L'assassinat de trois Palestiniens par les forces israéliennes qualifié d'«extrajudiciaire»

Un infirmier porte un blessé en sécurité lors des affrontements entre les forces israéliennes et les Palestiniens à la suite d’un raid de l'armée israélienne dans la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
Un infirmier porte un blessé en sécurité lors des affrontements entre les forces israéliennes et les Palestiniens à la suite d’un raid de l'armée israélienne dans la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 05 mai 2023

L'assassinat de trois Palestiniens par les forces israéliennes qualifié d'«extrajudiciaire»

  • Ces décès portent à 108 le nombre de Palestiniens tués par des Israéliens depuis le début de l'année, dont 20 enfants et une femme
  • Les trois victimes ont été identifiées comme étant Muath al-Masri, Ibrahim Jabr et Hassan Qatanani

RAMALLAH: L'armée israélienne a tué quatre Palestiniens à Naplouse, en Cisjordanie occupée, jeudi – trois d'entre eux lors d'une opération militaire à l'intérieur de la vieille ville, et le quatrième, une jeune femme, au poste de contrôle de Huwara, au sud de la ville.

Ces décès portent à 108 le nombre de Palestiniens tués par des Israéliens depuis le début de l'année, dont 20 enfants et une femme.

Les trois victimes ont été identifiées comme étant Muath al-Masri, Ibrahim Jabr et Hassan Qatanani. Ils ont été tués lors d'un raid sur leur maison.

Deux corps ont été retrouvés gravement défigurés en raison de l'intensité des tirs israéliens, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.

Une grève générale a été observée pour protester contre l'attaque israélienne, et des milliers de personnes ont participé aux funérailles des victimes jeudi après-midi.

L'armée israélienne a accusé deux des trois jeunes hommes d'être responsables du meurtre de trois colons israéliens dans la vallée du Jourdain, il y a plusieurs semaines.

La quatrième victime, une femme identifiée comme Iman Odeh, 26 ans, a été tuée d'une balle dans la poitrine tirée par des soldats israéliens à Hawara. L'armée a affirmé qu'elle avait tenté de commettre une attaque à l'arme blanche.

Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré que les militaires israéliens avaient empêché les ambulanciers de lui sauver la vie.

Lors d'une réunion avec une délégation de l'UE, le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, a demandé à l'Union Européenne de faire pression sur les autorités israéliennes pour qu'elles cessent de tuer des Palestiniens.

Shawan Jabarin directeur de l'organisation de défense des droits de l'homme Al-Haq à Ramallah, a déclaré à Arab News, que les trois hommes auraient pu être arrêtés si les soldats israéliens l'avaient voulu.

L'opération de l'armée israélienne équivaut à une «exécution extrajudiciaire» et à un «crime de guerre», a-t-il signalé.

«Lorsque l'armée israélienne prend pour cible des personnes spécifiques dont l'identité est connue, il s'agit d'une exécution extrajudiciaire, qui est considérée comme un crime de guerre», a insisté Jabarin.

La politique israélienne à cet égard est évidente, puisque les forces qui ont fait irruption dans la maison avaient l'intention de tuer et non de procéder à des arrestations, a-t-il ajouté.

Jabarin a indiqué que son organisation préparait un rapport détaillé sur les exécutions extrajudiciaires de Palestiniens, qui serait bientôt soumis à la Cour pénale internationale.

Il a mentionné que cette question était douloureuse parce qu'il n’y a toujours pas d'organisme local, régional ou international chargé d'enquêter sur les abus israéliens et les exécutions extrajudiciaires de Palestiniens, «ce qui permet aux soldats meurtriers et à leurs chefs d'échapper en toute impunité».

Taysir Nasrallah, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah à Naplouse, a déclaré à Arab News que l'armée israélienne aurait pu arrêter les trois jeunes hommes et les juger s'ils étaient accusés.

«Les agents infiltrés sont entrés dans la vieille ville dans le but de commettre un meurtre prémédité. Si les Palestiniens les avaient découverts, les agents auraient pu commettre un massacre contre des civils», a-t-il précisé.

Nasrallah a condamné le déploiement de tireurs d'élite sur les toits des bâtiments voisins, qui ne se souciaient pas de savoir si des civils sans lien pouvaient être tués, ainsi que l'utilisation de drones qui ont tiré des obus sur la maison ciblée, la détruisant.

«Les forces spéciales de l'armée israélienne sont venues pour tuer et commettre un massacre, et elles ne se sont pas souciées du risque de tuer dix civils sans aucun lien avec l'affaire. Leurs opérations militaires terrorisent les Palestiniens et les poussent à se venger», a déclaré Nasrallah à Arab News.

L'opération a débuté à 7h20, heure à laquelle les travailleurs et les étudiants se déplacent habituellement en grand nombre, ce qui les expose au danger d'être pris dans un feu croisé.

Les écoles ont décidé de décaler les cours jusqu'à ce que les forces israéliennes quittent la ville, craignant pour la vie des élèves.

Nasrallah a appelé l'Autorité palestinienne à ne pas participer à la réunion sur la sécurité qui devrait se tenir avant la fin du mois dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh.

«Tant que l'armée israélienne ne s'engage pas à mettre fin aux meurtres de Palestiniens, à utiliser la violence contre eux, à prendre d'assaut les villes palestiniennes et à ignorer complètement la présence de l'Autorité palestinienne et de ses services de sécurité, quel est l'intérêt de ces réunions ?» s’est demandé Nasrallah.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.