La Chine se félicite de manoeuvres d'encerclement de Taïwan menées «avec succès»

Un pilote chinois lors d'une patrouille de préparation au combat et d'exercices "Joint Sword" autour de Taïwan, dans un lieu non divulgué dans cette image publiée le 8 avril 2023 (Photo, Reuters).
Un pilote chinois lors d'une patrouille de préparation au combat et d'exercices "Joint Sword" autour de Taïwan, dans un lieu non divulgué dans cette image publiée le 8 avril 2023 (Photo, Reuters).
Des soldats de l'armée taïwanaise participent à un exercice militaire dans un lieu tenu secret à Taïwan sur cette photo fournie par le ministère de la Défense de Taïwan et publiée le 9 avril 2023 (Photo, Reuters).
Des soldats de l'armée taïwanaise participent à un exercice militaire dans un lieu tenu secret à Taïwan sur cette photo fournie par le ministère de la Défense de Taïwan et publiée le 9 avril 2023 (Photo, Reuters).
Un avion chinois participe à une patrouille de préparation au combat et à des exercices «Joint Sword» autour de Taïwan, dans un lieu non divulgué dans cette image publiée le 8 avril 2023 (Photo, Reuters).
Un avion chinois participe à une patrouille de préparation au combat et à des exercices «Joint Sword» autour de Taïwan, dans un lieu non divulgué dans cette image publiée le 8 avril 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

La Chine se félicite de manoeuvres d'encerclement de Taïwan menées «avec succès»

  • Dénoncées par Taïwan et les Etats-Unis qui ont appelé à la «retenue» tout en déployant un destroyer dans des eaux revendiquées par Pékin, ces manoeuvres ont reçu lundi le soutien de la Russie
  • «La Chine a le droit souverain de réagir (aux) actions provocatrices» des Etats-Unis, «notamment en conduisant des manoeuvres», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov

PINGTAN: L'armée chinoise a affirmé lundi avoir "achevé avec succès" ses manoeuvres militaires ayant visé à encercler pendant trois jours l'île autonome de Taïwan, qui a détecté 12 navires de guerre et 91 avions au dernier jour de l'opération.

Du 8 au 10 avril, le commandement militaire chinois "a accompli avec succès diverses tâches" de préparation militaire "autour de l'île de Taïwan, revendiquée par Pékin comme une province chinoise, avec l'exercice 'Joint Sword'", a indiqué l'armée.

Il a "testé de manière approfondie sa capacité de combat" interarmées "en conditions réelles", a ajouté le commandement chinois, précisant "être prêt pour le combat, à n'importe quel moment, et résolu à écraser toute forme de séparatisme pour l'indépendance de Taïwan et tentatives d'interférences étrangères".

Dénoncées par Taïwan et les Etats-Unis qui ont appelé à la "retenue" tout en déployant un destroyer dans des eaux revendiquées par Pékin, ces manoeuvres ont reçu lundi le soutien de la Russie.

"La Chine a le droit souverain de réagir (aux) actions provocatrices" des Etats-Unis, "notamment en conduisant des manoeuvres", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

"Les tensions sont clairement fortes en ce moment", a réagi à Washington le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby, en ajoutant que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken réfléchissait à "reprendre un avion pour Pékin" et que la Chine discutait de possibles visites d'autres responsables américains.

M. Blinken se rendra en fin de semaine au Vietnam, pays voisin de la Chine, pour y aborder "notre vision partagée d'une région indo-pacifique qui soit prospère, pacifique et résiliente", a aussi annoncé le département d'Etat.

Débutées samedi, les manoeuvres chinoises visaient à protester contre une rencontre mercredi de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen avec le président de la Chambre américaine des représentants, Kevin McCarthy.

Elles "servent de sérieux avertissement contre la collusion entre les forces séparatistes recherchant 'l'indépendance de Taïwan' et les forces extérieures, ainsi que leurs activités provocatrices", avait averti un porte-parole de l'armée chinoise, Shi Yi.

«Blocus aérien»

L'objectif était de simuler un "bouclage" du territoire de 23 millions d'habitants, a expliqué l'armée chinoise. Et notamment un "blocus aérien", selon la télévision d'Etat CCTV.

"L'indépendance de Taïwan et la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan s'excluent mutuellement", a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Après la fin des manoeuvres, le ministère des affaires étrangères de Taïwan a accusé la Chine d'avoir sapé "la paix et la stabilité" dans la région.

Le commandement du théâtre d'opérations Est de l'Armée chinoise a précisé que le Shandong, l'un des deux porte-avions de la Chine, avait "participé à l'exercice du jour".

Des avions de chasse et des navires de guerre ont simulé des bombardements ciblés contre l'île.

Taipei a annoncé que 12 navires de guerre avaient été détectés lundi à 18H00 (10H00 GMT) autour de l'île. "L'armée ne relâchera jamais ses efforts pour renforcer sa préparation au combat", a assuré le ministère de la Défense taïwanais.

Missiles «verrouillés»

Les Etats-Unis ont semblé eux aussi vouloir faire une démonstration de force: le destroyer américain USS Milius a mené lundi une "opération de liberté de navigation" dans un secteur de mer de Chine méridionale revendiqué par Pékin. Une "intrusion" immédiatement dénoncée par la Chine.

Le Japon a indiqué avoir fait décoller ces derniers jours des avions de chasse en réponse à ceux ayant décollé et atterri du porte-avions Shandong.

Sur une vidéo publiée lundi sur le compte WeChat du commandement du théâtre d'opérations Est de l'Armée, un pilote chinois dit être "arrivé près de la partie nord de l'île de Taïwan" avec des missiles "verrouillés en place".

Dans une autre vidéo, accompagnée d'une musique dramatique, le coup de sifflet d'un officier fait courir le personnel militaire en position tandis qu'un barrage simulé sur Taïwan apparaît à l'écran.

De quoi inquiéter la population: "Nous, les gens ordinaires, on veut juste une vie simple et stable", confie Lin Ke-qiang, habitant de 60 ans de l'île Beigan sur l'archipel de Matsu qui appartient à Taïwan mais est visible de la côte chinoise.

"Si une guerre arrive, maintenant que leurs missiles sont si avancés, nous n'avons aucune chance de résister, on sera écrasés", ajoute cet homme.

«Avertissement»

La Chine voit avec mécontentement le rapprochement ces dernières années entre les autorités taïwanaises et les Etats-Unis qui, malgré l'absence de relations officielles, fournissent à l'île un soutien militaire substantiel.

Elle considère Taïwan comme une province qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Pékin vise cette réunification par la force si nécessaire.

Le dernier déploiement important autour de l'île avait eu lieu en août: la Chine avait engagé des manoeuvres militaires sans précédent autour de Taïwan et tiré des missiles en réponse à une visite sur l'île de la démocrate Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre américaine des représentants.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.