Crise politique à l’Élysée: Quels scénarios pour l'après-réforme des retraites?

Des manifestantDans une manifestation contre la réforme des retraites à Strasbourg, dans l'est de la France, le 23 mars 2023. (Photo PATRICK HERTZOG / AFP)
Des manifestantDans une manifestation contre la réforme des retraites à Strasbourg, dans l'est de la France, le 23 mars 2023. (Photo PATRICK HERTZOG / AFP)
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Publié le Jeudi 13 avril 2023

Crise politique à l’Élysée: Quels scénarios pour l'après-réforme des retraites?

  • L’exécutif français se trouve dans l’œil du cyclone en raison d’une forte contestation et de l’absence d’une majorité nette dans un Parlement émietté
  • Tout paraît suspendu jusqu'au 14 avril, date à laquelle le Conseil constitutionnel va rendre sa décision sur la compatibilité de la loi avec la Constitution

PARIS: L’épisode tumultueux de la réforme des retraites continue de marquer l’actualité française. L’épreuve de force autour d’une loi passée au forceps de l’article 49-3 laisse des traces sur le paysage politique et l’image de la France en dehors de l’Hexagone.

L’exécutif français se trouve dans l’œil du cyclone en raison d’une forte contestation et de l’absence d’une majorité nette dans un Parlement émietté. Le second quinquennat d’Emmanuel Macron risque d’être figé ou entravé. Ainsi, le gouvernement d’Élisabeth Borne peine à renouer le dialogue social et à élargir sa majorité afin de préparer une sortie par le haut d’une crise sociale et politique affaiblissant le pays. Les différents scénarios pour cette sortie semblent semés d’embûches, notamment dans le cas d’une escalade sociale et d’une obstruction politique.

Une épreuve de force aux multiples enjeux

Après l’absence, durant trois mois, de tout dialogue entre le gouvernement et les syndicats, la réunion du 5 avril, entre la Première ministre, Mme Borne, et l’intersyndicale, à la veille d’une onzième journée de mobilisation nationale, s’est logiquement soldée par un échec. En effet, ce fut un dialogue de sourds entre Élisabeth Borne, qui a, sans surprise, refusé de revenir sur la réforme des retraites, et les organisations qui réclamaient de concert son «retrait». Le maintien de ce statu quo risque de conduire à une situation de tension de plus en plus inquiétante.

Tout paraît suspendu jusqu'au 14 avril, date à laquelle le Conseil constitutionnel va rendre sa décision sur la compatibilité de la loi avec la Constitution. Alors que le gouvernement fait preuve d’attentisme et que le président Macron parie sur le recul de la grogne sociale, l’intersyndicale consolide son unité. La Confédération générale du travail (CGT; la plus grande organisation syndicale des travailleurs, historiquement proche du Parti communiste), après la récente élection à sa tête de la non-radicale Sophie Binet, se range au côté du syndicaliste modéré Laurent Berger, leader de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Dans ce contexte, la Première ministre fragilisée refuse d’abandonner et constate que l’élargissement de la majorité n’est pas acquis. Elle propose après «une pause de convalescence» de former des majorités spécifiques pour adopter d’autres projets de réforme.


La persistance de cette impasse risque sans doute d’envenimer la crise sociale et de transformer la crise politique en crise démocratique et institutionnelle.

Pour le moment, le pouvoir a l’air empêtré. La persistance de cette impasse risque sans doute d’envenimer la crise sociale et de transformer la crise politique en crise démocratique et institutionnelle. Les enjeux de cette épreuve de force ne se limitent pas au champ social alors que les réformes du système, elles, concernent un camp présidentiel divisé et des leaders de l’opposition (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen) en quête de revanche.

Les remous de la contestation

Dans le sillage de l'Histoire politique, les mouvements populaires et sociaux ont joué un rôle majeur dans l’élaboration et la modernisation des lois et des institutions.
Dès l’épisode du Front populaire, en 1936, jusqu’à la révolution estudiantine, en mai 1968, les syndicats ont eu un impact sur les réformes, notamment lorsqu'ils se sont associés aux étudiants et aux jeunes.
La dérive des mouvements pacifiques a conduit le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à accuser l'«ultragauche» et à faire référence aux sombres souvenirs du fascisme des années 1930. Plus grave encore, la contestation vise la personne du président, justifiée par «le rejet du style autoritaire d’un monarque républicain».
Le refus du retrait de la loi controversée et les effets de l’inflation accentuent le ressentiment contre le pouvoir.

Les scénarios de la postcrise des retraites

Après ces vastes mouvements populaires, Emmanuel Macron est dans une situation compliquée. Son gouvernement apparaît isolé et faible, ainsi que sa majorité relative dans un Parlement éclaté et perturbé par la présence des deux grands groupes d’opposition appartenant à la droite nationale et à la gauche radicale.

Si le Conseil constitutionnel tranche en faveur de cette réforme le 14 avril, le président français se comportera probablement en maître des horloges.

Le choix macroniste sera cornélien, aucune hypothèse n’étant aisée: Difficile recomposition du paysage politique: le rapport de force au Parlement conduit le président Macron à confier à la Première ministre la tâche d'élargir la majorité, ce qui s’avère impossible en raison de la division du parti de droite traditionnel, les Républicains. Remaniement ministériel: pour le moment, Mme Borne n’envisage pas de quitter Matignon, et tout remaniement ministériel de ce gouvernement ou la formation d’une nouvelle équipe ne semblent pas faisables à court terme. Dissolution de l’Assemblée nationale: ce scénario est le pire pour Emmanuel Macron, car tout indique qu’il ne permettrait pas l’émergence d’une majorité acquise au président

Ces différentes situations soulignent les entraves et les difficultés pour le reste du second quinquennat de M. Macron.

Face au spectre du chaos et aux signes de rébellion, face à la montée de l'extrême gauche et de l'extrême droite et au recul des forces politiques traditionnelles, le dialogue s'impose pour Emmanuel Macron afin de contenir ce tournant critique. Il n'y a d’autre solution que l'ouverture d'un nouveau chapitre social et politique pour ne pas affaiblir la démocratie et accentuer une crise structurelle difficilement surmontable.

 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.