Les «Femmes Arabes de l’Année» invitées à raconter leur histoire à Londres

Le prix annuel des femmes arabes de l'année est organisé par l’Organisation arabe de Londres (Photo, Fournie).
Le prix annuel des femmes arabes de l'année est organisé par l’Organisation arabe de Londres (Photo, Fournie).
Short Url
Publié le Samedi 18 mars 2023

Les «Femmes Arabes de l’Année» invitées à raconter leur histoire à Londres

  • Il n'y a pas de catégories fixes pour les prix annuels et les lauréats sont sélectionnés chaque année
  • Le thème de cette année est «Tell Her Story» qui fait partie de la campagne de l'organisateur «Unlock Her Future»

LONDRES : Les femmes arabes sont encouragées à raconter leur histoire afin de briser les stéréotypes associés aux abus et à la violence, et de contribuer à l'autonomisation et à l'inspiration des jeunes générations de femmes.

Les prix «Femmes Arabes de l’Année », organisés par l’Organisation arabe de Londres, ont donné lieu à une cérémonie somptueuse dans la capitale britannique, mercredi, afin de reconnaître et de célébrer les réalisations remarquables des femmes arabes au cours de l'année passée, en présence de membres de la famille royale britannique et arabe, de diplomates, de ministres et de chefs d'entreprise.

La Dr. May Chidiac, journaliste et ancienne ministre libanaise, a reçu le prix "Achievement in Media Activism" (Prix d'excellence en activisme médiatique) pour le travail qu'elle a accompli pendant près de quarante ans et pour avoir créé l’Institut des médias de la Fondation May Chidiac, une organisation non gouvernementale qui se consacre à la recherche et à l'éducation sur les médias, les droits de l'homme, la démocratie et les questions de protection sociale.

E
May Chidiac (Capture d’ecran)

Chidiac, qui a survécu à une horrible tentative d'assassinat à la voiture piégée à Jounieh, au Liban, en 2005, et qui a repris son travail de journaliste en 2006 après avoir subi plus de 40 opérations chirurgicales, a déclaré qu'elle était très honorée de recevoir ce prix.

Elle a révélé à Arab News : «Je ne peux pas vous dire à quel point j'ai apprécié cette reconnaissance parce qu'en voyant tant de femmes arabes célébrées aujourd'hui, tant de visages célèbres que nous avons rencontrés dans différents secteurs - nous pouvons aller de la politique, de l'activisme, du journalisme, de l'espace, de la technologie, aux influenceurs - cela signifie que nous mettons notre doigt dans ce monde où les femmes réalisent des histoires à succès.»

Il n'y a pas de catégories fixes pour les prix annuels et ils sont sélectionnés chaque année pour célébrer les femmes exceptionnelles et leurs réalisations, indépendamment de leur origine ou de leur domaine de prédilection.

La Dr. Koweïtienne Nada Al-Chammari, partenaire et directrice de l'inspiration chez Orbital Space - une société basée aux Émirats arabes unis qui s'efforce de rendre l'espace accessible à tous - a reçu le prix de l'innovation et est la première femme à être reconnue par l'organisation dans le domaine de l'espace.

Elle a signalé qu'au cours des dix dernières années, le nombre d'entreprises privées basées dans le Conseil de coopération du Golfe qui entrent dans le secteur spatial avec le potentiel de devenir des pionniers a augmenté et qu'un grand nombre de ces entreprises sont composées de jeunes originaires du Golfe.

Al-Chammari a indiqué : «Nous espérons inciter les jeunes, par le biais de missions spatiales et d'activités d'engagement dans l'espace, à se passionner pour l'espace, à s'y intéresser et à devenir les futurs leaders de l'espace, non seulement pour notre région, mais aussi pour le monde entier.»

« 
La Dr. Koweïtienne Nada Al-Chammari, associée et responsable de l'inspiration chez Orbital Space, a reçu le prix de l'innovation. (Photo fournie)

Elle a ajouté qu'Orbital Space, en tant que membre du secteur privé, avait fait œuvre de pionnier avec les gouvernements du Koweït et des Émirats arabes unis pour impliquer et élargir le cercle de participation afin d'attirer davantage de personnes dans le secteur spatial.

Elle a déclaré : «J'aimerais que le Koweït s'engage de plus en plus dans le secteur spatial et qu'il soutienne davantage d’entreprises privées dans ce domaine, mais j'aimerais aussi que la première jeune femme koweïtienne devienne la première astronaute du Koweït.»

Le thème de cette année est "Racontez son histoire", dans le cadre de la campagne de l'organisation "Libérez son avenir", qui visait à inciter les institutions, les organisations et les individus à faire face aux durs obstacles auxquels sont confrontées les jeunes filles arabes, tels que la violence contre les femmes sous la forme de crimes d'honneur et de mariages d'enfants.

D
Des membres de la famille royale britannique et arabe, des diplomates, des ministres et des chefs d'entreprise ont participé à l'événement qui s'est déroulé à la tour Jumeirah Carlton de Londres. (Photo fournie)

Au cours de la cérémonie, des jeunes filles ont raconté les propos et les critiques dont elles ont fait l'objet et la manière dont la campagne a pu les soutenir.

Omar Bdour, PDG de l’Organisation Arabe de Londres, a souligné qu'il avait l'habitude de ne pas tenir compte des histoires de femmes victimes d'abus ou de harcèlement, car l'idée commune était que c'était la faute de la femme.

Il a ajouté : «Maintenant, j'ai une petite fille et je me demande parfois, lorsque j'en ai ri, si quelqu'un rira des mêmes propos [s'ils venaient de ma fille]. C'est pourquoi je pense qu'il faut que je change.»

Selon Bdour, les femmes sont agressées et violées en Occident, mais si elles vont à la police, elles sont protégées, alors que dans le monde arabe, «on vous demandera si vous êtes sûre de vouloir faire cela, pourquoi vous mettez-vous dans cette situation, ce que vous portiez à ce moment-là, si vous êtes sûre que votre famille va être d'accord avec cela.»

Il a révélé qu'il avait honte de ce qu'il pensait auparavant et qu'il était nécessaire de penser différemment, tout en ajoutant qu'il espérait voir d'autres hommes changer d'avis.

T
Omar Bdour, PDG de l’Organisation Arabe de Londres, a appelé les femmes à raconter leur histoire. (Photo fournie)

Parmi les femmes récompensées pour leurs réalisations figurent Cheikha May Al-Otaibi du Bahreïn pour l'éducation, la ministre libyenne des affaires étrangères Najla Mangouch pour la diplomatie, Cheikha Fatima bent Hazza Al-Nahyan des Émirats pour le développement culturel, l'ancienne ministre jordanienne du développement social Khawla Armouti pour le service à la communauté, l'influenceuse et mannequin libanaise Nour Aridapour l'impact social, la mathématicienne yéménite ManahelThabet pour le développement scientifique et l'athlète syrienne Dima Aktaa pour le prix de l'esprit communautaire.

La journaliste jordanienne Caroline Faraj, qui a remporté le prix de la réussite dans les médias l'année dernière, a déclaré qu'il était formidable de voir toutes les nouvelles femmes reconnues non seulement dans le monde arabe, mais aussi à Londres, et que leur histoire soit entendue en Grande-Bretagne.

R
L'athlète syrienne Dima Aktaa s'est vu décerner le prix de l'esprit communautaire. (Photo fournie)

Faraj, qui est vice-présidente et rédactrice en chef de CNN Arabic, a déclaré : «Cette organisation a été en mesure de trouver ces personnes, ces femmes, et de leur donner la parole, de leur permettre de s'exprimer. Je suis donc très heureuse d'avoir fait partie de celles qui ont reçu le prix l'année dernière, mais je suis également heureuse de découvrir chaque année plus de femmes, plus de personnes qui ont réussi et surtout plus de voix du monde arabe.»

E
Cheikha Fatima bent Hazza Al-Nahyan des Émirats a notamment été récompensée pour ses réalisations dans le domaine du développement culturel. (Photo fournie)

Elle a souligné qu'il était important que les femmes racontent leur histoire, mais que cela restait «un défi». Dans le cadre du 20e anniversaire de CNN Arabic, la chaîne a lancé l'année dernière une initiative intitulée "Her Story" (Son histoire) afin d'offrir aux femmes une formation et un accompagnement gratuits pour qu'elles puissent raconter leur histoire.

«Tout le monde devrait pouvoir raconter son histoire afin d'être entendu», a-t-elle soutenu. «Nous devons nous former non seulement pour raconter, mais aussi pour écouter et nous devons vraiment travailler ensemble pour le faire, et le faire correctement.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".