Près de Bakhmout, de nouvelles tranchées en cas de repli ukrainien

Un soldat ukrainien examine les restes d'armes à l'ancienne position des troupes russes dans le nord de la région de Kharkiv le 11 avril 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
Un soldat ukrainien examine les restes d'armes à l'ancienne position des troupes russes dans le nord de la région de Kharkiv le 11 avril 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

Près de Bakhmout, de nouvelles tranchées en cas de repli ukrainien

  • Après environ neuf mois de bataille, les deux tiers de cette cité de l'est ukrainien sont aux mains des Russes
  • Théâtre de la plus longue et sanglante bataille depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Bakhmout a été largement détruite

BAKHMOUT: Un soldat ukrainien, armé d'une pelle et d'un seau, sort la tête d'un trou, puis sculpte des marches dans la terre. Son rôle : creuser tranchées et abris pour le cas où l'armée ukrainienne devrait perdre Bakhmout.

Théâtre de la plus longue et sanglante bataille depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Bakhmout a été largement détruite, alors que les forces ukrainiennes résistent aux assauts répétés du groupe paramilitaire Wagner et de l'armée russe.

Après environ neuf mois de bataille, les deux tiers de cette cité de l'est ukrainien sont aux mains des Russes. Or, si la ville devait tomber, Kiev craint que les grandes villes du Donbass encore sous son contrôle, Sloviansk et Kramatorsk, soient menacées.

A un kilomètre du front, alors que son camarade creuse un abri de tranchée, le sergent Andriï explique leur mission.

"On est sur la seconde ligne de défense. En cas d’assaut massif de l’ennemi, c'est ici que nos gars viendront prendre leurs positions", dit le jeune homme de 23 ans.

Sourcils froncés au-dessus de ses yeux noirs, Andriï est tendu, malgré un calme relatif ce jour-là. D'ordinaire, sur ce tronçon, les "orcs", surnom donné aux Russes, "nous bombardent constamment".

Les pieds dans la boue, il admet volontiers que "c'est difficile". Mais "nous n'avons pas le choix, nous devons maintenir la défense".

Autour de lui, des terres arables s'étendent à perte de vue, mais à la place de sillons, ce sont des tranchées de plus d'un mètre de profondeur qui zigzaguent.

"Chaque tranchée est faite pour huit soldats", explique Andriï.

Les tronçons d'une centaine de mètres de longueur, quand ils se rejoignent, créent de longues lignes de défense.

De là, les soldats, relativement protégés, peuvent résister à l'ennemi jusqu'à ce qu'il épuise ses ressources. Une guerre de positions et d'usure.

A la force des bras 

De son côté du front, la Russie fait le même calcul. Dans l'est comme dans le sud, des kilomètres et des kilomètres de tranchées ont été creusés à bonne distance de la ligne de contact.

Car le Kremlin sait que l'Ukraine, qui a résisté tout l'hiver aux multiples assauts russes, compte lancer une vaste contre-offensive.

Pour renforcer les toits des abris de tranchées, les soldats d'Andriï utilisent les peupliers ayant réchappé à l'artillerie russe. Les rondins de bois sont reliés par du fil de fer, puis recouverts de terre et de pneus.

"C’est toute une technique, un obus pouvant pénétrer à une profondeur de 1,60 mètre", explique le sergent.

"Normalement, on finit un abri en deux semaines. Mais s’il pleut, s’il neige ou si l’on se fait bombarder, ça peut prendre beaucoup plus de temps. Durant l’hiver, le sol était gelé sur presque un mètre, c’était comme du roc", raconte-t-il.

Ici, tout se fait à la force des bras, car Andriï et ses hommes sont trop proches des positions ennemies pour que le génie se risque à déployer ses pelles mécaniques.

Ievguène, le plus jeune de l'unité, émerge d’une tranchée, cheveux blonds et visage enfantin.

Kalachnikov à la main, il raconte avoir été formé dès le début de la guerre à la construction de ces lignes de défense, essentielles dans une guerre où l'artillerie est utilisée pour ravager les positions adverses.

"Quand on dit que c'est une guerre d'artillerie qui se joue ici, ce ne sont pas que des paroles en l'air", relève le jeune soldat. "Plus on creuse profond, plus on résistera", dit-il.

Lorsqu'un premier projectile secoue la lande voisine annonçant l'arrivée d'une salve de roquettes GRAD, Andriï et ses camarades se réfugient dans leur abri.

"Ici, on ne craint rien", dit le sergent depuis le refuge, éclairé par des lampes de poche et des bougies.

Un bouquet de fleurs y est posé sur une étagère, juste en dessous d’une mitrailleuse. Le café bout sur un réchaud. L'odeur est âcre, l’espace exigu.

Dehors, le bruit des explosions s'estompe et Andriï doit ressortir pour la reprise des travaux. "J'aimerais que la guerre se termine bientôt", lâche-t-il alors dans un soupir.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.