Pour le chef de l’IRENA, «l’ancien système d’énergies fossiles ne peut pas s’arrêter en un seul jour»

La présentatrice de l’émission Frankly Speaking, Katie Jensen, a interrogé Francesco La Camera, dirigeant de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Photo fournie).
La présentatrice de l’émission Frankly Speaking, Katie Jensen, a interrogé Francesco La Camera, dirigeant de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Photo fournie).
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Publié le Lundi 13 mars 2023

Pour le chef de l’IRENA, «l’ancien système d’énergies fossiles ne peut pas s’arrêter en un seul jour»

  • Une transition régulière vers les énergies renouvelables permettrait de maintenir un approvisionnement stable et de répondre aux demandes énergétiques des pays en développement
  • L’Arabie Saoudite a exprimé son ambition de produire 50% de son électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030 – les 50% restants provenant du gaz naturel

DUBAÏ: Pour que le monde effectue sa transition vers l’énergie verte sans perturbation des lignes d’approvisionnement actuelles, le désinvestissement des énergies fossiles doit être un processus graduel, a déclaré Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), à Arab News.

« Il faut comprendre que l’ancien système centralisé et basé sur les énergies fossiles ne peut s’arrêter en un jour », a déclaré La Camera à Katie Jensen, animatrice de l’émission d'Arab News Frankly Speaking.

 

 

« Il y aura un lent déclin du pétrole et du gaz. Pour maintenir une baisse régulière, nous avons encore besoin d’investissements dans le pétrole et le gaz. Sans quoi, nous nous exposerons à un ébranlement du secteur ».

Une transition équilibrée vers le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la géothermie et d’autres énergies renouvelables contribuerait à maintenir un approvisionnement stable pour le monde industrialisé, tout en répondant aux besoins énergétiques des pays en développement, explique le chef de l’IRENA.

 

« Tout doit être équilibré. Nous devons comprendre que nous avons une demande d’énergie nécessaire au développement. Cette demande augmentera, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est ».

 

L’IRENA est une agence intergouvernementale pour la transformation énergétique qui soutient les pays dans leurs transitions énergétiques et fournit également des données sur la technologie, l’innovation, la politique, la finance et l’investissement.

La Camera, directeur général de l’agence depuis avril 2019 a contribué à forger une série de partenariats stratégiques avec des organisations affiliées à l’ONU, notamment le PNUD, la Convention-cadre des Nations Unies pour le changement climatique et le Fonds vert pour le climat, afin de mettre en œuvre une approche plus active en la matière.

Le diplomate italien conserve néanmoins une approche réaliste quant au rythme de la transition énergétique, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine qui a entraîné une flambée des prix mondiaux, poussant plusieurs nations à réadopter des alternatives moins chères mais moins « propres », telles que le charbon.

 

Les écologistes ont accusé les pays développés d’hypocrisie suite aux récentes mesures prises en Europe et au Royaume-Uni pour rouvrir les mines de charbon à une époque où la plupart des pays éliminent progressivement les énergies fossiles.

« À très court terme, afin d’éviter les effondrements et les perturbations de l’approvisionnement énergétique, les pays font ce qu’ils peuvent » a déclaré La Camera. « Dans certains cas, cela a réactivé les mines de charbon, mais ils n’investissent pas dans de nouvelles mines de charbon. »

Cependant, La Camera estime qu’il ne s’agit que de mesures à court terme, mises en œuvre en réponse à la hausse des coûts de l’énergie causée par les sanctions occidentales contre le pétrole et le gaz russes. La trajectoire à long terme vers les énergies renouvelables est inéluctable selon lui.

« Nous devons comprendre que nous vivons à l’époque de la crise ukrainienne et que les pays doivent répondre au manque de gaz russe. Il est impératif de faire la distinction entre le court terme et le moyen-long terme, » a-t-il précisé.

« À court terme, les pays essaient de faire ce qu’ils peuvent pour ne pas priver leur propre public du chauffage et de la climatisation dont ils ont besoin…ils essaient de trouver des solutions à la pénurie de gaz russe. Pourtant, leurs politiques à moyen et long terme sont très claires. Nous ne sommes pas en train de reculer »

« L’année dernière a été une année record pour les investissements dans les énergies renouvelables. Nous avons battu de nouveaux records dans leur nouvelle capacité d’installation des énergies renouvelables. »

« Ce processus est inéluctable. La seule question qui se pose aujourd’hui n’est pas de l’ordre de l’orientation de ce changement – qui est clair et que rien ne changera. La question est la vitesse ainsi que l’ampleur de cette transformation, puisque son rythme actuel ne permettra pas d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ainsi que les objectifs de développement durable des Nations Unies. »

L’Accord de Paris est un traité international sur le climat, adopté en 2015. Il adopte l’atténuation, l’adaptation et le financement du changement climatique. Son objectif premier est de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale sous les 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts afin de limiter l’augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius.

« Nous ne sommes pas alignés sur les objectifs de l’Accord de Paris », a déclaré La Camera. « Nous disons très clairement que nous avons besoin, cette décennie, de 57 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,94 euro) d’investissement dans la transition énergétique. Nous n’en sommes pas du tout là. Nous parlons également de la nécessité de tripler notre capacité d’installation d’énergies renouvelables d’ici 2030 et cela ne se produit pas. »

« D’où vient cet argent ? Nous avons une idée claire là-dessus. Il y a beaucoup de liquidités sur le marché. Selon nous, aujourd’hui, il n’y a pas de bonnes politiques en place pour activer la demande, par exemple, pour l’hydrogène vert. »

« D’ailleurs, l’accent n’est pas encore suffisamment mis sur l’infrastructure nécessaire pour soutenir la construction du nouveau système énergétique. Lorsque nous parlons d’infrastructure, nous parlons de la capacité physique, juridique et institutionnelle ainsi que des carrières de compétences professionnelles. »

L’Arabie saoudite s’est engagée à atteindre zéro émission nette d’ici 2060. Le Royaume a entrepris des initiatives de lutte contre le réchauffement climatique d’un milliard de dollars dans le cadre de l’Initiative verte saoudienne, visant à établir un centre régional de capture et de stockage du carbone, un centre d’alerte précoce aux tempêtes, et l’ensemencement des nuages dans le cadre de ses efforts pour créer un avenir plus vert. »

Le prince héritier Mohamed Ben Salmane a déclaré que le Royaume plantera 450 millions d’arbres et réhabilitera 8 millions d’hectares de terres d’ici 2030, réduisant ainsi 200 millions de tonnes d’émissions de carbone avec des initiatives supplémentaires qui seront annoncées dans les années à venir.

L’Arabie Saoudite a également exprimé son ambition de produire 50% de son électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030 – les 50% restants provenant du gaz naturel.

Le Royaume a lancé plusieurs grands projets d’énergie renouvelable, tirant parti de son potentiel naturel dans le solaire et l’éolien, notamment la centrale solaire Sakaka, le premier projet d’énergie solaire à grande échelle en Arabie Saoudite et Dumat Al-Jandal, son premier grand projet éolien.

Par ailleurs, le Royaume a pour ambition de devenir le premier producteur mondial d’hydrogène. Saudi Aramco et SABIC, en partenariat avec l’Institut d’économie de l’énergie du Japon, ont annoncé en 2020 la première expédition d’ammoniac bleu du Royaume vers le Japon.

NEOM, le giga-projet de la ville intelligente du Royaume a également l’intention de construire une des plus grandes usines d’hydrogène vert au monde.

« Ils ont des ambitions pour l’hydrogène vert » a déclaré La Camera. « Ils sont prêts à signer des contrats pour vendre de l’hydrogène vert. Or, la demande n’y est pas encore. Et donc, il faut prendre en considération les partenaires de la demande afin de faire bouger les choses. »

Alors, que peut-on faire pour encourager une plus grande demande de produits à base d'hydrogène afin d’en faire une source d'énergie alternative viable ?

« Premièrement, les politiques industrielles », a déclaré La Camera. « Les pays développés ont des politiques industrielles capables de favoriser une demande d'hydrogène vert plutôt que d’énergies fossiles. Cela est très important et signifie que l'environnement juridique est essentiel.

« Entre-temps, nous avons besoin de l'infrastructure pour mettre sur le marché ce que nous produisons en termes d'hydrogène vert. En Afrique du Nord, ils ont cinq gazoducs qui peuvent probablement être adaptés pour transporter, non pas du gaz en tant que tel, mais de l'hydrogène. Nous pourrons peut-être avoir plus de navires pour le commerce de l'ammoniac. Nous pouvons aussi penser à des électroducts qui pourraient permettre aux pays d'échanger de l'énergie de manière efficace. »

« Tous ces éléments font partie d’un ensemble complet qui, avec un peu de chance, incitera les pays à agir plus vite. »

« Mais encore une fois, je ne doute pas du tout de l’ambition de l’Arabie Saoudite. Je n’ai aucun doute sur l’ambition des Émirats arabes unis. J’ai également vu d’autres pays du Golfe évoluer rapidement avec cette tendance. »

La COP28, la 28ème session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, se réunit du 30 novembre au 12 décembre de cette année aux Émirats arabes unis - ce n'est que la deuxième fois que le sommet se tient dans le monde arabe après la présidence égyptienne l'an dernier.

Selon La Camera, les nations participantes doivent profiter du sommet de cette année pour aller au-delà des engagements et des promesses et, à la place, prendre des mesures concertées afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et passer aux énergies renouvelables.

« Tout le monde doit participer à la discussion. Les compagnies pétrolières et gazières, les gouvernements et les pays où les gaz sont pertinents d'un point de vue économique. Ils doivent tous en faire partie » a-t-il déclaré.

« Les Émirats arabes unis et l'Arabie Saoudite ont déjà fait preuve d'une grande ambition en optant pour les énergies renouvelables. Voici une région où l'on peut produire de l'électricité à moindre coût. Et nous avons vu que les pays du Golfe optent pour le zéro net, établissant leur propre stratégie hydrogène. »

« Pour la première fois, la COP aux Émirats arabes unis certifiera que nous ne sommes pas sur la bonne voie. Cette COP doit trouver un moyen de combler le fossé entre où nous en sommes et où nous devrions être. L'IRENA essaie également de travailler là-dessus, au-delà de la COP28, en offrant à la présidence quelque chose sur quoi baser son travail, en finançant un compromis entre tous les autres pays.

« Nous sommes persuadés que cette COP28 sera historique. »

En tenant compte du pessimisme répandu dans de nombreux milieux, l’optimisme de La Camera quant à la transition vers les énergies renouvelables et le rôle proactif joué par les producteurs de pétroles du Golfe est rassurant.

Il n'est cependant pas satisfait et affirme qu'il continuera à faire pression pour une adoption plus rapide et plus ambitieuse de l'énergie propre à la COP28 et au-delà.

« Les énergies renouvelables jouent un rôle primordial », a-t-il déclaré. « Nous allons vers un nouveau système énergétique qui sera prochainement dominé par les énergies renouvelables et avec le complément de l'hydrogène, principalement de l'hydrogène vert, et l'utilisation durable de la bioénergie. »

« Il n'y a aucun moyen d'arrêter ce processus. Il faut savoir comment le maintenir à la vitesse et à l'échelle nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Middle East Energy 2026: la France mise sur des réseaux électriques plus intelligents et résilients dans le Golfe

 La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
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  • Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures
  • À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035

DUBAÏ : La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. À travers un pavillon dédié de Business France, 13 entreprises françaises présenteront leurs technologies et leur expertise dans des domaines allant de la protection des réseaux à l’intégration des énergies renouvelables.

Cette participation intervient alors que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) accélèrent la transformation de leurs systèmes électriques. L’augmentation de la demande en électricité, le développement rapide des énergies renouvelables et la numérisation des économies régionales placent désormais les réseaux électriques au cœur des stratégies énergétiques.

Pour la France, cette évolution ouvre un espace important pour ses entreprises spécialisées dans les infrastructures électriques, l’automatisation, la cybersécurité des systèmes industriels, le stockage et l’alimentation électrique critique.

Des investissements massifs dans les infrastructures électriques

Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures énergétiques et de ses réseaux intelligents.

À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035. L’objectif est de recourir davantage aux technologies numériques, à l’automatisation et à l’analyse des données afin d'améliorer la fiabilité et l’efficacité du réseau et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Le mouvement dépasse les frontières des Émirats. Dans l’ensemble du CCG, les interconnexions électriques et la flexibilité des réseaux deviennent des priorités à mesure que les capacités de production évoluent.

Parmi les projets structurants figure notamment l’interconnexion directe entre Oman et le réseau électrique du CCG, portée par la GCC Interconnection Authority. Le projet prévoit environ 530 kilomètres de lignes de transport à 400 kV, afin de renforcer les échanges d’électricité entre Oman et le réseau régional et d’accroître la résilience du système électrique.

Le réseau, nouveau pilier de la transition énergétique

La transformation du secteur énergétique du Golfe ne se limite plus à la construction de nouvelles capacités de production. Elle concerne désormais l’ensemble de l’infrastructure permettant de transporter, distribuer, contrôler et sécuriser l’électricité.

Cette évolution est particulièrement importante avec l’essor du solaire et d’autres sources renouvelables, dont la production peut être variable. Les réseaux doivent ainsi devenir plus flexibles et capables de gérer des flux d’électricité plus complexes.

À l’échelle mondiale, les besoins d’investissement sont considérables. Selon le rapport Electricity 2026 de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements annuels dans les réseaux électriques devront augmenter d’environ 50 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau actuel d’environ 400 milliards de dollars, pour suivre la croissance de la demande mondiale.

La résilience des infrastructures, leur capacité à intégrer les énergies renouvelables et leur numérisation deviennent ainsi des enjeux stratégiques, aussi bien pour les économies développées que pour les marchés du Golfe.

Un partenariat franco-émirati qui s’élargit

La présence française à Middle East Energy s'inscrit également dans le renforcement des relations économiques entre Paris et Abou Dhabi.

Les Émirats arabes unis constituent le premier client de la France dans le Golfe. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 10,8 milliards d’euros en 2025, contre 8,5 milliards en 2024 et 7,4 milliards en 2023.

La coopération bilatérale s’étend désormais à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la transition énergétique, la lutte contre le changement climatique, les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

En février 2025, Masdar, TotalEnergies et 2PointZero ont notamment signé un accord-cadre visant à favoriser le développement de l’accès aux énergies propres dans les marchés émergents, dans le cadre du UAE-France High-Level Business Council.

Cette coopération s’appuie également sur le Partenariat stratégique global dans le domaine de l’énergie, établi entre la France et les Émirats en 2022.

Treize entreprises françaises au rendez-vous

Le pavillon français réunira 13 entreprises couvrant plusieurs segments de la chaîne de valeur électrique.

Dans le domaine de la protection et de la résilience des réseaux, CITEL-2CP, France Paratonnerres, INDELEC, OBSTA et SERGI Transformer Protector présenteront notamment des solutions de protection contre les surtensions et la foudre, de prévention des explosions et incendies de transformateurs, ainsi que des technologies destinées aux infrastructures critiques.

Sur le volet de la mesure, de la supervision et de l’automatisation, Chauvin Arnoux Middle East / Chauvin Arnoux Energy, AOIP et Straton Automation proposeront des solutions de surveillance des réseaux électriques, de test et mesure, d’étalonnage et d’automatisation industrielle.

Michaud Export, Transalpes Composite et SOC EXPL General Produits Industriels mettront pour leur part en avant leur expertise dans les réseaux de distribution basse tension, les supports de réseaux et les solutions industrielles isolantes.

Enfin, EnerSys, Infosec UPS System et Terracotta présenteront des solutions liées à l’alimentation électrique critique, notamment les batteries, les chargeurs, les systèmes d’alimentation sans interruption et les équipements électriques.

Au-delà de la diversité des technologies présentées, cette présence française illustre une volonté de se positionner sur l’ensemble de la transformation des réseaux électriques du Golfe.

Alors que les pays de la région cherchent à concilier croissance de la demande, déploiement des renouvelables et sécurité énergétique, la prochaine étape de leur transition pourrait bien se jouer moins dans la seule capacité de produire davantage d’électricité que dans celle de disposer de réseaux capables de la transporter, de la gérer et de la sécuriser plus intelligemment.


La carte Visa marque le retour de la Syrie dans le système financier mondial: Al-Sharaa utilise sa carte pour acheter un café

« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
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  • Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans
  • « Prêts à reconstruire la nation », déclare Ahmad Al-Sharaa

RIYAD: « En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? »

D’un simple geste sur un terminal de paiement à Damas, le président Ahmad Al-Sharaa a marqué le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et le retour de ce pays arabe au sein du système financier mondial.

Dans une vidéo diffusée tôt jeudi matin, Al-Sharaa a utilisé une carte Visa pour payer un café alors qu’il était assis aux côtés de Safwat Raslan, le gouverneur de la banque centrale de la République arabe syrienne.

Raslan a publié la vidéo sur X, en déclarant : « Assister à ce moment aux côtés de Son Excellence le président Ahmad Al-Sharaa, et voir le premier paiement par carte Visa s'effectuer au cœur de Damas le lendemain du retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, est pour moi un sentiment difficile à exprimer avec des mots. »


Lundi, les États-Unis ont franchi une étape historique en retirant la Syrie de cette liste après 47 ans, libérant ainsi ce pays arabe des graves conséquences économiques liées à cette désignation.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué : « La mesure prise aujourd’hui contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique. »

Les rebelles menés par Al-Sharaa ont renversé Bachar al-Assad, qui dirigeait la Syrie depuis longtemps, en décembre 2024, au terme d’une guerre civile dévastatrice qui a duré 13 ans.

Al-Sharaa a salué cette décision en déclarant : « La Syrie se débarrasse d’une tache sombre et tourne la page sur un chapitre douloureux de son passé pour s’engager sur la voie du développement, de la reconstruction et du renouveau. »


Le ministre saoudien de l’Investissement : «Notre économie offre d’importantes opportunités aux entreprises françaises»

 Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
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  • M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.
  • Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne

PARIS: Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, a déclaré lundi que les investissements directs étrangers (IDE) français en Arabie saoudite avaient atteint 16,3 milliards d’euros, soulignant que la France était la quatrième source d’IDE du Royaume.

Il a ajouté que la présence des entreprises françaises en Arabie saoudite s’étendait désormais à plus de 18 secteurs.

S’exprimant lors de l’ouverture de la Table ronde franco-saoudienne sur l’investissement organisée à Paris, à laquelle participait également Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.

Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Organisée par le ministère de l’Investissement, elle rassemble des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des dirigeants de grandes sociétés des deux pays.

Les discussions portent sur les opportunités d’élargir les partenariats dans des secteurs tels que l’industrie, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, entre autres. La signature de nouveaux accords et protocoles d’accord est également prévue.

L’énergie, domaine phare de la coopération

Le ministre de l’Investissement a souligné que le secteur du pétrole et du gaz figurait parmi les industries les plus susceptibles de bénéficier du renforcement des relations saoudo-françaises, compte tenu de la présence de longue date des entreprises françaises dans le secteur énergétique du Royaume.

La coopération s’étend également à l’ensemble du paysage énergétique, notamment aux énergies renouvelables, à l’hydrogène et aux infrastructures de réseau, tandis que les entreprises françaises continuent de renforcer leur présence dans les domaines de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la construction, de l’eau et des services.

L’énergie reste l’un des domaines phares de l’engagement français en Arabie saoudite, parallèlement aux opportunités croissantes dans de nouveaux secteurs étroitement liés à la dynamique de diversification économique du Royaume dans le cadre de la Vision 2030.

De l’énergie et de l’industrie à l’intelligence artificielle

Le partenariat d’investissement entre les deux pays s’étend de plus en plus au-delà des secteurs traditionnels pour s’orienter vers la nouvelle économie, en particulier l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la culture, les industries créatives et l’exploitation minière.

L’intégration de ces secteurs à l’ordre du jour de la table ronde reflète les efforts des deux parties pour transformer des liens économiques bien établis en partenariats d’investissement dans certains des secteurs connaissant la croissance la plus rapide, en tirant parti de la demande croissante sur le marché saoudien et des capacités technologiques et industrielles des entreprises françaises.

Les entreprises françaises sont déjà présentes dans des secteurs tels que les transports et la logistique, les services liés à l’eau et à l’environnement, l’hôtellerie et la santé. À mesure que l’économie saoudienne poursuit son expansion, de nouvelles opportunités apparaissent dans les domaines des technologies de pointe et de l’industrie manufacturière.