Les lunes glacées de Jupiter, nouvel horizon pour la quête de vie extra-terrestre

Sur cette photo prise le 20 janvier 2023, des ingénieurs travaillent autour de la sonde "Juice" de l'ESA (Agence spatiale européenne) lors de sa présentation aux médias à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, quelques jours avant son départ pour le centre spatial de Kourou. (AFP).
Sur cette photo prise le 20 janvier 2023, des ingénieurs travaillent autour de la sonde "Juice" de l'ESA (Agence spatiale européenne) lors de sa présentation aux médias à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, quelques jours avant son départ pour le centre spatial de Kourou. (AFP).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

Les lunes glacées de Jupiter, nouvel horizon pour la quête de vie extra-terrestre

  • «C'est la première fois qu'on va explorer des habitats au-delà de la ligne de gel, là où l'eau liquide ne peut plus exister en surface», se félicitait Nicolas Altobelli, responsable de Juice pour l'agence spatiale européenne (ESA)
  • Contrairement aux missions sur Mars, en quête des traces d'une vie ancienne aujourd'hui disparue, l'exploration des lunes glacées cherche des environnements encore habitables

KOUROU : Sous leur banquise se meuvent de vastes océans d'eau liquide, terrains propices à l'émergence de la vie: l'exploration des lunes glacées de Jupiter, destination de la mission Juice, ouvre un nouveau chapitre dans la quête de mondes extra-terrestres habitables.

Ces milieux sont si éloignés du Soleil que les astronomes les ont longtemps exclus de la zone du système solaire considérée comme habitable, "qui jusqu'à encore récemment s'arrêtait à Mars", explique à l'AFP l'astrophysicienne Athéna Coustenis, l'une des responsables scientifiques de la sonde européenne.

Les découvertes par les sondes Galileo (1995) autour de Jupiter, et Cassini (2004) autour de Saturne, ont repoussé les frontières de la recherche. Qui se focalise non sur ces planètes géantes, gazeuses donc non propices à la vie, mais leurs lunes glacées: Europe et Ganymède pour Jupiter; Encelade et Titan pour Saturne.

Leur atout majeur: abriter sous leur surface de glace des océans d'eau liquide - seule l'eau à l'état liquide rendant la vie possible.

"C'est la première fois qu'on va explorer des habitats au-delà de la ligne de gel, là où l'eau liquide ne peut plus exister en surface", se félicitait Nicolas Altobelli, responsable de Juice pour l'agence spatiale européenne (ESA), en janvier chez Airbus à Toulouse, où la sonde a été conçue.

La future mission de la Nasa Europa Clipper visera Europe. Juice, elle, mise sur Ganymède: en 2034, elle devrait se placer en orbite autour de ce satellite naturel, le plus gros du système solaire. C'est aussi la seule lune à posséder son propre champ magnétique la protégeant des dangereuses radiations.

Océan gigantesque

Autant de caractéristiques suggérant un environnement stabilisé, autre condition à l'émergence du vivant... et à son maintien. Car "le tout n'est pas que la vie apparaisse, mais qu'elle subsiste", souligne Athéna Coustenis, chercheuse CNRS au Laboratoire LESIA de l'Observatoire de Paris-PSL.

Contrairement aux missions sur Mars, en quête des traces d'une vie ancienne aujourd'hui disparue, l'exploration des lunes glacées cherche des environnements encore habitables. Ce que n'est plus la planète rouge.

L'habitabilité requiert aussi une source d'énergie. Sous les températures glaciales du système jovien, elle ne provient pas du Soleil mais de la gravité que Jupiter exerce sur ses satellites: des "effets de marée" semblables à ce qui se passe sur Terre avec sa lune.

Ce phénomène permet de "dissiper la chaleur à l'intérieur des lunes et de maintenir l'eau à l'état liquide", décrypte Francis Rocard, planétologue au Centre national d'études spatiales (CNES).

L'océan de Ganymède est "gigantesque", décrit Carole Larigauderie, cheffe du projet Juice au CNES. Piégé entre deux épaisses couches de glace, il serait profond de plusieurs dizaines de kilomètres.

"Sur Terre, on arrive à trouver des formes de vie au fond des abysses ", remarque-t-elle. Certains écosystèmes terrestres sont en effet capables de se maintenir sans lumière et grouillent de micro-organismes comme des bactéries ou des archées.

Missions complémentaires

Un tel écosystème a besoin de nutriments pour se maintenir. "Toute la question est donc de savoir si l'océan de Ganymède en contient", selon Athéna Coustenis. Il faudrait par exemple que l'océan puisse absorber des composants déposés à la surface, pour être ensuite dissous dans l'eau, poursuit l'astrophysicienne.

Les instruments de Juice inspecteront cet océan sous toutes ses coutures pour évaluer sa profondeur, sa distance de la surface et, espère-t-on, sa composition.

L'engin orbitera environ huit mois autour de Ganymède, dont il pourra s'approcher jusqu'à 200 km d'altitude, à l'abri des radiations.

Dénuée de magnétosphère, sa soeur Europe est moins hospitalière pour un engin spatial: la sonde américaine Europa Clipper, qui atteindra sa destination en même temps que Juice, ne pourra que survoler sa cible. Les données récoltées par les deux missions seront néanmoins complémentaires, soulignent les scientifiques.

S'il s'avère que Ganymède coche toutes les cases pour héberger la vie, la "suite logique" serait d'y envoyer un atterrisseur, avance Cyril Cavel, responsable scientifique Airbus. "Ca fait partie du rêve" bien qu'il n'y ait pas de projet à ce stade.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".