Nouvelles frappes russes sur l'Ukraine: au moins douze morts, Zelensky dénonce un «acte pervers»

Une femme passe devant des bâtiments résidentiels endommagés en portant un enfant à Uman, à environ 215 km au sud de Kiev, le 28 avril 2023, après que des frappes de missiles russes ont visé plusieurs villes ukrainiennes pendant la nuit.  (Photo de Sergei SUPINSKY / AFP)
Une femme passe devant des bâtiments résidentiels endommagés en portant un enfant à Uman, à environ 215 km au sud de Kiev, le 28 avril 2023, après que des frappes de missiles russes ont visé plusieurs villes ukrainiennes pendant la nuit. (Photo de Sergei SUPINSKY / AFP)
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Publié le Vendredi 28 avril 2023

Nouvelles frappes russes sur l'Ukraine: au moins douze morts, Zelensky dénonce un «acte pervers»

  • Vendredi matin, au moins dix personnes ont été tuées à Ouman, dans le centre du pays, où un missile a touché un immeuble résidentiel
  • Une autre frappe russe, sur Dnipro, grande ville du centre-est de l'Ukraine, a tué «une jeune femme et un enfant de trois ans», a déploré sur Telegram le maire Borys Filatov

OUMAN, Ukraine : Au moins 12 personnes ont été tués tôt vendredi matin dans une nouvelle vague de frappes russes sur plusieurs villes en Ukraine, le présient Volodymyr Zelensky dénonçant «un acte pervers» qui selon lui va mener Moscou à «l'échec et à la punition».

«Cette terreur russe doit obtenir une riposte juste de l'Ukraine et du monde», a lancé sur Telegram Volodymyr Zelensky. «Chaque attaque, chaque acte pervers contre notre pays et (notre) peuple rapproche l'Etat terroriste de l'échec et de la punition», a-t-il encore cinglé.

Vendredi matin, au moins dix personnes ont été tuées à Ouman, dans le centre du pays, où un missile a touché un immeuble résidentiel, selon le dernier bilan communiqué par le ministre de l'Intérieur.

«Les sauveteurs viennent de récupérer trois autres corps sous les décombres» pour un total «de dix victimes à 10h05 (07h05 GMT)», a indiqué le ministre Igor Klymenko sur Facebook.

Au moins neuf autres personnes sont hospitalisées, a détaillé sur Facebook le gouverneur régional Igor Tabourets.

Une autre frappe russe, sur Dnipro, grande ville du centre-est de l'Ukraine, a tué «une jeune femme et un enfant de trois ans», a déploré sur Telegram le maire Borys Filatov.

Selon l'administration militaire de Kiev, 11 missiles de croisière tirés depuis des bombardiers stratégiques ont été abattus dans le ciel de la capitale, ainsi que deux drones, sans faire de victimes ou de destructions notables.

Au total, l'armée ukrainienne a annoncé sur Telegram vendredi matin avoir abattu «21 missiles de croisière de type X-101/X-555 sur un total de 23 ainsi que deux drones».

L'attaque aux missiles a été lancée «aux alentours de 4 heures du matin» (01H00 GMT) depuis des bombardiers stratégiques russes de type Tu-95 situés dans la zone de la mer Caspienne, selon la même source.

A Ouman, ville de quelque 80.000 habitants et site du pèlerinage traditionnel des juifs hassidiques situé à quelque 200 kilomètres au sud de Kiev, des journalistes de l'AFP ont vu un immeuble d'habitation éventré avec de nombreux gravas au sol.

Deux corps sans vie ont été sortis des décombres par les secouristes.

Selon le gouverneur Igor Tabourets, deux missiles de croisière se sont abattus sur la ville, l'un ayant touché un immeuble résidentiel et l'autre un entrepôt.

- Frappes plus rares -

A Kiev, une ligne électrique a été coupée à la suite de la chute d'un débris qui a aussi endommagé la chaussée, selon les autorités.

«Aucune victime civile ni aucun dommage aux bâtiments résidentiels ou aux infrastructures n'ont été signalés» dans la capitale, a déclaré le chef des forces de défense antiaérienne de Kiev, Serguiï Popko, cité par l'administration.

Dans la ville d'Oukraïnka, près de Kiev, des éclats d'un missile abattu sont tombés sur un immeuble blessant une fillette, qui a été hospitalisée, selon le gouverneur régional Rouslan Kravtchenko.

Si la Russie bombarde régulièrement les villes et infrastructures ukrainiennes, les frappes massives étaient devenues plus rares ces derniers mois.

Il s'agit de la première attaque de cet ampleur sur la capitale ukrainienne depuis début mars.

Les frappes russes menées durant l'hiver visaient en particulier les infrastructures énergétiques, provoquant régulièrement des coupures massives d'électricité et d'eau courante. Ces attaques impliquaient alors des dizaines de missiles.

Cette tactique russe, assumée par le président Vladimir Poutine, n'a toutefois pas fait plier Kiev.

Le système de défense antiaérienne ukrainien a en effet été renforcé ces derniers mois par la livraison de matériel occidental, crucial pour l'effort de guerre du pays. Kiev a notamment reçu en avril les systèmes sophistiqués américains Patriot.

La capitale ukrainienne avait été la cible la semaine dernière d'une attaque de 12 drones de fabrication iranienne, dont huit avaient été abattus, sans faire de victimes.

L'essentiel des combats se déroule depuis le début de l'année dans l'Est pour le contrôle de la région industrielle du Donbass, et notamment dans et autour de la ville de Bakhmout, presque entièrement détruite par les affrontements les plus longs et les plus sanglants de la guerre.

L'Ukraine dit préparer depuis des mois une contre-offensive destinée à repousser les forces russes des territoires qu'elles occupent actuellement dans l'Est et le Sud.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.