Le gotha culinaire réuni à Monaco pour oublier les retrogradations du Michelin

Des prix spéciaux ont été remis au cours de cette cérémonie, dont le point d'orgue est l'hommage à Alain Ducasse, le chef le plus étoilé au monde (Photo, AFP).
Des prix spéciaux ont été remis au cours de cette cérémonie, dont le point d'orgue est l'hommage à Alain Ducasse, le chef le plus étoilé au monde (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 mars 2023

Le gotha culinaire réuni à Monaco pour oublier les retrogradations du Michelin

  • À Monaco, La Liste a invité les meilleurs chefs des pays de la Méditerranée pour célébrer le patrimoine culinaire commun «sans faire de classement»
  • Un sondage sera prochainement mené pour La Liste pour «savoir ce qui compte pour les restaurateurs et les clients» en termes de références

MONACO: Le classement La Liste a réuni jeudi à Monaco la crème de la gastronomie internationale pour célébrer la cuisine méditerranéenne et son doyen multi-étoilé Alain Ducasse, dans une cérémonie pour faire oublier les rétrogradations du guide Michelin.

Le gala se tient moins d'un mois après la perte de sa troisième étoile au Michelin du Français Guy Savoy, consacré pour la sixième fois meilleur chef au monde par La Liste, qui établit son classement à partir des guides et critiques gastronomiques.

"Les chefs sont assez terrorisés. Cela tombe sur Guy Savoy, mais qui sera le prochain ?", a déclaré Philippe Faure, diplomate, fondateur et PDG de La Liste. Dans ce contexte, "on veut faire quelque chose de sympathique et généreux".

"C'est triste, vous ne voulez pas que cela se produise avec les chefs qui vous inspirent", a dit la Britannique Clare Smyth, triplement étoilée, élue en 2018 meilleure femme cheffe au monde par le classement 50 Best même si elle nuance en remarquant que ce stress fait partie du quotidien des grands chefs.

"La méthode du Michelin pose un problème de fond. Il envoie des inspecteurs anonymes (...), ils ne produisent pas de factures, ne disent pas quand ils sont venus, ne veulent justifier en aucune manière ce qu'ils ont trouvé", fulmine Philippe Faure.

Des accusations qui reviennent après chaque rétrogradation et dont le Michelin se défend. "Le chien aboie, la caravane passe", résumait récemment à l'AFP son directeur Gwendal Poullennec.

"Le Michelin reste incontestablement une référence, mais il est de moins en mois compris par les chefs", estime Franck Pinay-Rabaroust, rédacteur en chef du média culinaire Bouillant(e)s.

"Le déclassement de Guy Savoy entre dans la stratégie du Michelin de déstabiliser un de ses concurrents" qui montent comme le britannique 50 Best ou La Liste, selon lui.

Un sondage sera prochainement mené pour La Liste pour "savoir ce qui compte pour les restaurateurs et les clients" en termes de références. Une façon de savoir si Guy Savoy peut rester en haut du classement.

Cuisine méditerranéenne

À Monaco, La Liste a invité les meilleurs chefs des pays de la Méditerranée pour célébrer le patrimoine culinaire commun "sans faire de classement".

Des prix spéciaux ont été remis au cours de cette cérémonie, dont le point d'orgue est l'hommage à Alain Ducasse, le chef le plus étoilé au monde, en présence de ses disciples dont Clare Smyth, l'Italien Massimo Bottura ainsi que du Prince Albert II de Monaco.

"Si nous avons aujourd'hui une cuisine gastronomique méditerranéenne, c'est essentiellement grâce à Alain Ducasse" qui était "le pionnier avec une cuisine italo-provençale", estime Jörg Zipprick, cofondateur de La Liste.

La révolution commence au restaurant Louis XV à l'Hôtel de Paris à Monaco, un palace dans lequel Ducasse fait entrer "une cuisine rurale" et introduit le premier menu de légumes en Europe.

Dans les années 80-90, le Louis XV "était à l'apogée de la perfection, les chefs étoilés à l'étranger voulaient être comme Ducasse, on voyait dans la cuisine méditerranéenne l'avenir", poursuit Jörg Zipprick.

Ce qui n'a pas empêché le Michelin de sanctionner le restaurant à deux reprises : la troisième étoile perdue en 1997 a été retrouvée en 1998, puis retirée en 2001 et regagnée en 2003.

"C'est mieux avec les étoiles, mais il faut savoir faire sans", a déclaré Alain Ducasse. "Le jugement humain est imparfait, (...) mais nous avons une chance extraordinaire que les guides parlent de nous. Peut-être mon garagiste aimerait-il bien qu'on parle de lui".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".