La Finlande, un atout pour l'Otan face à la Russie

La Finlande deviendra mardi le 31e membre de l'Otan, a annoncé lundi son secrétaire général Jens Stoltenberg. (AFP)
La Finlande deviendra mardi le 31e membre de l'Otan, a annoncé lundi son secrétaire général Jens Stoltenberg. (AFP)
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Publié le Lundi 03 avril 2023

La Finlande, un atout pour l'Otan face à la Russie

  • Le puzzle sera complet lorsque la Suède, qui a demandé à adhérer en même temps que la Finlande, rejoindra à son tour l'Alliance
  • L'Alliance cherche depuis des années à protéger ses trois alliés baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie – contre une éventuelle attaque de la Russie

BRUXELLES: L'adhésion de la Finlande à l'Otan ajoute une armée puissante aux forces de l'Alliance et une des pièces manquantes au puzzle de la défense de son flanc oriental, vulnérable en cas d'attaque russe, selon plusieurs analystes et responsables militaires.

Lorsque le président russe Vladimir Poutine a lancé l'invasion de Ukraine, Moscou a justifié son action en accusant l'Otan de chercher à empiéter sur son territoire.

Treize mois plus tard, l'adhésion de la Finlande signifie que l'Alliance défensive dirigée par les États-Unis double sa frontière avec la Russie et bouscule la donne militaire de la Baltique à l'Arctique.

Le puzzle sera complet lorsque la Suède, qui a demandé à adhérer en même temps que la Finlande, rejoindra à son tour l'Alliance.

"Maintenant, la Finlande a besoin de l'Otan, mais l'Otan a aussi besoin de la Finlande face à une Russie agressive", souligne Jamie Shea, un ancien haut responsable de l'Otan devenu chercheur associé au groupe de réflexion Chatham House.

"La défense collective contre la Russie sera plus facile maintenant avec l'accès au territoire finlandais et aux capacités apportées par la Finlande", ajoute-t-il.

L'Alliance cherche depuis des années à protéger ses trois alliés baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie – contre une éventuelle attaque de la Russie.

L'inquiétude s’est concentrée sur le corridor de Suwalki, une bande de 65 kilomètres entre l’enclave russe de Kaliningrad et le Bélarus.

Une attaque sur ce corridor couperait les pays baltes de la Pologne et du reste de leurs alliés de l'Otan. Avec Helsinki à moins de 70 kilomètres de la capitale estonienne Tallinn, de l'autre côté de la Baltique, une nouvelle route est ouverte pour acheminer rapidement des renforts.

"L'adhésion de la Finlande renforcera la défense avancée de l'Otan et contribuera à la dissuasion", a déclaré à l'AFP le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur.

"Mais l'inquiétude sur Suwalki demeure, car le Bélarus est devenue de facto le district militaire de la Russie", a-t-il insisté en plaidant pour un renforcement des plans de défense pour les pays baltes.

Plus au nord, la Finlande aidera l'Alliance à défendre une mince bande de territoire norvégien frontalière avec la Russie dans la presqu'île de Kola, souligne pour sa part l’analyste Jan Kallberg, du European Policy Analysis.

Et alors que les luttes pour le contrôle de la région arctique entre la Russie, la Chine et l’Occident augmentent, renforcer la position de l’Otan dans cette région sera un atout.

La Finlande deviendra mardi le 31e membre de l'Otan

La Finlande deviendra mardi le 31e membre de l'Otan, a annoncé lundi son secrétaire général Jens Stoltenberg.

"Demain (mardi), nous accueillerons la Finlande comme 31e membre", a déclaré M. Stoltenberg, précisant que le drapeau finlandais serait hissé mardi en milieu d'après-midi au siège de l'Alliance à Bruxelles. "C'est vraiment une journée historique", a-t-il ajouté.

1 300 kilomètres de frontière

Mais l’ajout de 1.300 kilomètres supplémentaires de frontière terrestre avec la Russie implique inévitablement des vulnérabilités et assurer sa défense est un défi posé aux stratèges de l'Otan.

Le Kremlin s’est engagé à renforcer ses forces près de la frontière dans les années à venir. Mais il faudra des années à Moscou pour reconstituer les capacités détruites en Ukraine, estiment les analystes.

Selon eux, pour éviter de provoquer Moscou, la Finlande devrait suivre l'exemple de la Norvège voisine et ne pas laisser stationner des forces de l'Otan en permanence sur son territoire.

L'armée finlandaise est bien préparée au combat et a l'expérience des conditions climatiques extrêmes.

"La Finlande est l'un des rares pays européens qui n'a jamais cessé de se préparer à une guerre potentielle", rappelle Minna Alander, chercheuse à l'Institut finlandais des affaires internationales.

Alors que d'autres armées d'Europe occidentale ont réduit leurs effectifs après la guerre froide, la Finlande s'en est tenue à un modèle de conscription conçu après l'invasion menée par l'Union soviétique en 1939.

"Cela donne maintenant à la Finlande la capacité de mobiliser 280.000 militaires en temps de guerre et de compter avec une réserve totale de 870.000 soldats", souligne Minna Alander.

"Avec 1.500 pièces, la Finlande possède en outre l'une des plus grandes artilleries d’Europe et elle continue d'investir dans la défense aérienne avec le nouveau chasseur américain F-35".

L'adhésion imminente de la Finlande met en évidence l'absence de la Suède, dont l'adhésion est bloquée par la Turquie et la Hongrie.

Mais le simple fait que la Finlande intègre l'Alliance atlantique "renforcera la Suède, car elle sera désormais entourée par des membres de l'Otan", rappelle Jamie Shea.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.