En Cisjordanie «pour rester», des Israéliens manifestent pour plus de colonies

Des colons israéliens marchent vers l'avant-poste d'Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 10 avril 2023 (Photo, AFP).
Des colons israéliens marchent vers l'avant-poste d'Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 10 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

En Cisjordanie «pour rester», des Israéliens manifestent pour plus de colonies

  • Des centaines de colonies juives de tailles très variées ont vu le jour en Cisjordanie depuis la conquête de ce territoire par Israël en 1967
  • En février, le gouvernement avait annoncé qu'il allait légaliser neuf de ces colonies en Cisjordanie

BEITA: Plusieurs milliers d'Israéliens ont manifesté lundi sous la protection de l'armée dans le nord de la Cisjordanie pour exiger une expansion de la colonisation juive dans ce territoire palestinien occupé.

Dans la foule munie de drapeaux bleu et blanc frappés de l'étoile de David figurent plusieurs ministres d'extrême droite, dont celui des Finances, Bezalel Smotrich, et son collègue de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

"La réponse au terrorisme est de construire" des colonies déclare M. Ben Gvir aux manifestants alors que le conflit israélo-palestinien est happé dans une nouvelle spirale de violences meurtrières depuis le début de l'année.

Des centaines de colonies juives de tailles très variées ont vu le jour en Cisjordanie depuis la conquête de ce territoire par Israël en 1967.

L'ONU juge toute l'entreprise de colonisation israélienne illégale au regard du droit international, mais le gouvernement israélien fait la distinction entre les colonies ayant fait l'objet d'une planification étatique, qu'il juge légales, et les avant-postes établis sans son aval, et donc illégales au regard de la loi israélienne.

En février, le gouvernement avait annoncé qu'il allait légaliser neuf de ces colonies en Cisjordanie en réponse à des attentats palestiniens meurtriers à Jérusalem-Est.

Pas assez aux yeux de certains colons et de l'extrême droite israélienne, qui fait pression au sein même de l'exécutif pour que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou légalise beaucoup plus d'avant-postes.

Pour eux, les Palestiniens qui vivaient en Cisjordanie depuis des siècles jusqu'à la conquête de 1967 n'ont aucun droit sur cette terre de l'ancien royaume d'Israël, et promise par Dieu à son peuple, selon la Bible.

Dans la foule en marche, sous les regards de soldats stationnés dans des oliveraies bordant la route, on trouve beaucoup de familles et de nombreux hommes armés.

L'objectif est le sommet d'une colline rocailleuse, lieu d'implantation de la colonie d'Eviatar, où vivait une cinquantaine de famille jusqu'à leur évacuation en 2021 à la suite d'un compromis avec le gouvernement précédent.

Châteaux gonflables

"Si nous voulons développer une nouvelle colonie, alors nous marcherons" jusqu'à Eviatar, déclare Rivka Katzir, 74 ans et habitante de la colonie d'Elkana, pour qui "s'installer ici" est "la seule solution" au conflit israélo-palestinien.

"Avec l'aide de Dieu, nous légaliserons des dizaines d'autres" avant-postes, promet M. Ben-Gvir, lui-même habitant d'une colonie.

La création d'Eviatar avait provoqué une vague de manifestations de Palestiniens vivant dans les alentours, notamment dans le village tout proche de Beita, où plusieurs Palestiniens ont été tués lors d'affrontements avec l'armée israélienne.

Lundi, des villageois ont agité des drapeaux palestiniens et lancé des pierres sur les soldats, qui ont répliqué en tirant du gaz lacrymogène en direction des manifestants.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, 22 personnes ont été blessées par des balles caoutchoutées et près de 200 personnes ont été traitées pour avoir inhalé du gaz lacrymogène.

Au même moment, sur la colline, des centaines d'hommes récitent des prières juives pendant que des enfants jouent sur des châteaux gonflables. Glaces, barbes-à-papa et ballons sont proposés aux familles qui pique-niquent.

Pour Rina Cohen, venue de Jérusalem avec son mari, l'événement est "très réussi".

"Nous voulons soutenir les gens parce que [...] leurs maisons ont été détruites", dit la jeune femme de 22 ans à l'AFP, tandis que près d'elle, un groupe de jeunes soulève une tôle de toiture et la remet en place sur l'une des maisons préfabriquées abandonnées au moment de l'évacuation.

Quelque 490 000 Israéliens résident dans des colonies en Cisjordanie, où vivent environ 2,9 millions de Palestiniens.

Depuis le début de l'année, le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à au moins 94 Palestiniens, 19 Israéliens, une Ukrainienne et un Italien, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de sources officielles israéliennes et palestiniennes.

Ces chiffres incluent, côté palestinien, des combattants et des civils, dont des mineurs, et côté israélien, en majorité des civils, dont des mineurs, et trois membres de la minorité arabe.

"Le terrorisme ne nous effraiera pas", assure Ezri Tobe, 52 ans, habitant de la colonie de Yitzhar.

"Ce qui nous porte, ce sont des milliers d'années d'histoire", dit-il et cette manifestation est pour dire au gouvernement "que nous sommes ici pour rester".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.