016. "Il a fallu retrouver les gestes, les matériaux, les techniques, faire des tests..."

Pas question de recourir à du plastique ou à des techniques industrielles. Comme à la Renaissance, on utilise donc du plâtre, appliqué sur un moule, afin de créer deux demi-sphères qui seront assemblées en une seule. Une course contre la montre, car le plâtre sèche en 15 minutes !

"L'été, ça ne marche pas, le plâtre sèche trop vite", remarque le fondateur de Globe Sauter et Cie. "Quand il fait trop froid ça ne marche pas non plus..."

Impératif: produire une sphère parfaitement lisse, sans quoi le monde ne sera pas tout à fait rond.

"Là je tombe pile", se rassure Alain Sauter, qui a mesuré sur un globe en cours de fabrication un équateur (66 cm) exactement deux fois plus long que le méridien (33 cm).

"La moindre erreur est multipliée par pi", explique-t-il. "Un millimètre d'erreur sur notre moule se traduit par 3,14 mm d'erreur à l'équateur."

Globe-trotter

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"L'été, ça ne marche pas, le plâtre sèche trop vite", remarque le fondateur de Globe Sauter et Cie. "Quand il fait trop froid ça ne marche pas non plus...". (Photo, AFP)

On trace sur ce globe vierge un méridien, l'équateur et les deux tropiques, autant de point de repères qui permettront d'apposer méticuleusement 12 bandes de papier sur lesquelles a été imprimé un fond de carte en noir et blanc.

Ces fuseaux reliant les pôles doivent parfaitement s'aligner les uns aux autres, faute de quoi on risque la faille au milieu du Pacifique ou un tsunami cartographique dans l'océan Indien. "Je fais le tour du monde trois fois par jour", s'amuse Alain Sauter, 39 ans et une allure d'éternel étudiant.

"La difficulté, c'est de trouver les bons matériaux", observe-t-il. La structure principale du globe est faite en staff, un "plâtre armé", c'est-à-dire renforcé par des fibres végétales. La technique était déjà connue des Romains, assure l'artisan.

Le papier, lui aussi, est hautement spécialisé: il doit conserver exactement ses dimensions d'origine malgré la colle, sans gonfler ni se déformer.

Arrive l'étape reine de la fabrication: la peinture. Alain et sa collègue Cécile Blary, graphiste de formation, apposent délicatement leur aquarelle sur le papier, selon les teintes choisies par le commanditaire. Un travail minutieux à l'aide de deux pinceaux, l'un pour poser la couleur, l'autre pour absorber l'eau excédentaire.

"Le plâtre n'a qu'une envie, c'est de boire de l'eau", explique-t-il.

Monstres marins

Cerise sur la planète, il est possible de se créer un monde à sa façon, en inscrivant par exemple le nom de son village natal. "On ajoute villes ou villages à la demande des clients, ou encore des monstres marins dans les océans, des îles imaginaires, des trajets autour du monde comme le Vendée Globe ou bien des sites comme les temples d'Angkor...", résume M. Sauter.

On l'aura compris, face à la concurrence de la cartographie en ligne, les globes qui sortent de son atelier n'ont plus guère de fonction encyclopédique mais plutôt une valeur poétique.

"Ce sont des globes pour faire voyager", observe-t-il.

Son projet le plus fou, c'est d'avoir été choisi en 2020 par le château d'Amboise pour livrer un globe façon 1550, comme aurait pu en posséder François Ier à l'époque des grandes découvertes.

"C'était comme si on travaillait pour François Ier, comme si nous étions les cosmographes du roi", frémit-il encore.

A seulement deux personnes dans l'atelier, la manufacture ne produit qu'une centaine de globes par an, avec une dizaine d'heures de travail pour les petits modèles (21 cm de diamètre) et deux semaines pour les gros (80 cm). Le prix s'en ressent: de 350 à 9000 euros selon les tailles.

Après un coup de frein lié à la pandémie, l'affaire "redevient rentable", selon M. Sauter.

Pour ceux qui trouveraient la Terre trop petite, l'atelier fabrique aussi des globes lunaires et célestes.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".