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La mort d’Oussama Ben Laden

Le 2 Mai 2011, un commando ‘SEAL’ de la marine américaine prend d’assaut une enceinte fortifiée dans le Nord-Est du Pakistan, dans la ville d’Abbottabad, et abat Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda (Getty Images).
Le 2 Mai 2011, un commando ‘SEAL’ de la marine américaine prend d’assaut une enceinte fortifiée dans le Nord-Est du Pakistan, dans la ville d’Abbottabad, et abat Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda (Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

La mort d’Oussama Ben Laden

  • Bien avant que les troupes spéciales américaines ne mettent la main sur l’homme le plus recherché au monde, notre chef de bureau en Asie du Sud-Est l’avait interviewé.
  • Le 2 Mai 2011, un commando ‘SEAL’ de la marine américaine prend d’assaut une enceinte fortifiée dans le Nord-Est du Pakistan, dans la ville d’Abbottabad, et abat Oussama Ben Lade

Résumé

Le 2 Mai 2011, un commando ‘SEAL’ de la marine américaine prend d’assaut une enceinte fortifiée dans le Nord-Est du Pakistan, dans la ville d’Abbottabad, et abat Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda. 

L’opération, menée dans les toutes premières heures de la journée, a mis fin à une chasse à l’homme de 10 ans, pour attraper le terroriste le plus recherché au monde, responsable des attaques du 11 septembre 2001 sur les Etats-Unis, et bien d’autres attentats terroristes. 

Le jour suivant, un éditorial d’Arab News célébrait « la fin de la malédiction » sur le monde musulman. Ben Laden et ses « versions tordues de l’Islam », selon l’article, avait rendu la religion musulmane « crainte et détestée par des millions de personnes » et était responsable, en grande partie, de la « propagation de la marée d’islamophobie internationale ». 

DUBAÏ : Grand, maigre, vêtu d’un ‘thobe’ de couleur grise qui lui arrivait aux chevilles, et d’un turban blanc, il tenait près de son torse un fusil AK-74. J’ai pénétré dans la salle et il s’est aussitôt dirigé vers moi pour m’enlacer. C’est alors que j’ai enfin été saisi par la gravité du moment : J’étais face-à-face avec Oussama Ben Laden, l’homme le plus recherché de la planète. 

J’avais passé une bonne partie de ma carrière, à travers les décennies, à penser et écrire sur Ben Laden et le groupe Al-Qaïda qu’il avait transformé en entreprise multinationale pour exporter son idéologie. 

Les dates clés : 

  1. 1988 : Oussama Ben Laden, fils d’un riche homme d’affaires saoudien, crée Al-Qaïda pour soutenir la résistance afghane face à l’invasion soviétique. 
  2. Le 9 avril 1994 : L’Arabie Saoudite retire la citoyenneté à Oussama Ben Laden pour son soutien à l’extrémisme islamique. 
  3. Le 23 août 1996 : Ben Laden déclare le jihad, s’engageant à chasser les forces américaines de la péninsule arabe et à renverser le gouvernement saoudien. 
  4. Le 7 août 1998 : Deux attentats simultanés à la voiture piégée frappent les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, faisant 200 morts : Le FBI met Ben Laden sur sa liste de terroristes les plus recherchés. 
  5. Le 11 septembre 2001 : Des attaques terroristes coordonnées sur les Etats-Unis, fomentées par Ben Laden, font près de 3 000 morts. 
  6. Le 14 décembre 2001 : Ben Laden échappe à une attaque américaine sur les caves et tunnels d’Al-Qaïda, dans les montagnes de Tora-Bora, dans l’Est de l’Afghanistan.
  7. Le 2 mai 2011 : Aux alentours d’1h00 du matin, un commando ‘SEAL’ de la marine américaine prend d’assaut la cache de Ben Laden dans le Nord-Est du Pakistan, dans la ville d’Abbottabad.

J’étais donc là, dans sa cache aux murs de boue séchée, étroitement gardée, dans le Sud de l’Afghanistan, le 21 juin 2001 – moins de trois mois avant les attaques sur le World Trade Center et le Pentagone, le 11 septembre 2001, qui mirent les noms d’Al-Qaïda et son fondateur sur toutes les lèvres, dans chaque recoin de la planète. 

A cette époque, j’étais le correspondant-Asie pour le groupe Middle East Broadcasting Centrer, basé à Londres, et j’avais reçu un coup de fil trois mois plus tôt, m’invitant en Afghanistan pour rencontrer Ben Laden. Alors que nous étions en train de nous asseoir sur un matelas au sol, en cet après-midi d’été, ma première question était de savoir pour quelle raison il m’avait accordé cet entretien et quel était le message qu’il voulait adresser au monde à travers moi. 

Quelques instants plus tôt, Ben Laden m’avait dit qu’il ne ferait que des « commentaires limités » car il était contraint de ne pas s’adresser aux médias par ses hôtes en Afghanistan, les Talibans, qui étaient arrivés au pouvoir dans cette nation ravagée par la guerre principalement grâce à l’aide de Ben Laden. En retour, ils lui avaient offert un refuge.

Ce sont ses aides de camp qui avaient occupé une bonne partie du temps de parole durant l’entretien de trois heures. Parmi eux, figuraient Mohammad Atif (alias Abou Hafs), ainsi que le chef militaire d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, qui dirige aujourd’hui ce qui reste du groupe transnational, et Othman, un homme qui avait été chargé de la logistique pour organiser mon entretien et qui ne divulguait que son prénom. 

Image retirée.

 

« Le président Obama a dit que la dépouille avait été traitée dans le respect des coutumes de l’Islam, qui requièrent un enterrement rapide. Le Pentagone a par la suite déclaré que le corps de Ben Laden avait été lesté du porte-avions USS Carl Vinson dans les eaux de la mer d’Arabie après avoir été lavé, dans le respect de l’Islam ». 

Extrait d’un article d’Azhar Masood à la une d’Arab News. 

« Dans les prochaines semaines, il y aura une grosse surprise, nous allons frapper des installations américaines et israéliennes », m’avait dit Abou Hafs. « Le commerce de cercueils va augmenter aux Etats-Unis ». 

Je me suis tourné vers Ben Laden et lui ai demandé si c’était vrai. Il a souri et hoché la tête. 

Dans un entretien avec Pamela Constable pour le Washington Post, le mois suivant, j’avais répété : « Ils ont dit qu’il y aurait des attaques contre des installations américaines et israéliennes dans les prochaines semaines. J’en suis persuadé à 100% et c’était absolument clair qu’ils m’avaient amené là-bas pour me faire entendre ce message ».  

Deux mois plus tard, les attaques du 11 septembre 2001 ont démontré que l’inquiétant message que m’avait adressé Ben Laden était vrai. 

A la fin de l’entretien, le photographe personnel de Ben Laden avait pris quelques photos de nous et m’avait filmé avec Al-Zawahiri et le fondateur d’Al-Qaïda, qui me dit qu’il m’inviterait à nouveau pour un entretien. 


Image retirée.

Extrait des archives d’Arab News, le 3 mai 2011.

« Si quelque chose d’important arrive, j’irai me cacher dans les régions tribales du Pakistan », m’avait dit Ben Laden, en me serrant la main avant de sortir de la salle. « C’est là que tu pourras venir à nouveau pour m’interviewer ». 

Une décennie plus tard, à quatre heures du matin, le 2 mai 2011, j’étais à l’aéroport d’Islamabad, prêt à embarquer sur un vol pour Dubaï, lorsqu’un journaliste à Kaboul m’envoya un message, me demandant si j’avais eu vent des rumeurs de la mort de Ben Laden lors d’un raid américain au Pakistan. Quelques heures plus tard, un journaliste pakistanais m’envoya un message à propos du crash d’un hélicoptère dans la ville de garnison d’Abbottabad. 

Suspectant que les deux événements pouvaient être liés et suivant mon instinct de reporter, je me suis dirigé vers un représentant de la compagnie d’aviation, lui disant que j’étais journaliste et que j’avais besoin de son aide pour récupérer mon bagage de l’avion. L’homme était excité d’entendre la nouvelle de la mort probable de Ben Laden et il me conduisit par la main aux services d’immigration, demandant à ses collègues de m’aider parce que je devais couvrir l’une des nouvelles les plus importantes de l’histoire moderne.  

De l’aéroport, j’ai rejoint directement Abbottabad, à 50 kilomètres au nord de la capitale du Pakistan, Islamabad. J’y étais à 9 heures du matin. Un large groupe de journalistes excités s’étaient rassemblés à proximité du complexe où Ben Laden s’était caché durant des années. Un soldat pakistanais les empêchait d’y pénétrer.  

« J’étais donc là, dans sa cache aux murs de boue séchée, étroitement gardée, dans le Sud de l’Afghanistan, le 21 juin 2001 – moins de trois mois avant les attaques sur le World Trade Center et le Pentagone, le 11 septembre 2001 ».

Baker Atyani

Entre temps, le président américain Barack Obama avait confirmé que Ben Laden avait été tué dans un raid nocturne des forces américaines dans la ville d’Abbottabad, pas loin des régions tribales où le chef d’Al-Qaïda m’avait dit qu’il s’y refugierait s’il devait fuir d’Afghanistan. C’était la fin d’une chasse à l’homme qui avait duré une décennie pour capturer l’homme qui avait redéfini la menace du terrorisme au XXIème siècle. 

Jusqu’ à ce jour, les Etats-Unis n’ont dévoilé que peu de détails du raid. Un nombre restreint de personnes - une poignée de responsables de l’administration et de l’armée ainsi que les Marines SEALs qui avaient exécuté l’opération – avaient été tenus au secret des événements du 2 mai et la plupart des documents relatifs à l’opération ont été classifiés par le gouvernement américain. Des questions subsistent sur le potentiel rôle du gouvernement pakistanais, qui aurait permis à Ben Laden de se cacher dans un complexe situé à portée d’une académie militaire d’élite. 

Avec le passage des années, je pense souvent à cet entretien dans la cache de Ben Laden dans le désert, et je me demande s’il avait pu prévoir qu’après lui, les rangs d’Al-Qaïda seraient dépeuplés par des attaques américaines implacables et par l’émergence de Daech. Je me demande aussi ce qu’il aurait pu dire d’autre si nous nous étions à nouveau rencontrés.

En novembre 2001, à peine deux mois après les attaques du 11 septembre, Othman, l’aide logistique de Ben Laden, m’avait appelé pour me dire que « la personne » était prête à me rencontrer de nouveau. « Viendras-tu ?” m’avait-il demandé. 

Je n’ai jamais répondu à Othman et ma rencontre avec Ben Laden demeure la dernière rencontre connue du chef d’Al-Qaïda avec un journaliste avant les attentats du 11 septembre 2001.

Baker Atyani, directeur du bureau d’Asie du Sud-Est d’Arab News, a interviewé Ben Laden trois mois avant les attaques du 11 septembre 2001. 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.