L'Azerbaïdjan a installé un premier checkpoint à l'entrée d'un axe vital vers l'Arménie

Le poste de contrôle mis en place par Azerbaijan à sa frontière avec l'Arménie, au niveau de la route Lachin-Khankendi (Photo, @Ali_F_Alizada).
Le poste de contrôle mis en place par Azerbaijan à sa frontière avec l'Arménie, au niveau de la route Lachin-Khankendi (Photo, @Ali_F_Alizada).
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Publié le Lundi 24 avril 2023

L'Azerbaïdjan a installé un premier checkpoint à l'entrée d'un axe vital vers l'Arménie

  • «Un poste frontière a été installé (...) sur le territoire souverain de l'Azerbaïdjan, à l'entrée de la route Latchine-Khankendi», ont annoncé les gardes-frontières azerbaïdjanais
  • Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a fait valoir que l'installation d'un checkpoint «servira à la transparence sur les mouvements (...), à l'Etat de droit, et ainsi, à assurer la sécurité et la sûreté des mouvements»

MOSCOU : L'Azerbaïdjan a annoncé dimanche avoir installé un premier checkpoint à l'entrée du corridor de Latchine, seul axe routier reliant l'Arménie à la région disputée du Nagorny Karabakh, une décision "inacceptable" pour Erevan.

"A partir de 12H00 (08H00 GMT) le 23 avril, un poste frontière a été installé (...) sur le territoire souverain de l'Azerbaïdjan, à l'entrée de la route Latchine-Khankendi", ont annoncé les gardes-frontières azerbaïdjanais dans un communiqué, disant avoir agi "en réponse" à une décision similaire prise samedi par Erevan.

Une telle mesure, une première depuis la courte guerre qui a opposé en 2020 l'Azerbaïdjan et l'Arménie, a également été mise en place "pour empêcher le transport illégal de main-d'œuvre, d'armes et de mines depuis le territoire de l'Arménie pour les formations illégales de bandits arméniens sur le territoire de l'Azerbaïdjan", ont-ils précisé.

"Le 22 avril, des caméras de surveillance du ministère de la Défense ont enregistré l'entrée sur le territoire azerbaïdjanais de deux conteneurs à des fins militaires et d'un convoi de véhicules militaires arméniens, contrairement à la déclaration trilatérale et aux normes et principes du droit international", a appuyé la diplomatie azerbaïdjanaise dans un communiqué, dénonçant "des provocations" de la part d'Erevan.

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a fait valoir que l'installation d'un checkpoint "servira à la transparence sur les mouvements (...), à l'Etat de droit, et ainsi, à assurer la sécurité et la sûreté des mouvements".

Selon les gardes-frontières azerbaïdjanais, la force de maintien de la paix russe, déployée dans la région, et "le centre de surveillance russo-turc" ont été "informés" d'une telle décision.

Dans un communiqué, le ministère arménien des Affaires étrangères a dénoncé "une nouvelle provocation" avec "des prétextes faux et sans fondement". Cette nouvelle étape est "inacceptable", a-t-il poursuivi.

Les Etats-Unis se disent "très inquiets de l'établissement d'un checkpoint par l'Azerbaïdjan dans le corridor de Latchine" et appellent les deux parties à "éviter les provocations", selon un communiqué du département d'Etat.

La France "déplore" également cette installation qui "contrevient aux engagements pris dans le cadre des accords de cessez-le-feu et porte préjudice au processus de négociation", a souligné son ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Paris a appelé Bakou à "se conformer à ses obligations internationales", rappelant qu'une décision rendue il y a deux mois par la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction de l'ONU, avait "force obligatoire" pour l'Azerbaïdjan.

Le 22 février, la CIJ avait ainsi ordonné à Bakou d'assurer la libre circulation dans le couloir de Latchine.

Depuis plusieurs mois, l'Arménie met également en garde sur une "crise humanitaire" au Karabakh du fait d'un blocus azerbaïdjanais - que Bakou nie - dans la zone du corridor de Latchine qui a provoqué des pénuries de médicaments et de nourriture et des coupures d'électricité.

Les représentants séparatistes du Nagorny Karabakh ont, eux, appelé Moscou, médiateur dans le conflit, "à entamer immédiatement des discussions" pour notamment "empêcher l'installation d'un poste de contrôle azerbaïdjanais".

"Nous attendons dans les plus brefs délais des mesures efficaces pour résoudre les problèmes de sécurité" des habitants de l'enclave disputée, ont demandé dans un communiqué leurs représentants sécuritaires.

Nouvelle fusillade meurtrière

L'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques soviétiques du Caucase, se sont affrontés en 2020 dans une guerre pour le contrôle de l'enclave du Nagorny-Karabakh.

Ce conflit avait donné lieu à une déroute militaire arménienne et à un accord de cessez-le-feu parrainé par la Russie.

Des accrochages au Nagorny-Karabakh ou à la frontière entre les deux pays continuent toutefois d'éclater périodiquement.

Dimanche, le ministère arménien de la Défense a rapporté la mort d'un de ses soldats "à la suite de tirs de l'ennemi" en fin de matinée proche de la frontière.

Le ministre azerbaïdjanais de la Défense a de son côté "démenti" cette information "fausse", disant avoir en revanche "essuyé des tirs arméniens" dans l'après-midi.

"Des mesures de réponse adéquates ont été prises", est-il précisé dans un communiqué, sans plus de détails.

Région montagneuse majoritairement peuplée d'Arméniens et ayant fait sécession de l'Azerbaïdjan à l'effondrement de l'Union soviétique, le Nagorny-Karabakh continue d'empoisonner les relations entre Erevan et Bakou, malgré des tentatives russe, européenne et américaine de médiation.

Le premier conflit, au début des années 1990 au moment du démantèlement de l'URSS, qui a fait 30 000 morts, s'est soldé par une victoire arménienne avec le soutien de Moscou.

Mais l'Azerbaïdjan a pris sa revanche à l'automne 2020 à l'occasion d'une deuxième guerre, qui a fait 6 500 morts et lui a permis de reprendre de nombreux territoires.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.