Xi assure à Zelensky être «du côté de la paix» et prône «la négociation»

La conversation entre les deux chefs d'Etat a duré «presque une heure», a précisé le porte-parole de Zelensky, Serguiï Nykyforov (Photo, AFP).
La conversation entre les deux chefs d'Etat a duré «presque une heure», a précisé le porte-parole de Zelensky, Serguiï Nykyforov (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

Xi assure à Zelensky être «du côté de la paix» et prône «la négociation»

  • «Sur le sujet de la crise ukrainienne, la Chine a toujours été du côté de la paix et sa position fondamentale est de promouvoir un dialogue de paix», a déclaré Xi Jinping
  • Zelensky a quant à lui sobrement indiqué dans un tweet avoir eu un échange «long et significatif» avec M. Xi

PÉKIN: Le président chinois Xi Jinping a assuré mercredi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky que la Chine avait "toujours été du côté de la paix" et appelé à "la négociation", lors de leur premier entretien téléphonique depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février 2022.

"Sur le sujet de la crise ukrainienne, la Chine a toujours été du côté de la paix et sa position fondamentale est de promouvoir un dialogue de paix", a déclaré M. Xi, selon la chaîne de télévision d'Etat CCTV.

"Le dialogue et la négociation" sont la "seule issue" au conflit en cours avec la Russie, a encore dit le chef de l'Etat chinois, promettant que son pays ne chercherait pas à "tirer profit" de cette "crise".

M. Zelensky a quant à lui sobrement indiqué dans un tweet avoir eu un échange "long et significatif" avec M. Xi.

Pour sa part, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'est félicité d'une "première étape importante".

"Il est très important que la Chine parle à l'Ukraine. Je veux rappeler que nous voulons tous la paix (...) Mais tout le monde doit bien comprendre qu'il ne doit pas s'agir de n'importe quelle" paix, a-t-il ajouté. "Ce n'est pas la paix de celui qui est contraint de se rendre face à une invasion brutale, ce doit être une paix juste, qui reconnaisse les droits du peuple ukrainien".

La Russie a de son côté "pris acte" de la volonté de Pékin de "s'efforcer de mettre en place un processus de négociation" entre Moscou et Kiev mais a vertement accusé l'Ukraine de "saper les initiatives de paix" de par son refus de dialoguer avec elle et lui a reproché de "rejeter toute initiative sensée visant à un règlement politique et diplomatique de la crise".

«Presque une heure»

Volodymyr Zelensky a par ailleurs dit espérer "une impulsion puissante au développement des relations bilatérales" entre son pays et Pékin, annonçant dans la foulée la nomination de Pavlo Riabikine, un ex-ministre des Industries stratégiques âgé de 57 ans, aux fonctions d'ambassadeur en Chine, un poste vacant depuis février 2021.

L'entretien des deux chefs d'Etat a duré "presque une heure", a précisé le porte-parole de M. Zelensky, Serguiï Nykyforov.

Il a eu lieu "à l'initiative de la partie ukrainienne", a assuré la diplomatie chinoise.

Il s'est agi du premier échange connu entre les deux hommes depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022. Leur précédente conversation téléphonique remontait à juillet 2021.

Selon le compte-rendu de CCTV, M. Xi a également rappelé son opposition au recours à l'arme nucléaire : "Lorsqu'elles traitent de la question nucléaire, toutes les parties concernées doivent rester calmes et modérées, se concentrer véritablement sur leur avenir et leur destin ainsi que sur celui de l'humanité tout entière et gérer et contrôler ensemble la crise".

La Chine a en outre fait savoir mercredi qu'elle dépêcherait une délégation en Ukraine afin de rechercher un "règlement politique" au conflit.

"La partie chinoise enverra un représentant spécial du gouvernement chinois, chargé de l'Eurasie, en Ukraine et dans d'autres pays pour des échanges en profondeur avec toutes les parties vers un règlement politique de la crise ukrainienne", a expliqué le ministère des Affaires étrangères.

La Maison Blanche salue la conversation entre Zelensky et Xi

"Nous estimons que c'est une bonne chose", a déclaré aux journalistes John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de l'exécutif américain.

"Cela dit, savoir si cela peut déboucher sur une initiative, une proposition ou un plan de paix sérieux, nous l'ignorons pour l'instant", a tempéré M. Kirby.

Toute initiative de paix "ne sera pas viable ou crédible si les Ukrainiens et le président Zelensky, personnellement, n'y sont pas impliqués et ne la soutiennent pas", a souligné John Kirby.

Front commun Pékin-Moscou

Volodymyr Zelensky souhaitait depuis des mois s'entretenir avec son homologue chinois dans l'espoir de rendre plus favorable à son pays la position de la Chine au regard de l'invasion russe mais, selon des experts, celle-ci ne répondait pas aux propositions ukrainiennes.

Pékin avait diffusé en février un document en 12 points présentant sa position sur le conflit en Ukraine et parfois perçu comme un plan de paix.

Moscou et Kiev y étaient exhortés à engager des pourparlers tandis qu'y figuraient aussi une mise en garde face à tout recours à l'arme nucléaire et un appel à respecter l'intégrité territoriale de tous les pays - sous-entendu également celle de l'Ukraine dont une partie du territoire est sous contrôle russe.

La Chine, qui n'a pas condamné publiquement la guerre en Ukraine et n'a pas reconnu en septembre l'intégration de quatre régions ukrainiennes à la Fédération de Russie - elle ne l'avait pas fait non plus en 2014 au moment de l'annexion de la Crimée -, a fortement accru ces derniers mois sa coopération politique et économique avec son voisin russe.

Tumultueuses à l'époque de la Guerre froide, les relations Pékin-Moscou se sont nettement renforcées ces dernières décennies pour faire front commun face à l'influence des Etats-Unis.

Xi Jinping s'est ainsi rendu il y a quelques semaines à Moscou pour y réaffirmer son partenariat avec le président russe Vladimir Poutine.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.